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Noureddine Adam: nous nous engageons à la «paix définitive» en RCA

Par Madjiasra Nako

En Centrafrique, le chef rebelle Noureddine Adam promet que l’élection d’après-demain, mercredi 30 décembre, pourra se tenir normalement dans son fief du nord-est du pays. Il y a deux semaines, le 14 décembre, Noureddine Adam, l’ancien numéro 2 de la Seleka, avait pourtant annoncé la naissance de la République sécessionniste du Logone. Il y a une semaine, le 21 décembre, Noureddine Adam s’est ravisé, grâce à la médiation du Tchad et de l’Organisation de la conférence islamique (OCI). A Ndjamena, le chef du Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), répond aux questions de notre correspondant Madjiasra Nako.

RFI : Est-ce que votre déclaration du 21 décembre est un renoncement définitif à la partition de la Centrafrique ?

Noureddine Adam : Oui, c’est définitif. Nous avons combattu toute la vie pour la Centrafrique unie et pour le peuple centrafricain en général.

Donc ça veut dire que pour vous, désormais, ce sera une Centrafrique unie, une et indivisible ?

Oui, c’est notre souhait.

Et pourquoi avoir choisi de venir au Tchad pour faire cette déclaration ?

C’est sur demande de l’OCI. Vous savez l’OCI est une organisation. Il y a 52 pays qui sont membres, parmi lesquels la Centrafrique. C’est une demande appuyée par le président Déby pour une Centrafrique rassemblée pour tous les peuples centrafricains.

Vous avez discuté pendant deux ou trois jours avec l’envoyé spécial de l’OCI, l’ancien ministre Cheikh Tidiane Gadio, et les autorités tchadiennes. Est-ce que vous avez eu des garanties par rapport à l’opinion internationale et notamment les sanctions onusiennes ?

C’est un peu tôt pour dire s’il y a des garanties. Mais vous savez, l’OCI c’est une organisation internationale et nous avons discuté beaucoup sur les sujets sécuritaires et le développement en général, et en particulier sur notre région Nord-Est. Je crois qu’ils ont pris l’engagement de nous aider et c’est pour cela que nous nous sommes engagés aussi de les aider pour restaurer l’autorité de l’’Etat en Centrafrique et ramener la paix définitive pour le peuple centrafricain.

Quand vous dites que l’OCI et les autorités tchadiennes ont pris des engagements. Concrètement ça veut dire quoi ?

Ça veut dire beaucoup de choses. Que le Tchad a beaucoup fait pour la RCA, la RCA et les membres de la CEEAC [Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale]. La CEEAC, c’est une organisation régionale. La stabilité en RCA, ça va améliorer beaucoup de choses sous la sous-région. Donc pour le Tchad, c’est important d’avoir une Centrafrique stable et unie.

Et sur la base de cette déclaration, quel est le message que vous avez aujourd’hui à donner aux combattants du FPRC qui sont restés sur le terrain ?

Mon message aux combattants en particulier est : nous nous sommes engagés pour mettre fin aux combats pour voir la RCA en paix. C’est notre souhait de voir le peuple centrafricain se sentir ensemble comme auparavant, sans conflit religieux ou bien de conflit interne. Nous avons vécu toute notre vie ensemble, il n’y a pas de dissensions entre musulmans ou bien chrétiens. La RCA a subi beaucoup de peines et je crois que c’est le moment de s'asseoir ensemble autour d’une table pour voir la RCA de demain, pour reconstruire le pays.

Donc ça veut dire que vous appelez encore à une discussion générale des acteurs politiques autour de la Centrafrique ?

Oui. Absolument. C’est notre souhait parce que nous avons beaucoup de choses devant nous : il y a la restauration de l’armée, de la police, de la gendarmerie, et ainsi de suite... la restauration de l’autorité de l’Etat, la restauration de l’honneur du peuple centrafricain ensemble.

Est-ce que ça veut dire que le FPRC va adhérer au processus DDR [désarmement-démobilisation-réinsertion] qui a été décidé par le Forum de Bangui il y a quelques mois ?

Oui. Sur les bases de l’agrément de Nairobi, nous avons suggéré ce DDR. Et si nous allons engager ce processus de DDR, c’est parce que ça va amener la sécurité nationale pour les partenaires qui veulent venir pour nous aider à construire le pays.

Vous avez justement parlé d’agrément, mais il y a eu déjà plusieurs agréments sur l’avenir de la Centrafrique. Pourquoi est-ce que vous, par exemple, vous avez dû signer des agréments et vous avez toujours fini par recourir à la lutte armée ?

Parce qu’il y a des désespoirs. Nous avons signé plus de onze accords, mais il n’y a pas d’application, ce qui nous a poussés à reprendre encore le combat. Et je souhaite au nouveau gouvernement qui sera élu, qu'il sera un gouvernement de réconciliation en général pour la RCA.

Justement comment est-ce que vous voyez le futur président de la Centrafrique qui va être élu ? Qu’est-ce que vous attendez de ce nouveau président ?

Le souhait de tout Centrafricain, ça se résume en trois points : premièrement, la restauration de l’honneur d’une Nation ; deuxièmement, la restauration de la sécurité nationale ; et troisièmement le développement économique, équitable et inclusif.

Et particulièrement pour les populations de la zone nord ou du nord-est que vous représentez, quel est le message que vous avez aujourd’hui ? A quoi est-ce qu’elles s’attendent ?

Je veux dire ceci : rassurez-vous, cette fois-ci, ça sera une paix durable. Nous allons discuter, nous allons aider le peuple centrafricain en général, et le nord-est en particulier. Rassurez-vous, mettez-vous à la disposition du nouveau gouvernement, allez à l’élection et votez pour qui vous voulez ; choisissez l’homme qu’il faut.

Ça veut dire que vous demandez à tous les organisateurs des élections de venir dans le nord-est, que plus rien ne les empêchera de pouvoir se déployer, s’ils veulent justement amener les urnes et les bulletins pour les populations ?

Oui. Je dis oui. Je demande à nos éléments de sécuriser le corridor, c’est-à-dire de travailler en commun avec les forces onusiennes, comme nous le faisons d’habitude. J’espère que ça va donner beaucoup de fruits pour le peuple centrafricain en général.

Est-ce que vous seriez prêt à vous mettre à la disposition du futur président qui sortira des urnes en Centrafrique ?

Oui, pourquoi pas.

A quelles conditions ?

Sans condition.

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