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Chronique des Matières Premières
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L'essor de la filature vietnamienne favorise le coton américain

Par Gaëlle Laleix

Depuis six ans, l'industrie textile vietnamienne est en plein boom. Elle soutient la hausse des cours de l'or blanc qui connaissent aujourd'hui leur plus haut niveau depuis deux ans. D'après un rapport de l'USDA, le ministère de l'Agriculture américain, paru cette semaine, les Etats-Unis en sont les grands bénéficiaires.

C’est un des nouveaux dragons du textile mondial. Le Vietnam, est devenu en six ans, le troisième fournisseur d’habillement de la planète. Ses exportations textiles augmentent en moyenne de 20 % chaque année. À ce rythme, le secteur devrait générer plus de 40 milliards de dollars d’ici 2020.

En conséquence, le Vietnam a faim de coton. Sa production domestique est insignifiante. D’après le rapport du ministère de l’Agriculture américain, le pays a importé 5 millions de balles de coton durant la saison 2016-2017... Les balles sont l’unité de mesure de l’or blanc. Il s’agit de paquets de coton égrainé de 230 kilos. Depuis plus d’un an donc, ce pays d’Asie du Sud-Est est devenu le deuxième plus gros importateur de coton au monde, après le Bangladesh. Un partenaire de choix pour les États-Unis qui sont eux, le premier producteur d’or blanc de la planète. Le coton américain représente aujourd’hui la moitié des importations vietnamiennes. 

Accord de libre-échange
 
L’essor de la filature vietnamienne date de 2010, année de la signature d’un accord de libre-échange entre la Chine et l’ASEAN, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. Il autorise l’entrée du fil de coton, c’est-à-dire le coton transformé, en provenance de ces pays, dont le Vietnam, sans droits de douane sur le territoire chinois. Comme le coton chinois est cher, il devient plus rentable pour les filatures chinoises de se délocaliser en Asie du Sud-Est, d’acheter du coton sur le marché mondial, pour exporter ensuite le produit transformé en Chine. C’est ainsi que le Vietnam accueille des milliards d’investissements chinois.
 
Qu’à cela ne tienne pour les producteurs des États-Unis qui bénéficient indirectement de cet essor sud-est asiatique. Mais encore faut-il que les Américains maintiennent de bons rapports avec cette région. Le mois dernier, le président Donald Trump a retiré les États-Unis du partenariat Transpacifique (TTP), un traité de libre-échange avec onze autres pays de l’océan Pacifique. 

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