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Chronique des Matières Premières
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Bœuf aux hormones: nouvelles concessions de l'Europe aux États-Unis

Par Claire Fages

L'Union européenne s'est félicitée vendredi d'avoir réglé un vieux contentieux avec Washington, celui du boeuf aux hormones, en réservant une partie de son quota d'importation au boeuf américain « de haute qualité ». Les éleveurs européens, de leur côté, s'estiment « sacrifiés au commerce ».

Est-ce la fin de la guerre du boeuf aux hormones entre les États-Unis et l'Europe ? C'est ce que clame la Commission européenne, satisfaite d'avoir dit-elle « réglé ce vieux contentieux avec Washington, avec qui elle est engagée dans des discussions commerciales plus larges ». En filigrane, l'accord de libre-échange transatlantique. L'agriculture devait être exclue des négociations, mais visiblement cette exception n'est plus d'actualité au lendemain des élections européennes.

30 ans de contentieux avec les États-Unis

Cette guerre du boeuf aux hormones dure depuis 30 ans. En 1988, l'Europe a interdit l'importation du boeuf engraissé aux hormones. Une pratique abandonnée en Europe, mais pas aux États-Unis, qui portent alors plainte auprès de l'Organisation mondiale du Commerce... Étant donné qu'il n'a pu être prouvé que le boeuf aux hormones était mauvais pour la santé, l'OMC donne raison à Washington, qui applique alors des taxes prohibitives sur les produits européens, comme le roquefort, un fromage français du terroir, ce qui occasionnera le démontage d'un McDonald dans le sud-ouest de la France, premier fait d'armes politique de l'écologiste José Bové ! Dix ans plus tard, en 2009, l'Europe fait alors une première concession en ouvrant un quota d'importation de 45 000 tonnes de boeuf étranger de « haute qualité » de toutes origines.

Mais les États-Unis ont été doublés en Europe par le boeuf sud-américain, moins cher. Comme l'Europe interdit toujours le boeuf aux hormones, l'administration Obama est revenue à la charge. Et c'est l'administration Trump qui obtient gain de cause : sur les 45 000 tonnes, 35 000 seront réservées au boeuf américain.

Mercosur, Australie et Canada vont réclamer leur part

Pour les éleveurs européens, c'est une concession lourde de conséquences. Car l'Union européenne négocie aussi avec le Mercosur, avec l'Australie et avec le Canada - le CETA devrait être signé d'ici la fin de l'été, vient d'annoncer Emmanuel Macron. « Des compensations seront logiquement accordées aux autres pays utilisateurs du "Panel hormones" », craint l'interprofession française Interbev, qui estime que « la Commission sacrifie le climat, la filière viande bovine et la santé des consommateurs au profit du commerce ». « 35 000 tonnes de boeuf américain, cela paraît pourtant peu au regard de la production européenne, 7 millions de tonnes, reconnaît l'expert du marché des viandes Jean-Paul Simier. Mais tout s'additionne... On pourrait arriver à 100 000 tonnes d'importations bovines supplémentaires, alors que les aides européennes aux éleveurs, elles, déclinent. »

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