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En Suède, l'avion de plus en plus délaissé au profit du réseau ferroviaire

Par Frédéric Faux

Le mouvement flygskam, la « honte de voler » pour des raisons environnementales, est né en Suède. Les Suédois préfèrent de plus en plus le train à l’avion pour partir en vacances. Mais ce qu’il y a de nouveau, c’est que ce sont les entreprises maintenant qui rejoignent ce mouvement…

C’est une étape très importante car les voyages professionnels, que ce soit pour voyager d’un bureau à l’autre, pour assister à une conférence, un salon, pour acheter, ou vendre, représentent une part importante des voyages en avion. En Suède, de plus en plus d’entreprises choisissent de prendre le train. En effet, le nombre de réservations faites à la compagnie nationale SJ pour des voyages d’affaires a bondi de 13 % ces douze derniers mois. 2018 a été une année record, et 2019 prend le même chemin.

Le principal argument du train, pour cette clientèle qui ne veut pas perdre son temps, c’est la possibilité de travailler pendant le voyage. Si vous prenez un trajet entre Stockholm et Goteborg, les deux principales villes suédoises, c’est une heure de vol, avec juste une petite tablette pour poser son ordinateur, à laquelle il faut ajouter une heure de trajet vers l’aéroport et d’attente au départ, la même chose à l’arrivée. Donc un total de trois heures.

Trois heures, c’est aussi la durée du voyage en train, mais c’est de centre ville à centre ville, et pendant le voyage, vous disposez d’un vrai espace de travail, avec wifi et petit déjeuner inclus. Et l’avantage du train reste aussi valable pour les destinations plus lointaines. En voyageant de nuit, on peut traverser presque toute la Suède, et arriver frais et dispo à son lieu de rendez-vous le lendemain matin.

D’ailleurs la fréquentation des train de nuit a elle aussi augmenté, +37 % en un an.

Abandonner l'avion pour le train

La semaine dernière, un séminaire organisé par l’association Tagsemester, pionnière dans la promotion du train, a rassemblé des représentants d’entreprises pour raconter leur expérience. Comme le cabinet d’architecture White Arkitekter, de 900 employés,qui a des bureaux dans tout le pays, mais aussi en Europe du Nord. Aujourd’hui 85 % de leurs voyages professionnels se font en train.

Et il n’y a pas que les entreprises. L’administration suédoise en charge de la santé publique a fait ses comptes. On pense que l’avion est moins cher que le train, mais sur le long terme, ce n’est pas vrai : le prix moyen d’un trajet entre ses deux principaux sièges, qui sont distants de 550 km, est deux fois plus élevé quand il est fait en avion, par rapport au train. Elle a donc mis en place un système de bonus pour ses cadres qui choisissent le train : ils peuvent gagner plus de 100 euros sur un aller-retour, tout en émettant moins de CO2.

Un changement psychologique

Bien sûr, pour des voyages lointains, quand il faut traverser des océans, l’avion reste la seule solution. Mais pour les autres voyages, l’un des obstacles les plus importants au changement n’est pas économique, ou professionnel, mais psychologique.

Prendre l’avion, c’est une marque de prestige, réservé aux gens importants et on ne veut pas perdre ce privilège. Un argument difficile à tenir quand on sait que les émissions de CO2, par personne et par kilomètre, sont vingt fois plus élevées dans un avion que dans un train.

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