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Les Italiens se disent «envahis par les migrants illégaux»

Par Anne Le Nir

Après avoir lancés, en vain, des SOS à ses partenaires européens pour qu’ils partagent le fardeau des migrants en provenance des côtes libyennes, Rome serre les boulons pour limiter les entrées. Le gouvernement, mené par Paolo Gentiloni (PD), est fermement décidé à mieux contrôler les opérations de sauvetage en mer menées par les ONG.

Depuis la récente entrée en vigueur du code de conduite des ONG (limitant leurs actions en mer Méditerranée), rares sont les voix qui s’élèvent pour parler d’arrivées massives de migrants, depuis la Libye. Mais il est encore trop tôt pour conclure à une corrélation entre les dispositions gouvernementales et la diminution des flux. Bien qu'il faille signaler que, parmi les ONG qui n’ont pas signé le code (soit 4 sur 8), l’allemande Jugend Rettet n'est plus opérationnelle, car placée sous enquête par le parquet de Trapani pour collusion présumée avec les passeurs.

Et deux autres ONG, dont Médecins sans frontières seraient aussi dans le collimateur de la justice. MSF affirme toutefois qu’elle n’a reçu aucune communication sur l’ouverture d’une enquête. Son président, en Italie, Loris de Filippi, souligne : « Si les trafiquants d’êtres humains ont de bonnes marges d’action ce n’est pas grâce aux ONG, mais parce que l’Europe a fermé les voies légales d’accès aux migrants en quête de protection. »

Un climat sociopolitique tendue

Jusqu’à récemment, l’Italie espérait encore obtenir de ses partenaires européens un partage des demandeurs d’asile. Mais faute d’accord, la « musique » change et, outre les restrictions imposées aux ONG, Rome a aussi donné le feu vert à une mission navale de support aux garde-côtes libyens.

Ces derniers, au cours des 4 derniers jours, ont récupéré plus de 1 200 migrants, lesquels ont été placés dans des centres de détention dont on connait les conditions inhumaines ; et ce, pour que le gouvernement puisse récupérer une bonne dose de crédibilité. En effet, la montée des partis de droite et des populistes anti-migrants, à quelques mois des prochaines élections législatives, n’en finit pas d’inquiéter les autorités. Matteo Renzi, leader du Parti démocrate (au pouvoir), a déclaré début juillet : « Nous ne pouvons pas accueillir tous les migrants, mais nous avons le devoir moral des les aider vraiment chez eux. » Son message, réitéré, est clair : l’Italie ne veut plus porter le fardeau des migrants.

200 000 candidats à l’asile et réfugiés

En incluant les 95 000 migrants arrivés depuis le 1er janvier, l’Italie compte 200 000 candidats à l’asile et réfugiés, soit 8 % de la population.

Mais les Italiens se disent : « envahis par les migrants illégaux ». Il est vrai que 85 % des personnes arrivées via la Libye sont considérés comme des migrants économiques. En fait, le problème de fond est lié à la concentration de structures d’hébergement dans certaines régions, dont la Lombardie et le Latium. Sur les 8 000 communes que compte le pays, moins de 5 500 acceptent d’accueillir des demandeurs d’asile.  

Le gouvernement devra aussi gonfler ses muscles pour mieux répartir les migrants et réfugiés. Et ainsi favoriser une réelle et bonne intégration dans la société.

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