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Sang artificiel pour robot-poisson

Par Dominique Desaunay

Des bio-roboticiens américains se sont une nouvelle fois inspirés de la nature en prenant comme modèle biologique le poisson-lion.  Leur robot-nageur est équipé d’un système vasculaire synthétique dans lequel circule un « sang » artificiel, qui alimente en énergie, à la fois les composants électroniques et par pression mécanique, les nageoires de la machine.

Depuis de nombreuses années, les laboratoires d’ingénierie robotique travaillent à la conception de batteries de longue durée pour leur robot. Mais rien n’y fait.

Ces machines présentent toujours le même défaut, leurs besoins en énergie assèchent à vitesse grand V les accumulateurs. Alors que la recherche dans ce domaine piétine, les scientifiques américains de l'Université Cornell à New York sont passés à la vitesse supérieure avec leur nouveau robot aquatique qui s’inspire du poisson-lion. Et on se demande vraiment pourquoi ? Car ce carnivore des mers, surnommé la « rascasse volante », n’incite guère à la sympathie.

Avec sa crinière d'épines venimeuses, il sécrète un poison mortel pour tuer ses petites proies et ses piqûres urticantes provoquent de vives douleurs chez l'homme. Cette espèce originaire de l’océan Indien est invasive, elle est devenue un fléau pour les récifs coralliens en boulottant tout sur son passage. Désormais, elle pullule aussi dans l’est de la Méditerranée.

Le robot-poisson-lion développé par les chercheurs ne possède pas, évidemment, d’épines venimeuses. Avec son corps de silicone et ses grandes nageoires, l’engin mesure environ 40 centimètres de long. La grande particularité de la machine réside dans sa structure qui intègre un véritable système vasculaire, imitant, en quelque sorte, le réseau sanguin des animaux.

Dans ces « veines » artificielles, coule un liquide cumulant deux fonctions distinctes. C’est à la fois un fluide hydraulique, qui, mis sous pression sert à activer mécaniquement les nageoires du poisson et un liquide capable de stocker et de distribuer du courant aux différents composants électroniques de la machine. Résultat, ce « sang » artificiel augmente de 325% les capacités énergétiques du robot, c’est largement plus que les machines traditionnelles anémiques, qui sont dotées d’une batterie séparée et d’un système hydraulique classique. Le prototype des chercheurs a barboté « allegro ma non troppo » dans son aquarium durant 36 heures, mais à la vitesse de 20 millimètres par seconde.

« C’est pour l’instant une preuve de concept » argumentent les chercheurs dans la revue Nature qui espèrent bientôt accroître les performances de leur Rascasse mécatronique.

Ce sang de robot à double effet « kiss cool » en quelque sorte, offrira à l’avenir aux machines autonomes, la capacité d’effectuer des missions pendant de longues périodes, sans constamment revenir au bercail, pour recharger leur batterie toujours à plat.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr