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Publié le • Modifié le

Le CSA pointe une diversité «insuffisante» à la télévision française

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Mémona Hintermann-Afféjee est au CSA la conseillère chargée du dossier Diversité à la télévision française. BERTRAND GUAY / AFP

Pour la dixième année consécutive, le Conseil supérieur de l'audiovisuel livre ses conclusions sur la représentation de la diversité de la population française à la télévision. Malgré une légère amélioration, les efforts des chaînes semblent encore insuffisants. La télé reste un miroir déformant de la France.


Regarder la télévision française pendant deux semaines d'affilée, tous programmes, toutes chaines et tous genres confondus, ne vous donnera pas une photographie réelle du pays. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel s'y est attelé, étudiant 1 450 heures de programme, s’intéressant à plus de 37 000 personnes apparaissant à l’écran. Le constat ne varie guère, malgré quelques maigres améliorations : peu de pauvres et de précaires, 0,7 %, un taux très éloigné de la réalité.

Les personnes âgées, pourtant majoritaires devant le petit écran, sont très peu visibles, et le taux de représentation des handicapés reste désastreux, alors que douze millions de Français sont concernés par un handicap durable ou provisoire pointe l’Insee, l’Institut national de la statistique.

Les personnes « perçues comme non blanches »

La représentation des personnes de couleurs progresse légèrement et grimpe jusqu’à 20 %, mais… grâce aux séries et films américains. Le taux tombe à 14 % dans les fictions françaises et même à 10 % si l’on exclut la chaine ultramarine France Ô. Et encore faut-il que les personnes « perçues comme non blanches », selon la terminologie du CSA, ne soient pas là uniquement pour illustrer des activités marginales ou illégales.

En revanche, les chaines françaises adorent montrer les catégories socio-professionnelles les plus favorisées. Elles représentent un peu plus d'un quart de la population, mais sont à l'affiche dans les trois quarts des programmes. La diversité géographique présentée sur petit écran ne reflète pas plus la vraie composition de la société. Les millions de personnes qui habitent dans les grands ensembles de banlieues populaires sont très peu visibles.

Aucun pouvoir coercitif

Le CSA rappelle qu’il ne dispose d’aucun pouvoir coercitif en la matière. Les améliorations reposent sur le bon vouloir des chaînes. D’ailleurs le gendarme de l’audiovisuel ne publie pas les données sur la diversité afin de ne fâcher personne, préférant « le dialogue » avec les groupes audiovisuels. Une obligation de publication des statistiques en matière de diversité chaine par chaine aurait sans doute été plus efficace, mais une loi de janvier 2017 a supprimé cette contrainte.

Page thématique sur la « diversité à la télévision » sur le site officiel du CSA