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Hong Kong Chine Carrie Lam

Publié le • Modifié le

Hong Kong: la contestation se poursuit

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Les manifestants restent très présents à l'aéroport de Hong Kong. Le 10 août 2019. REUTERS/Issei Kato

Les Hongkongais poursuivent leur mobilisation ce week-end. Depuis plus de deux mois, ils sont vent debout contre un projet de loi - suspendu depuis - qui aurait permis l’extradition en Chine de personnes arrêtées sur le territoire de cette région administrative spéciale. Les manifestants demandent désormais davantage de démocratie, mais Carrie Lam, la cheffe de l'exécutif, exclut toute concession.


Avec notre envoyé spécial à Hong Kong,  Christophe Paget

Un « sit-in », qui a commencé vendredi, doit se tenir tout le week-end à l’aéroport international de Hong Kong. Le mot d’ordre ne change pas : retrait définitif du projet de loi d’extradition vers la Chine et organisation d’élections libres.

Une des manifestations du jour est partie de Taï Po, dans les nouveaux territoires. En matinée, une autre réunion familiale a rassemblé quelques centaines de personnes, beaucoup d’enfants ; des familles se battant pour leur futur.

À Tai Po, c’était un peu différent. Une heure de marche sous la chaleur. Une véritable forêt de parapluies pour se protéger du soleil s’est avancée. Des milliers de personnes scandaient : « Hongkongais, bonne chance. »

On aura aussi entendu « honte à la police », que les manifestants accusent de violence. Ou « Carrie Lam, va en enfer », du nom de la cheffe de l’exécutif hongkongais, véritable bête noire des personnes mobilisées.

Ce qui est intéressant, c’est que cette marche s'est élancée près de la frontière chinoise. C’était donc un message clair adressé à Pékin. Un manifestant, qui habite sur place, expliquait participer aux cortèges pour la première fois.

L’attaque des manifestants fin juillet par les présumés triades, des gangs hongkongais, l’a vraiment mis en colère. C’est pour cela qu'il est ici aujourd’hui, pour faire sortir sa colère en marchant, explique ce riverain.

Sur certains sites, des Hongkongais sont venus manifester en famille. REUTERS/Issei Kato

 

► À lire aussi : Pékin agite la photo de militants hongkongais au consulat américain

La violence au cœur des manifestations, sur place beaucoup de monde en parle. Cela fait partie des cinq demandes des manifestants : une enquête indépendante sur les agissements de la police et sur les violences présumées des manifestants.

C'est ce qu'explique un couple qui espère, de cette manière, adoucir la position jusqu’ici inflexible de Carrie Lam. La cheffe de l’exécutif a encore répété vendredi qu’elle ne ferait aucune concession à des manifestants qu'elle juge violents.

Carrie Lam dont les manifestants demandent de toute façon la démission, pour avoir ensuite de vraies élections. Pas comme actuellement où les chefs sont finalement choisis par Pékin, précise un manifestant.

Quel que soit le sujet abordé ici, on finit par parler de Pékin. La République populaire de Chine n’est qu’à 14 kilomètres de la station de bus de Tai Po, située dans le nord de la région administrative spéciale de Hong Kong.

On aura surtout vu dans l'après-midi des jeunes en t-shirt noir, comme à leur habitude. Mais également un vieil homme qui était ému aux larmes, de voir tous ces jeunes descendus dans les rues pour se battre pour leur avenir.

La manifestation s’est terminée au bout d’une heure à peine. Quasiment tout le monde a pris le métro. La marche étant interdite, personne n’avait avec lui son équipement pour faire face à la police, de peur d’être arrêté sur le parcours.

Nous vivons sous une loi martiale de fait, affirme un participant, puisque depuis plusieurs semaines les manifestations sont interdites. Et de proposer de taper le gouvernement au porte-monnaie en organisant une nouvelle grève générale.

Hong Kong est de facto sous loi martiale. Ils (le gouvernement) veulent faire peur aux manifestants.

Manifestation près de la frontière chinoise

La grande marche de ce samedi était prévue à Taï Po, dans le nord de Hong Kong, à 14 kilomètres de la frontière avec la Chine.

10/08/2019 - par Christophe Paget Écouter
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