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Vidéos à la demande: PeerTube, un anti-YouTube plus libre?

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Capture d'écran d'une vidéo explicative du fonctionnement de PeerTube, plateforme de vidéos à la demande alternative. Capture d'écran PeerTube

Comme YouTube, Dailymotion ou Vimeo, PeerTube permet de visionner, commenter et publier des vidéos sur la Toile. Mais la ressemblance s’arrête là. Ce dispositif qui se présente comme une alternative aux grandes plateformes de streaming offre à ses utilisateurs une totale liberté dans la gestion de leurs productions vidéo en ligne.


Redonner le contrôle aux internautes, voilà l’objectif que poursuit la communauté des geeks de l’association française Framasoft. Leur idée est d’offrir aux internautes tous les outils numériques nécessaires pour effectuer une distribution de clips en ligne de façon entièrement décentralisée, sans rendre de comptes aux GAFAM : Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Rappelons que ces grandes firmes high-tech qui dominent actuellement le marché mondial du streaming ne partagent qu’une seule et même devise : inonder leur public de publicités en échange du moindre visionnage.

PeerTube, qui est à la fois un logiciel et un dispositif de diffusion collaboratif de vidéos sur la Toile représente l’antithèse des pratiques gloutonnes qu'imposent les GAFAM, promet Pouhiou Noénaute, de l’association Framasoft à l’origine du projet. « Pourquoi c'est une alternative à Youtube ? Parce que ça prend le principe de l'hébergement des vidéos à l'envers de celui de Google », explique-t-il.

« Le principe de Google, de Dailymotion ou de Facebook vidéo, c'est de centraliser toutes nos créations. Et donc, il faut avoir des moyens colossaux, des fermes de serveurs incroyables, afin d'héberger toutes les vidéos du monde entier, et des énormes tuyaux pour que chacun et chacune puisse venir prendre les vidéos en streaming. PeerTube, c'est l'inverse, c'est vraiment un logiciel qui est financé par les gens, qui est fait par les gens et pour les gens. On va faire plein de petits serveurs interconnectés pour faire son propre "YouTube maison", où l'on peut héberger ses vidéos, voire même accueillir les vidéos des autres. »

Financement participatif

L’ensemble du projet PeerTube a été entièrement financé par les internautes sur la plateforme KissKissBankBank qui est aujourd’hui suffisant pour qu’une première version pleinement opérationnelle soit lancée en octobre 2018. Elle remplacera la bêta publique, déjà adoptée par de nombreuses associations, instituts et même des villes qui l’utilisent pour diffuser leur production vidéo. Ce dispositif d’hébergement décentralisé et communautaire de modules audiovisuels a déjà mis en réseau plus de 10 000 vidéos.

Mais attention toutefois aux publications, préviennent les créateurs du concept : « Si une vidéo n’est pas conforme à la loi française, le gouvernement peut se retourner contre la personne derrière la plateforme. » Ce serait le prix à payer, en quelque sorte, pour recouvrer son entière liberté et son indépendance numérique vis-à-vis des géants du Web qui nous ont plutôt habitués - et depuis longtemps - à une absence totale de responsabilité.