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Un excédent budgétaire record pour la nouvelle Grèce orthodoxe

Par Dominique Baillard

La Grèce, l'ancien paria de la zone euro, affiche un excédent budgétaire de 4,5 % du produit intérieur brut pour l'année 2018. C'est le record absolu de l'union monétaire. Comment interpréter cette excellente performance ?

Si la Grèce réalise une telle prouesse, c’est d’abord parce que son économie se porte mieux. Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté l’an dernier et les recettes fiscales ont suivi. Et surtout, Athènes garde les cordons de la bourse très serrés. En témoigne le manque cruel de professeurs à l’école ou de médecins à l’hôpital.

Alexis Tsipras continue d’infliger une violente cure d’austérité à ses administrés parce qu’il y est contraint. Depuis sa sortie du plan de sauvetage, en août dernier, la Grèce s’est engagée auprès de ses créanciers à générer un excédent budgétaire primaire d’au moins 3,5 % du PIB jusqu’en 2022. L’excédent primaire, c’est la différence entre les recettes et les dépenses sans tenir compte du service de la dette, des intérêts que l’État doit évidemment honorer.

La Grèce est-elle devenue le bon élève de la classe euro ?

C’est l’avis des agences de notations. Moody’s a récemment relevé sa note, voilà de quoi rassurer les investisseurs. Désormais, ils raffolent de la dette grecque. En mars dernier, lorsque le trésor a voulu lever 2 milliards et demi d’euros pour sa première émission d’obligation à dix ans depuis la crise, les fonds étaient prêts à lui en offrir presque cinq fois plus.

Il y a quelques jours, les taux des emprunts grecs à dix ans sont tombés à leur plus bas niveau depuis 14 ans. À 3,27 %. Alors qu’ils ont grimpé jusqu’à 30 % au plus fort de la crise. Athènes a regagné la confiance des investisseurs et elle jouit aussi du climat déprimé du marché de la dette souveraine européenne. Sans prendre un risque démesuré, prêter à la Grèce rapporte aujourd’hui beaucoup plus que de prêter à la France ou à l’Allemagne.

La dette grecque coûte moins cher à l’État, mais elle continue d’augmenter

Elle représente plus de 180 % de son produit intérieur brut. Cela veut dire que l’État vit toujours au-dessus de ses moyens. À l’image des ménages grecs. Dans les banques le taux de créances douteuses, c’est-à-dire le poids relatif des emprunts qui ne seront probablement pas remboursés, est de 45 %. À cause surtout des emprunts immobiliers dont on sait que les familles sont pour la plupart incapables de payer les traites. Les finances grecques sont en bonne voie d’assainissement, mais il manque un vrai coup de pouce à l’économie réelle pour élargir l’assiette des recettes fiscales.

Comment le gouvernement compte utiliser le surplus dégagé en 2018 ?

Il veut en utiliser une partie pour rembourser au plus vite l’un des prêts consentis par le FMI. Athènes veut se passer au plus vite du créancier le plus sceptique sur la résilience grecque. À l’approche des élections, Syriza aujourd’hui en perte de vitesse dans les sondages a besoin de donner des gages à son électorat.

A priori, c’est une bonne idée sur le plan financier, parce que ce prêt coûte cher, son taux d’intérêt est supérieur à 5 %, alors que le pays peut maintenant emprunter sur les marchés pour beaucoup moins. Mais en termes économiques, le gouvernement ferait mieux d’investir cet argent dans de nouveaux projets de développement. C’est ce dont a urgemment besoin la Grèce. La croissance pour cette année a déjà été revue à la baisse, à + 1,9 %. Or si la croissance est trop faible, il faudra à nouveau taper dans les dépenses publiques pour dégager l’excédent primaire exigé par les créanciers.

 

En bref

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Le tribunal de grande instance de Strasbourg doit examiner les 4 projets potentiels de reprise pour rendre son jugement la semaine prochaine. Cela fait plus d’un an que les 270 salariés attendent un sauveur. Le Britannique British Steel et l’italien Calvi apparaissent comme les candidats les plus sérieux. Le sort de cette entreprise privée suscite un très grand écho politique et médiatique parce que le gouvernement a voulu en faire un marqueur de sa capacité à enrayer le déclin de l’industrie.

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