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Congo-Brazzaville et Pointe-Noire vivent au rythme des délestages

Par Loïcia Martial

Les deux principales agglomérations du Congo : Brazzaville et Pointe-Noire vivent au rythme des délestages répétés et prolongés depuis le 21 octobre 2018 à cause des travaux de maintenance de la principale centrale électrique qui fournit à elle seule 60 % du courant consommé. Ces coupures vont durer jusqu'au 5 décembre. Entre-temps une grande pénurie de super s'est ajoutée perturbant davantage l'activité des commerces et des petites entreprises qui n'arrivent plus à fonctionner et à faire de la recette.

Dans cette allée comprise entre l'avenue Matsoua et le CEG de l'Amitié dans le 2e arrondissement plusieurs établissements : boucheries, menuiseries et boulangeries se suivent. Ils tournent tous au ralenti, faute d'une électricité permanente. Le jeune menuisier Boris Mienandi n'arrive plus à livrer dans les délais les commandes de ses clients.

« Vraiment on a des problèmes avec les clients au moment où nous parlons. J'ai même des portes à livrer, mais avec les délestages je ne comprends pas et n'arrive pas à travailler. Nous sommes arrivés à l'atelier à 7H et c'est à 10H30 que le  courant est arrivé et on s'est mis au travail », explique le jeune menuisier.

Dans sa boucherie où elle emploie quelques jeunes Michaëlle Ngama éprouve toutes les peines du monde pour conserver ses aliments qui perdent leur qualité.

« Les produits se gaspillent parce que le courant fait trop de vas et viens et du coup les aliments ne sont plus bien conservés. On va vivre les coupures jusqu'au 5 décembre. Quand nous vendons désormais on nous accuse de proposer des produits avariés. Non ! C'est le manque d'un bon courant. Nous ne pouvons pas jeter notre marchandise. On est obligés parfois de solder pour récupérer un peu. La police et les agents du commerce nous demandent de jeter nos produits.  C'est pas possible, nous soldons nos aliments décongelés » se défend la marchande. 

Sur l'avenue Simon Kibangou dans le 1er arrondissement, le petit salon de coiffure de Garcia n'accueille plus les clients comme avant. Ses ciseaux électriques sont à l'arrêt.

« Je suis coiffeur, je travaille avec le courant. Mais, actuellement, vu que le courant n'est pas stable, on ne fait pas plus de la bonne recette. Les recettes ont diminué même ce qu'on devait épargner » se désole le jeune coiffeur.

Au Congo la capacité installée du courant est passée de 89 à plus de 600 mégawatts ces vingt dernières années. Mais, les coupures sont fréquentes. A ces coupures de courant s'est ajoutée une grande pénurie de super qui a davantage perturbé l'activité économique, notamment dans le domaine des transports comme l'explique ce chauffeur taxi.

« Le carburant est très difficile. Nous sommes affamés à la maison. Même si tu as une économie de 30 000 FCFA, chaque jour si tu enlèves ton argent du marché cette épargne va s'épuiser. Ca pose aussi des problèmes chez les travailleurs. La course est maintenant à 1 500 voire 2 000 FCFA parce qu'il n'y a pas de carburant. Pour trouver un bidon de carburant à 15 000 FCFA, il faut d'abord donner un pourboire de 3 000 FCFA au pompiste »

Le Congo ne produit que 60 % des produits raffinés qu'il consomme et le reste est importé. La pénurie que les marketeurs sont en passe de juguler s'expliquerait par une augmentation du prix des produits raffinés sur le marché international.

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