rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Cambodge

Publié le • Modifié le

Cambodge: arrestation du chef de l'opposition

media
Kem Sokha, le 22 janvier 2015. TANG CHHIN SOTHY / AFP

Accusé de trahison, le leader de l'opposition cambodgienne, Kem Sokha, a été arrêté tôt ce dimanche 3 septembre, a annoncé le gouvernement du Premier ministre Hun Sen, qui multiplie les procédures judiciaires contre ses opposants avant les élections de 2018.


La détention provisoire de Kem Sokha va faire monter d'un cran la tension dans ce pays d'Asie du Sud-Est où l'opposition, les ONG et la presse sont sans cesse menacées et harcelées depuis plusieurs mois.

Une arrestation à laquelle on pouvait s’attendre, estime Sophie Boisseau du Rocher, docteur en sciences politiques et chercheuse associée au centre Asie de l’IFRI (l‘Institut français des relations internationales), jointe par RFI.

Au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'échéance de 2018 qui est celle des législatives, on peut s'attendre à des coups bas de la part du régime Hun Sen, qui n'a aucune envie évidemment de céder le pouvoir
Sophie Boisseau du Rocher Chercheuse associée au centre Asie de l’IFRI 03/09/2017 - par Romain Lemaresquier Écouter

A 65 ans, Hun Sen, homme fort du Cambodge depuis 32 ans, est déterminé à rester en place. Et il poursuit son offensive pour briser la popularité croissante du principal parti d'opposition, le Cambodge National Rescue Party (CNRP), qui a réalisé une percée remarquée aux élections municipales de juin. Publié dans la nuit, le communiqué du gouvernement a évoqué une « conspiration secrète, entre Kem Sokha, son groupe et des étrangers, faisant du tort au Cambodge ».

« Derrière Kem Sokha, c'est toujours la même main, celle de l'Amérique », a ajouté Hun Sen dimanche, parlant d'un complot pour « détruire le pays ». Il a par ailleurs menacé de dissoudre le parti « si celui-ci tente de soutenir » son chef.

« Il ne faut pas dire que le Cambodge est une dictature. Un Etat souverain ne permet pas à un pays étranger de s’ingérer dans ses affaires. C’est de la trahison nationale de vendre les intérêts nationaux aux étrangers avec le but de faire tomber le gouvernement et prendre le pouvoir. Les Etats-Unis avaient fait cela dans le passé avec le général Lon Nol et c’est ce qu’ils font maintenant avec Kem Sokha. J’appelle les Etats-Unis et les autres pays à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieurs du Cambodge. La trahison est un crime, le plus lourd parmi tous les crimes » a martelé le Premier ministre cambodgien ce dimanche, pendant une rencontre avec des ouvriers du textile.

La fille de Kem Sokha a indiqué en fin de journée sur Twitter que son père était détenu au secret dans une prison à la frontière vietnamienne. Agé de 64 ans, il est le chef du principal parti d'opposition dont l'autre dirigeant, Sam Rainsy, est actuellement en exil en France. Pour ce dernier, cette arrestation est une « manoeuvre grossière pour décapiter l'opposition ».

Le département d'Etat américain s'est dit préoccupé par cette arrestation, estimant que les accusations « semblaient politiquement motivées » et ajoutant que cela « posait de sérieuses questions quant à la capacité du gouvernement à organiser des élections crédibles ».