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Revue de presse Afrique
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A la Une: l’Afrique homophobe

Par Frédéric Couteau

Le terrible attentat d’Orlando aux Etats-Unis a été unanimement condamné sur le continent africain. Mais un certain embarras a été constaté, embarras concernant la cible de cette attaque, à savoir la communauté homosexuelle. Il faut savoir en effet que les homosexuels en Afrique sont largement considérés, au mieux, comme des déviants et au pire, pourchassés… C’est ce que nous explique L’Observateur Paalga à Ouaga. « Vu d’Afrique, écrit le journal, ce sont des condamnations mêlées de gêne qui semblent se dégager. Naturellement on ne peut que condamner cette furie meurtrière, surtout dans les pays qui ont déjà connu pareille épreuve de feu, tel le Burkina Faso dont le président a dénoncé la chose sur Twitter. Version similaire du côté d’Ali Bongo du Gabon, de Dlamini Zuma, la présidente de la Commission de l’UA, et de Jacob Zuma, le président sud-africain. Cependant, il faut le reconnaître, pointe donc le quotidien ouagalais, l’opinion africaine dans son ensemble, et au-delà des palais présidentiels, est partagée entre légitime indignation et non-dits, au regard de la cible, en l’occurrence les LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels), en français facile, les homosexuels, le comble de la luxure dans de nombreux pays africains. Pour certains, poursuit L’Observateur Paalga, ces groupes entretiennent des relations contre nature et pour d’autres ce sont des fous qu’il faut envoyer à l’asile. A l’exception d’îlots comme l’Afrique du Sud, où l’on célèbre même la Gay Pride régulièrement, dans la plupart des pays du continent, les pédés, comme certains les désignent méchamment, sont au mieux stigmatisés, ostracisés, et dans le pire des cas poursuivis en justice, puisque sous certains cieux l’homosexualité est un délit. […] Mais quoiqu’il en soit, reconnait L’Observateur Paalga, ce sont des êtres humains après tout, même déviants. Et on ne voit pas pourquoi on mériterait d’être envoyé ad patres en raison de ses orientations sexuelles, pas plus qu’on ne devrait subir la potence pour son appartenance religieuse ou ses opinions politiques. »

Et le quotidien ouagalais de conclure : « il faut laisser Allah, juge ultime, choisir quoi faire de ces êtres humains. »

Hypocrisie collective

Le constat est à peu près similaire pour Aujourd’hui, toujours au Burkina… « L’homosexualité mitige la compassion des présidents africains », titre le journal. « Le soutien timoré, des présidents africains est à rechercher dans ce sujet qui se dresse en toile de fond de cette tuerie, et qui, comme le soleil, ne peut être caché par une avalanche de déclarations de soutien : l’homosexualité. L’omerta, le rejet, voire l’aversion collective qui entourent les homos, bisexuels, lesbiennes et autres transsexuels en Afrique, n’ont pas poussé beaucoup d’Africains à manifester clairement leur aversion à l’acte inqualifiable d’Omer Mateen, reconnait le journal. […] L’homosexualité est un phénomène qui existe en Afrique, relève Aujourd’hui. A Ouaga, Abidjan, Dakar, cette catégorie de personnes fréquentent de plus en plus certains lieux publics, certes, discrètement, mais, qu’on ne s’y trompe pas, on fait semblant de ne pas savoir, hypocrisie collective quand tu nous tiens ! Ce sujet est donc encore tabou en Afrique. L’on se rappelle de cette déclaration un peu alambiquée de Macky Sall, qui disait à Barack Obama, alors en visite au Sénégal, que les Sénégalais n’étaient pas prêts à accueillir l’homosexualité comme étant une valeur. Conscient de cet état d’esprit de ses concitoyens, le président sénégalais se serait-il alors risqué à une manifestation aussi bruyante que celle qu’il a eue pour les attentats de Paris ? Assurément pas, pointe Aujourd’hui, car les Gorguiguène sont stigmatisés et même emprisonnés au pays de la Téranga. Ne parlons pas de la Gambie où le président Yahya Jammeh, promet de les pendre haut et court. »

Et le quotidien burkinabé de conclure : « Vu l’importance des Etats-Unis pour chaque pays d’Afrique, les dirigeants du continent se sont sans doute contentés de leurs téléphones rouges pour câbler l’Oncle Sam et lui exprimer tout leur soutien, en précisant que le caractère privé de cette manifestation de compassion n’enlevait en rien sa sincérité. Autres contrées, autres mœurs. Lu en creux, le comportement des dirigeants africains face à l’innommable d’Orlando peut être considéré comme une réserve de bienséance, pour la bien-pensance, alors que dans la réalité, même sous les tropiques, l’homosexualité gagne du terrain et est de plus en plus toléré, du moins, subrepticement. Ainsi va la vie des peuples. »

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