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Turquie Recep Tayyip Erdogan

Publié le • Modifié le

Turquie: un Congrès de l’opposition kurde sous haute tension

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La police bloque l'entrée du siège du parti prokurde HDP pour empêcher ses membres de manifester, le 21 janvier 2018, à Diyarbakir. REUTERS/Sertac Kayar

En Turquie, la gauche prokurde du parti HDP a tenu son congrès dimanche 11 février à Ankara. Un congrès rendu nécessaire pour remplacer les centaines de cadres emprisonnés, dont les deux dirigeants du parti en vue d'élections nationales cruciales en 2019. Alors, comment militer aujourd'hui pour ce parti stigmatisé par les autorités turques et alors que les conditions sécuritaires sont plus difficiles que jamais ?


Avec notre correspondant à Ankara,  Alexandre Billette

Plus de 10 000 personnes réunies en congrès, pour un parti politique c’est une réussite. Sauf que pour ces militants il est plus difficile que jamais de mener le combat électoral.

Ali Atalan est député du HDP (Parti démocratique des peuples), il explique à quoi le parti doit faire face.

« Nous militons dans les conditions les plus difficiles de l’histoire de la République. Le Parlement a été court-circuité, la société civile a été court-circuitée, il n’y a plus de justice. Mais le HDP continue à tenir tête à l’obscurantisme ».

Tenir tête à l’obscurantisme, mais avec 7 000 militants et des centaines de cadres emprisonnés, le parti doit d’abord élire de nouveaux responsables. Est-il aujourd’hui toujours possible de faire campagne ?

« Nous ne pouvons pas envisager des élections sous état d’urgence. Cet état d’urgence a été récupéré politiquement de la même manière que la tentative de coup d’Etat du 15 juillet », estime Filiz Kerestecioglu, une députée d’Istanbul.

Aujourd’hui, dans les coulisses de l’immense gymnase d’Ankara on a bien tenté de resserrer les rangs du parti, mais à quelques mois du début d’une grande période électorale, l’avenir de la gauche prokurde en Turquie n’a jamais été aussi incertain.

Survivre sans renier son héritage

C’est un parti dit « prokurde », mais qui s’est aussi intéressé aux droits des minorités. Aujourd’hui stigmatisé par les autorités turques, le HDP cherche une stratégie de survie, mais sans renier ses racines.

« Le HDP garde toute sa raison d’être. Il est composé de minorités ethniques et culturelles. Et tant que celles-ci subiront des pressions, le HDP aura un rôle à jouer politiquement », souligne Murad Mihci, un responsable du parti.

La défense des minorités est le créneau historique du HDP, mais en période de guerre avec l’opération à Afrin, le parti doit aussi prendre en compte les préoccupations nationales du moment et parfois réarticuler son discours en évoquant les pertes militaires côté turc.

« Nous avons perdu 11 soldats à Afrin aujourd’hui. Nous en sommes particulièrement affectés. C’est pour ça que nous sommes pacifistes. Pour ne pas que d’autres familles pauvres perdent des fils », ajoute la députée Filiz Kerestecioglu.

Protéger les minorités, défendre les droits des Kurdes, et ne pas se couper de sa base turque. Un jeu d’équilibriste pour un parti dont la marge de manœuvre n’a jamais été aussi réduite.

(Ré) écouter : Turquie: que reste-t-il du HDP pro-kurde? (Accents d'Europe)

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