rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

France Syndicats

Publié le • Modifié le

France: le syndicaliste François Chérèque est décédé à l’âge de 60 ans

media
François Chereque (C) leader de la Confédération fédérale des travailleurs (CFDT), lors de la manifestation contre la réforme des retraites du 27 mai 2010 à Paris. Photo:Gonzalo Fuentes/ Reuters

François Chérèque, ex-dirigeant de la CFDT, est décédé ce lundi 2 janvier, entraînant une salve d'hommages à un « grand syndicaliste », mais qui aura déstabilisé le deuxième syndicat français en 2003 après la signature de la réforme controversée des retraites.
 


L'engagement syndical de François Chérèque est sûrement né dans les années 1960 lorsqu’il voit son père, Jacques, ouvrier dans les aciéries de Lorraine, participant à la création de la CFDT. Vingt ans plus tard, son père entrera comme ministre au gouvernement Rocard en tant que ministre délégué à l’aménagement du territoire et à la reconversion industrielle .

Quelques années plus tard, en 1978, François adhère à la CFDT et y prend des responsabilités. D'abord au niveau local, puis au bureau régional. C'est en 2002 qu'il succède à Nicole Notat en tant que secrétaire général. Il le restera pendant dix ans, entre 2002 et 2012.

La réforme des retraites

Celui qui se disait « réformiste, mais impatient » - le titre de son livre publié en 2005 -, a été souvent critiqué pour sa « volonté de signer ». Il avait plongé la CFDT dans une longue crise interne en validant la réforme des retraites en 2003, entraînant un départ massif d'adhérents vers d'autres syndicats.

« Après l’épisode de la réforme des retraites de 2003 qu’il a vécu très douloureusement pour les incompréhensions que ça a pu susciter parfois en interne, François était très attaché à remettre du dialogue, du débat, de la proximité avec les militants de la CFDT, au plus près des entreprises, au plus près des salariés », explique à RFI Valérie Descacq, secrétaire générale adjointe CFDT. Et d’ajouter : Je me souviens qu’il disait souvent qu’il avait senti presque physiquement dans les rencontres avec les militants ce moment où cette cohésion était retrouvée. »

En revanche, il joint sa voix à celle des autres syndicats lors des grèves contre le second projet de réforme des retraites du gouvernement Fillon en 2010. Egalement président de l'Agence du service civique depuis 2014, il avait quitté ses fonctions en juin 2016 pour raisons de santé. Sa famille a finalement annoncé son décès, ce lundi, « à la suite d'une longue maladie », à l'âge de 60 ans. En déplacement en Irak, le président Hollande salue « un homme dont le courage a éclairé l'action. Toute sa vie il s'est mobilisé pour la justice et le progrès ».

Hommage à gauche et jusqu'à l'extrême droite

Les réactions au décès du syndicaliste sont venues principalement de la gauche dont il était proche. François Hollande a salué son syndicalisme « résolument réformiste ». L’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault regrette, lui, un « homme de dialogue ».

La plupart des candidats à la primaire de la gauche faisaient part de leur vive émotion face à la disparition, selon leurs mots, d’un « grand syndicaliste » et d’un « homme de progrès », pour Manuel Valls et Arnaud Montebourg. « Un homme qui a consacré sa vie à transformer la réalité dans le sens de l’intérêt général », jugeait de son côté, Emmanuel Macron.

Les hommages venaient aussi des rangs de la droite. Alors ministre des Affaires sociales, François Fillon avait négocié avec lui en 2003 la réforme des retraites avec le leader de la CFDT. « Le dialogue était franc mais toujours constructif », a réagi le candidat de la droite à la présidentielle. « Le grand pas de la sauvegarde des retraites nous l'avons franchi avec François Chérèque », a ajouté l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Plus étonnant, même le FN a tenu à saluer sa mémoire. « Le Front national rappelle son attachement à la revalorisation du dialogue social, auquel François Chérèque croyait fermement », selon un communiqué. L’extrême droite n’avait pourtant pas ménagé l’ancien leader syndical ces dernières années.

« Dans l'histoire de la CFDT, on peut mettre au crédit de François Chérèque la grande cohésion de l'organisation aujourd'hui, estime Valérie Descacq, secrétaire générale adjointe du syndicat. Après l'épisode de la réforme des retraites de 2003 qu'il a vécu très difficilement pour les incompréhensions que cela avait pu susciter, François Chérèque était très attaché à remettre du dialogue, du débat, de la proximité avec les militants de la CFDT ».

« François Chérèque avait une vision de long terme et il ne se limitait pas à des considérations liées à son organisation, a réagi de son côté Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef. Il savait que son organisation avait un rôle majeur sur toutes les questions sociales et notamment sur les retraites. Il travaillait beaucoup et était réaliste. Il connaissait les chiffres du dossier des retraites et savait qu'il fallait faire évoluer le système pour que celui-ci reste pérenne. Il ne s'arrêtait pas à des considérations liées à sa propre survie dans l'organisation ».

Chronologie et chiffres clés