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Fespaco Cinéma Mali Culture

Publié le • Modifié le

Fespaco: «La Grotte», un film malien du pays des Dogons

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Boucary Ombotimbé, réalisateur malien de « Barkomo » (La Grotte), en lice pour l'Etalon d'or au Fespaco 2019. Siegfried Forster / RFI

Le pays des Dogons fait aussi rêver les cinéastes au Festival panafricain du cinéma à Ouagadougou. Du fin fond du Mali nous arrive un premier long métrage de Boucary Ombotimbé et Aboubacar Bablé. Le scénario de « Barkomo » (La Grotte) s’annonce plutôt déroutant, mais dans la salle, la magie du cinéma opère. Les spectateurs n’hésitent pas à applaudir quand la femme infertile obtient enfin la reconnaissance méritée ou quand la princesse s’apprête à s’enfuir de sa cage dorée avec le gaucher du village. Entretien avec le coréalisateur Bucary Ombotimbé.


RFI : La Grotte, est-ce un film d’amour ?

Boucary Ombotimbé : On peut dire que l’amour s’y mêle, mais plusieurs thèmes y apparaissent : la thérapie, la femme stérile, comment les Dogons ont trouvé des masques… Toutes ces histoires ont été englobées pour réaliser ce film.

L’amour joue-t-il le plus grand rôle ?

Oui, comme on dit : l'amour n'est si beau que parce qu'il est involontaire. Le fait que la princesse accepte de fuir avec un homme qu’elle aime… c’est vraiment extraordinaire. Le monde même devient l’amour. Le monde obéit à l’amour. Tout est symbole, message, communication.

Est-ce que c’était difficile de tourner ce film au pays des Dogons ?

C’était très difficile, parce qu’il y avait deux insécurités. Non seulement il y avait un problème entre communautés peules et dogons. Il y avait aussi le problème d’insécurité des jihadistes. Nous avons pris tout le risque pour jouer ces scènes dans le pays des Dogons qui est depuis 1990 classé patrimoine mondial par l’Unesco. On voulait montrer cette belle image. Et on voulait montrer cette belle histoire.

Où avez-vous tourné ce film ?

Nous avons tourné au fin fond du Mali, dans un village qui s’appelle Mori.

Comment est venue l’idée de tourner ce film sur l’infertilité, sur les gauchers, sur des superstitions au Mali ?

Le film raconte d’abord l’histoire d’un village. Je suis moi-même Dogon, je suis né là-bas. Depuis 2012, j’ai commencé à écrire le scénario que j’ai terminé en 2013. Mon coréalisateur, je l’ai trouvé lors des Rencontres de la Francophonie à Abidjan. Je lui ai montré le scénario et il était bluffé. Il me disait alors : on peut le faire même sans fonds, parce que je crois à l’idée. C’est né ainsi. C’est une histoire qui me concerne. Je suis né dans ce village qui m’a inspiré à écrire.

Tourner aujourd’hui un film au Mali, que cela représente-t-il ?

D’abord on a cherché des fonds et on n’a pas trouvé. Après, on a tourné ce film avec nos fonds propres. Je pense qu’il faut d’abord montrer aux autorités qu’on sait faire ces métiers-là. Dès que tu montres une belle œuvre, les accompagnements viendront.

Comment avez-vous trouvé la réaction du public aujourd’hui au Fespaco ?

On est très ému. Nous avons été sélectionnés avec notre premier long métrage. Nous sommes très contents.

Qui va voir le film au Mali ?

C’est la communauté malienne qui va voir le film. Tous les Maliens vont voir le film dans les salles.

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