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Publié le • Modifié le

Yuki Kawauchi, ovni japonais dans le monde du marathon

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Le Japonais Yuki Kawauchi lors de l'arrivée du marathon de Boston, le 16 avril 2018. REUTERS/Brian Snyder

Le Japonais Yuki Kawauchi, vainqueur lundi 17 avril du marathon de Boston malgré l'absence de sponsor et un travail à temps plein, va quitter l'an prochain son modeste emploi d'agent administratif pour devenir professionnel. Il a créé la surprise dans un sport dominé par les Kenyans et les Ethiopiens.


Les classements des compétitions internationales de fond sont sans ambiguïté. La supériorité des athlètes africains est indéniable si l’on se réfère aux six grands marathons mondiaux. La domination vient principalement des coureurs kenyans et éthiopiens. Exemple : en 2012, les quarante-neuf meilleures performances mondiales ont été réalisées par des Kényans ou des Éthiopiens.

79 marathons sous les 2h20

Le Japonais Yuki Kawauchi fait donc partie de ses exceptions. Pourtant, cet employé de bureau, qui a déjà gagné quatre marathons en 2018, s'entraînait sans l'aide d'un coach ou de sponsors. Désormais, Yuki Kawauchi, qui a couru 79 marathons sous les 2h20, va pouvoir se consacrer entièrement à son sport et préparer le marathon des JO de 2020 à Tokyo. Kawauchi a couru 55 fois en moins de 2 h 15 m et douze fois en moins de 2 h 10 m.

« A compter d'avril 2019, je prévois de démissionner de mon poste de fonctionnaire », a déclaré le coureur de 31 ans aux journalistes qui l'attendaient à son retour, à l'aéroport de Tokyo-Narita. Une liberté qu'il peut désormais se permettre grâce à « l'argent reçu », la prime de victoire à Boston s'élevant à 150 000 dollars. Yuki Kawauchi a été le premier Japonais à remporter ce prestigieux marathon depuis 1987, qui est justement son année de naissance.

Employé dans une école primaire, Yuki Kawauchi s'entraînait sur son temps libre. En devenant professionnel, il espère « rivaliser avec les meilleurs » de sa discipline et battre son record personnel, qui est de 2 heures 8 minutes 14 secondes. Yuki Kawauchi est un stakhanoviste de la course à pied.

Difficile de s'illustrer sur les 42,195 km

« Les athlètes africains brilleraient au niveau mondial parce qu’ils sont issus de régions situées en altitude, ce qui aurait conduit à engendrer chez eux des adaptations spécifiques qui expliqueraient leurs performances », écrit Manuel Schotté, Maître de conférences en Staps à l’université de Lille 2.

En effet, mis à part l’Américain Galen Rupp qui s’est imposé lors du marathon de Chicago en 2017 après avoir pris la médaille de bronze l’année précédente aux JO de Rio, ils sont peu nombreux à avoir pu s'illustrer sur les 42,195 km. Son compatriote Khalid Khannouchi, d’origine marocaine né à Meknès, s’est quant à lui imposé à Londres en 2002. Un autre naturalisé, « Meb » Keflezighi, qui vient d’Erythrée, a remporté celui de New York en 2009.

« Les Africains s’entrainent beaucoup et ce sont des pays où tout le monde courent deux fois par jour, explique à RFI René Auguin, en charge du plateau du marathon de Paris. Pour essayer de rivaliser avec eux, il faudrait faire la même chose. Le nombre de coureurs en dessous des 2h20 est colossal. » Yuki Kawauchi va-t-il installer son camp de base au Kenya ?

Alors que le pourcentage d’Africains dans les 100 meilleurs performances sur marathon est passé de 16% en 1990 à 94% en 2011, on peut considérer que la performance de Yuki Kawauchi, qui a profité des conditions météo difficiles, est exceptionnelle. « Je courrai jusqu'à mon dernier souffle car c'est ma vie », a lancé le phénomène japonais au quotidien L'Equipe.