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Sortir le Zimbabwe du piège de la dette

Par Olivier Rogez

Plongé dans une crise économique sévère, le Zimbabwe n’en sortira qu’en allégeant le fardeau de sa dette. Le Pays est classé parmi les sept pays africains en état de surendettement, et ne paie plus ses arriérés de paiement ce qui rend impossible d’emprunter à des taux raisonnables. Le pays a accepté de renouer avec le FMI pour remettre de l’ordre dans ses finances et devrait commencer l’an prochain les négociations avec la Banque mondiale pour la restructuration de sa dette.

Lorsque le bateau coule, la première chose à faire est d’alléger la soute. Pays surendetté, le Zimbabwe doit absolument se débarrasser du fardeau de sa dette, estimé à plus de 19 milliards de dollars, dont 7,5 milliards de dette extérieure. Harare qui a renoué le dialogue avec le FMI doit engager dès l’an prochain des discussions avec la Banque mondiale à qui elle doit un milliard et demi de dollars. La société civile ne veut pas laisser le gouvernement négocier seul. Elle réclame voix au chapitre au nom des citoyens, premières victimes de la crise. Janet Zhou est la directrice de la Coalition zimbabwéenne pour la dette et le développement, la Zimcod

« Pour nous à la Zimcod, la question de la dette est centrale, car l’État n’est pas en mesure de payer ses arriérés de paiements, et la dette continue de s’alourdir. Donc il faut trouver une solution à ce problème. Et si nous voulons rétablir les fondamentaux économiques, nous ne pouvons pas laisser de côté la question de la restructuration de la dette. A l’heure où nous parlons, le Zimbabwe ne peut pas accéder à de nouveaux emprunts, car nous traînons cette question des arriérés. Cela empêche les investisseurs de venir dans le pays. Pourquoi ? Parce que les gens n’ont pas confiance. Le Zimbabwé a mauvaise réputation. Rien ne marche, l’économie est au point mort. Et nous pensons que si la restructuration de la dette devient une priorité, alors nous aurons enfin la possibilité d’engager de nouvelles actions avec la communauté internationale pour mettre en place de nouveaux programmes d’assistance. »

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emerson Mnangagwa, Harare a commencé à gager ses recettes en or et en diamant contre des crédits auprès de banques africaines, comme l’Afreximanbank. Une solution extrêmement coûteuse et qui condamne le pays à brader ses bijoux de famille. Ce n’est pas une solution viable pour John Maketo, du Zimcod. Pour lui, point de salut en dehors de la main tendue.

« Les pays membres du Club de Paris (les créanciers publics d’un pays NDLR) disent que si les arriérés de paiement ne sont pas réglés d’une façon ou d’une autre, il n’y aura pas de nouveaux financements ni de nouvelles lignes de crédit ni même de solution à long terme pour la dette zimbabwéenne. Les créanciers qui n’appartiennent pas au Club de Paris disent peu ou prou la même chose. Donc nous sommes coincés dans un piège dont pour l’instant nous ne pouvons pas sortir ».

La restructuration de la dette permettrait au pays de résoudre la question du manque de devise et donc de l’instabilité monétaire. Actuellement, le Zimbabwe est le pays d’Afrique qui connaît le plus fort taux d’inflation, plus de 300% par an.

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