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Russie

Publié le • Modifié le

Russie: après la libération de Golounov, des centaines de manifestants arrêtés

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Des centaines de personnes ont été arrêtées lors d'une manifestation de soutien au journaliste Ivan Golounov, à Moscou, le 12 juin 2019. REUTERS/Shamil Zhumatov

En Russie, après la libération du journaliste Ivan Golounov mardi soir, une marche de soutien a eu lieu à Moscou ce mercredi. Mais après avoir joué l'appaisement, les autorités ont visiblement décidé de durcir leur action :  plus de 400 manifestants ont déjà été arrêtés.


Avec notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot

Les manifestants se sont rassemblés à quelques dizaines de mètres du ministère de l’Intérieur russe après avoir traversé une partie du centre du Moscou. C’est ici que, durant plusieurs jours, les soutiens d’Ivan Golounov se sont rassemblés en piquet individuel pour demander la libération du journaliste.

Des arrestations en grand nombre

La manifestation avait déjà donné lieu à de nombreuses arrestations. Les policiers antiémeutes surgissent au milieu des groupes de manifestants pour les interpeller un par un ; mais ils se font aussitôt conspuer, insulter par la foule qui les entoure.

« Nous sommes déterminés à nous mobiliser malgré tout », me disait l’un de ces manifestants, venu pour réclamer des sanctions au sein de la police après l’affaire Golounov, mais aussi une réforme de la loi sur la détention de stupéfiants. Cette loi qui a servi à piéger le journaliste avant que toute l’affaire ne soit finalement abandonnée sur décision du ministère de l’Intérieur. « Les policiers glissent souvent des paquets de drogue en cachette, certains ont avoué que c’était la meilleure méthode pour gonfler leurs résultats, ça leur permet d’avoir des promotions ! » explique un manifestant. « Il y a beaucoup de gens en Russie qui ne sont pas journalistes qui se sont fait piéger et personne n’en parle ! Donc oui, nous pensons qu’il faut changer la loi » renchérit une manifestante.

Une dizaine de policiers anti-émeutes qui entourent un manifestant et tentent de l’entraîner à l’écart. Cette scène s’est déroulée des dizaines et des dizaines de fois le long du cortège. Malgré le risque, ce jeune moscovite a tenu à venir défiler aujourd’hui : « Plus la pression est grande, et plus les autorités reculeront. Je pense que notre mobilisation a déjà permis d’obtenir la libération d’Ivan Golounov alors il faut continuer ! »

Visiblement, les autorités n’ont guère l’intention de prêter l’oreille à ces revendications. Après l’espoir suscité par la libération surprise d’Ivan Golounov, la parenthèse est déjà refermée. En témoignent les centaines d’interpellation parfois musclées qui ont émaillées la manifestation.


« Arrestations complètement infondées et illégales »

Le Conseil de l'Europe et l’ONG Amnesty International dénoncent le « mépris » des autorités russes pour « la solidarité et les droits », et exigent la « libération immédiate et sans condition » des personnes interpellées. Denis Krivosheev, directeur adjoint du bureau d'Amnesty International pour l'Europe orientale et l'Asie centrale, joint par RFI, exprime son inquiétude.

« Je suis inquiet pour l’avenir. Les autorités ont admis que l’arrestation d’Ivan Goulonov par les policiers était une erreur. On s’attendait donc à ce que la police moscovite soit plus humble et qu’elle respecte la loi. En arrêtant des personnes à Moscou, elle a fait l’exact opposé. J’ai peur que la situation s’envenime, que les droits humains soient encore moins respectés qu’auparavant. Toutes ces arrestations étaient complètement arbitraires et infondées. Les Russes ont le droit de descendre dans la rue pour exprimer leurs opinions. C’est ce qu’ils ont fait à Moscou. Quand la police arrête un manifestant, elle doit avoir une raison de le faire. Même lors d’une manifestation. La violence peut conduire à une interpellation, mais il n’y en a pas eu lors de cette marche, pourtant plus de 400 personnes ont été arrêtées. Ces arrestations effectuées par la police sont donc complètement infondées et illégales. »

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