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Gaza Israël Territoires Palestiniens

Publié le • Modifié le

«Marche du retour»: calme précaire sur Gaza après une journée de violences

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Gaza: c'est le temps du deuil ce samedi 31 mars pour les familles qui ont perdu un des leurs vendredi lors des tirs de l'armée israélienne sur les manifestants de la «marche du retour». REUTERS/Suhaib Salem

Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont donné rendez-vous à la frontière avec Israël pour une « marche du retour » ce samedi 31 mars, comme hier vendredi et jusqu'au 6 mai prochain. Un rassemblement à l'origine pacifique pour dénoncer le blocus de l'enclave imposé par Israël et pour exiger le droit au retour des réfugiés. La manifestation a dégénéré vendredi : l'armée israélienne a tiré à balles réelles sur la foule, faisant au moins 16 morts et un millier de blessés côté palestinien. Ce samedi 31 mars, à la mi-journée, un calme précaire semble s'installer alors que les Gazaouis enterrent leurs morts.

 


Après ce vendredi sanglant, une journée de deuil national a été décrétée par Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. Les funérailles d’une dizaine de Palestiniens qui ont perdu la vie hier vendredi sont organisées ce samedi et les cortèges funéraires devraient convoyer leurs corps vers plusieurs campements en bordure de cette frontière.

Des tirs dans la matinées

Mais ce samedi est encore une journée de mobilisation. Quelques centaines de personnes sont rassemblées depuis ce matin en bordure de la frontière avec Israël pour participer à cette grande « marche du retour » officiellement organisée par la société civile palestinienne et soutenue par le Hamas, qui avait assuré qu'il veillerait à ce que personne n'approche dangereusement de la frontière.

Des tireurs d'élite isaéliens sont encore postés sur cette ligne de démarcation et ils n'ont pas hésité à tirer dans la matinée pour tenter de disperser les manifestants. Il reste à savoir si l’armée israélienne usera de la même fermeté ou bien tentera plutôt la désescalade ce samedi.

Après la journée meurtrière d’hier, les Gazaouis craignent de nouveau un emploi disproportionné de la force par l’armée israélienne. Ils devraient sans nul doute garder le même mot d’ordre, c’est-à-dire rester stoïques face aux soldats, rapporte notre envoyée spéciale à Gaza, Marine Vlahovic.

Les violences de vendredi ont été condamnées par Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, qui a appelé l’ONU à protéger les manifestants. L’ONU a demandé la tenue d’une enquête indépendante et transparente sur ces événements sanglants.

16 morts, 1400 blessés

Car il s'agit de l'un des bilans les plus lourds dans la confrontation entre Israël et les Palestiniens au cours de ces dernières années, souligne notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. De sources hospitalières palestiniennes on parle de 16 morts et d’au moins 1400 blessés, dont 758 atteints par les tirs israéliens.

Les forces armées israéliennes ont mis à exécution leur menace et ont ouvert le feu à balles réelles contre les manifestants palestiniens qui ont tenté de s’approcher de la barrière de séparation entre Israël et la bande de Gaza. Les militaires ont également fait un usage abondant de gaz lacrymogènes.

Un porte-parole de l’armée israélienne a rejeté la responsabilité de la situation sur le Hamas. Et il a affirmé que sous couvert de la manifestation plusieurs tentatives d'attaques et d'infiltrations ont été identifiées à proximité de la barrière. « Nous n'autoriserons aucune tentative de violation de notre souveraineté », réaffirme-t-on côté israélien.

Inédite dans la bande de Gaza, la marche est prévue pour durer six semaines, jusqu’au 6 mai. Une date qui marque pour les Palestiniens le jour de la « Nakba » - la catastrophe en arabe - c’est-à-dire la création de l’Etat d’Israël il y a maintenant 70 ans.

On a plus rien à perdre, on a déjà perdu nos terres et tant de Palestiniens sont déjà morts, on a rien à perdre et moi aussi je peux mourir. Ça n'a pas d'importance.
Vendredi sanglant à Gaza Reportage dans la bande de Gaza auprès des manifestants 31/03/2018 - par Marine Vlahovic Écouter

Les soldats israéliens tirent des gaz lacrymogènes depuis le côté israélien de la frontière avec la bande de Gaza, le 30 mars 2018. REUTERS/Amir Cohen

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