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Alain Mabanckou: «La connaissance ne doit pas être réservée à quelques élites»

Par Carine Frenk

Notre invité ce matin est l'écrivain Alain Mabanckou. Prix Renaudot 2006 pour « Mémoires de porc-épic », Alain Mabanckou signe avec le romancier franco-djiboutien Abdourahman Waberi le Dictionnaire enjoué des cultures africaines. Un abécédaire à la fois informatif et ludique, qui vient de sortir chez Fayard. Au fil des mots, mais aussi hommes célèbres et des lieux, c'est une invitation au voyage dans ces cultures africaines.

RFI : D’ordinaire, un dictionnaire, c’est exhaustif, plutôt rébarbatif. Mais le vôtre, vous le dites enjoué. Pourquoi ?

Alain Mabanckou : Parce que nous avions l’expérience de ces dictionnaires un peu lourds, fastidieux, difficiles à avaler. On voulait quelque chose de rapide, de neuf. La connaissance ne doit pas être réservée à quelques élites et là c’est un dictionnaire populaire.

C’est un peu comme un dictionnaire historique qui parle du sens des mots, des hommes, des lieux… Mais aussi de leur histoire.

Voilà. Cela doit être considéré comme une promenade à travers les cultures africaines. Que ce soit en Amérique, que ce soit en France, puisque de la France noire on en parle, que ce soit dans les Antilles, que ce soit du côté d’Haïti, etc., il s’agit d’aller à l’essentiel pour, un peu, voyager avec les cultures africaines.

À la lettre A, premier mot : « Abacost ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire « À bas le costume ». C’était le genre de vêtement qui était exigé à l’époque où ce qui est aujourd’hui la République démocratique du Congo s’appelait encore le Zaïre. Mobutu avait interdit le costume européen et alors on avait créé ce veston qui avait des manches plutôt courtes. On portait ça sans chemise à l’intérieur et pas de cravate. Cela voulait dire à bas le costume, à bas l’habillement à l’occidental. En résumé, cela faisait « Abacost ».

Et puis il y a le mot « Dictature ». La dictature, cela fait partie, maintenant, de sculptures africaines ?

C’est tout à fait normal. Vous ne pouvez pas parler de l’Afrique sans parler de dictature. C’est évident. C’est évident, la dictature a été et elle demeure aujourd’hui un des grands problèmes du continent africain.

Cela veut dire qu’il est épicé ? Il n’est pas que « enjoué », votre dictionnaire ?

En fait, ce que nous entendons par dictionnaire enjoué, c’est un dictionnaire dans lequel l’esprit est libre de pouvoir définir les choses, selon la subjectivité des auteurs. L’esprit est libre d’emprunter le ton ironique, d’emprunter le ton un peu caustique, etc., etc.

Le « CFA » apparaît également. Vous pensez qu’il fera bientôt partie de l’histoire, ce mot-là ?

Je ne peux pas le dire, cela dépend des politiciens et autres. Nous, ce qu’on voulait dans le dictionnaire, c’est de montrer que le CFA pose un débat aujourd’hui très enflammé. Le CFA, c’est un des systèmes économiques qui se trouve là et les populations africaines se rendent de plus en plus compte que c’est l’un des éléments qui les rattache encore à la domination coloniale. Maintenant, c’est au peuple africain de décider de sortir ou pas de ce système monétaire, avec les avantages et les conséquences qui vont avec.

Apparaît aussi le terme de « Jihadisme ». Il y a quelques années, l’auriez-vous fait figurer, ce mot-là ?

Non, mais les dictionnaires, aussi, empruntent les problèmes actuels du continent africain. Le jihadisme est un moment très délicat pour le monde entier et l’Afrique, aujourd’hui, est en train de subir les conséquences de l’islamisme, les conséquences des conflits religieux. Donc nous avons estimé qu’il y avait une place à donner à ce mot dans le dictionnaire qui est le nôtre.

Vous rendez hommage aussi à beaucoup de personnalités : Barack Obama, Aimé Césaire, Mongo Beti, Kylian Mbappé… C’est aussi une galerie de portraits ?

Oui, oui… C’est une galerie de portraits, mais il y a aussi - rassurez-vous - des femmes. Les femmes, comme les Paulette Nardal, Christiane Diop, AminataSow Fall, etc., il y a une galerie de femmes, et Dieu sait que j’ai toujours pris comme priorité le sens de l’équilibre des choses.

Et le mot que vous préférez, vous, dans votre dictionnaire, quel est-il ?

Vu que la plupart des mots qui sont là, nous les avons accouchés avec Abdourahman Waberi et qu’en plus on a laissé beaucoup d’éléments, puisque c’est un projet qui va se poursuivre, donc je ne peux pas trouver, comme ça, sur les 108 entrées qui sont là, celui que je préfère. Mais en tout cas, évidemment, je ne vais pas tomber en pâmoison devant la « Dictature ». Je vais rêver avec le mot « Afro-futurisme », je vais rêver, aussi, avec des mots comme « Foufou »… Je ne sais pas… Les mots comme « Bissap », je vais rêver avec des footballeurs comme Kylian Mbappé … On a tout dans ce dictionnaire ! C’est vraiment un bon bouillon, presque, des cultures. Et je m’excuse vraiment d’aimer ce que nous avons fait.

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