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Dans la musette des cyclistes du Tour de France

Par Clémence Denavit

Le Tour de France est en soi une épopée, un tour de force. Il y a un siècle, les étapes étaient plus longues encore, les coureurs s'élançaient dans la nuit pour franchir en fin d'après-midi la ligne d'arrivée. Le ravitaillement en était à ses balbutiements, chaque coureur s'occupait en somme des provisions qui le feraient tenir, sans soutien ou logistique réels mis en place par l'organisation. Avant de gagner, et bien avant de se préoccuper du temps réalisé et des secondes à grappiller sur l'adversaire, la priorité était de trouver à manger et à boire pour tenir tout au long de l'étape, et du Tour. Dans les villages, les bars sont pris d’assaut, les caves dévalisées, les clichés de coureurs pédalant une bouteille de bière ou de vin à la main sont légions. La diététique en est à ses balbutiements. Les coureurs sont eux dans un excès permanent, suivant les conseils des médecins, et les modes alimentaires, les lubies du moment - indépendamment évidemment du dopage et des substances qui viendront gâcher l'image du sport et les exploits des coureurs. Excès de viande, par exemple, dans les premières années du Tour. Il est dit alors que pour avoir de l'énergie, il faut nourrir ses muscles avec du muscle. Consigne prise au pied de la lettre, les coureurs mangeaient plus de 2 kilos de viande par jour. Même chose pour le sucre quelques années plus tard, les coureurs bourraient leurs poches de carrés et s'en gavaient jusqu'à tomber malade. L'alcool aussi a longtemps été en vogue, certains coureurs d'ailleurs ont passé la ligne d'arrivée en roulant en zigzag. (Ce fut le cas en 1914 du coureur Faber, victorieux de l'étape).

(Rediffusion du 21 juillet 2018).

Le Tour de France : un laboratoire à ciel ouvert extraordinaire pour les médecins, les nutritionnistes et les chercheurs.

Comment le corps supporte-t-il l'effort de quoi a-t-il besoin, les coureurs supportent-ils la nourriture industrielle ? Les cyclistes deviennent les «cobayes» des recherches en matière de nutrition, comme par exemple pour préparer les militaires aux rations de combat. Dans les années 60/80, des coureurs comme Fausto Coppi étaient étroitement suivis par des professionnels de santé qui expérimentaient de nouveaux aliments retrouvés par la suite dans l'alimentation : des plantes, des probiotiques réputés bons pour la flore intestinale. Les cyclistes sont à la pointe de l'alimentation et annoncent souvent de quoi sera faite l'alimentation de demain.

Incontournable banane
Dans la musette, les «vrais aliments» sont cependant toujours les plus appréciés. La banane est la star, arrivée en Europe et goûtée à la fin du 19ème, elle reste aujourd'hui la meilleure alliée du sportif. Comme le gâteau de riz. De nombreuses équipes cyclistes ont désormais avec elles un cuisinier pour préparer les repas des coureurs, et scoop : la notion de plaisir est à la mode ! Plaisir et bonheur de manger de bons produits, et gagner ainsi de précieuses secondes sur chaque étape : le moral c'est primordial !

- Pierre Carrey, journaliste à Libération, auteur de «Le Tour de France à dévorer», publié chez Direct Vélo
- Pierre Moncorgé, coureur de l'équipe de 3ème division suédoise Memil-CCN Pro Cycling (3ème de la 4ème étape du Tour du Rwanda 2012).