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France Justice

Publié le • Modifié le

Jugé en appel, Jérôme Cahuzac maintient la thèse du financement politique

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Jérôme Cahuzac aux côté de son avocat Eric Dupont-Moretti au tribunal de Paris le 12 février 2018. REUTERS/Gonzalo Fuentes

L'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac a maintenu mardi 13 février, à son procès en appel, la thèse d'un financement du mouvement de Michel Rocard pour expliquer l'ouverture d'un premier compte en Suisse en 1992.


La voix nouée, le visage fatiguée, Jérôme Cahuzac raconte à nouveau, face au tribunal, sa propre chute, celle d'un brillant ministre du Budget devenu un paria de la politique.

Dans son récit, on retrouve l'ex-Premier ministre socialiste Michel Rocard, le banquier suisse et « Birdie », le nom de code du compte caché. La ligne de défense n'a pas changé : c'est la volonté de constituer un butin de guerre politique qui explique le « basculement » dans la fraude, un dévouement désintéressé à la cause, si l'on en croit Jérôme Cahuzac. La suite relèverait d'une « fuite en avant permanente ».

« En novembre 1992, jusqu'en mai 1993, des fonds émanant de l'industrie pharmaceutique seront versés pour financer les activités politiques de Michel Rocard », affirme-t-il à la barre. Cette thèse avait été avancée pour la première fois à son procès de 2016. L'ex-chirurgien avait assuré que Rocard, qui venait de mourir, « ignorait tout » de ce financement occulte.

Au président de la cour d'appel, Jérôme Cahuzac a expliqué qu’il a bien conscience que sa « déclaration spontanée » sur le financement du mouvement rocardien a été « très mal perçue ». Elle avait suscité l' « écœurement » de la famille socialiste sans convaincre le tribunal, qui l'avait condamné à trois ans de prison ferme en première instance.

Durant le procès, l’ex-ministre des Finances a maintenu que l’argent de ce compte en Suisse devait servir à financer la campagne des législatives de 1993 puis la présidentielle de 1995. Mais après l'échec de Rocard aux européennes de 1994, Jérôme Cahuzac affirme avoir compris que « personne ne (lui) demanderait jamais » de rendre cet argent.

Lorsque le président du tribunal lui demande « Mais pourquoi ne pas donner les noms de ceux qui vous ont demandé de gérer ce compte ? » L'ancien ministre répond : « Ils vont nier, ce sera ma parole contre la leur, et la mienne ne vaut plus rien. »

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