rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Nouvelles technologies Technologies Entreprises Justice

Publié le • Modifié le

Obsolescence programmée: la justice française ouvre une enquête contre Epson

media
Une enquête a été ouverte en France pour «obsolescence programmée» contre le fabricant japonais Epson, accusé de tricher pour faire acheter plus d'encre à ses clients. CC0 Creative Commons / pixabay

Après Apple, c’est au tour d’Epson d’être accusé de « tromper » les consommateurs en « programmant » la durée de vie de ses cartouches d’encre. Une enquête préliminaire a été ouverte le 24 novembre dernier pour « obsolescence programmée » contre le fabricant d’imprimantes par le tribunal de Nanterre, a-t-on appris jeudi. Une première en France.


L’enquête a été confiée à la DGCCRF, le service en charge de la répression des fraudes en France. A l’origine de la plainte, déposée en septembre dernier, l’association HOP, Halte à l’obsolescence programmée, accuse Epson de bloquer les impressions alors que les réserves d’encre de ses imprimantes ne sont pas vides.

Laetitia Vasseur, déléguée générale et co-fondatrice de l'association, est fatiguée de changer sans arrêt les cartouches. « Vous avez une puce qui prévient que la cartouche est vide. Or ce calcul est mal calibré puisqu’on peut constater qu’il reste parfois jusqu’à 20 à 50% d’encre. Sachant que le litre d’encre coûte plus de 2 000 euros, soit plus qu’un parfum de luxe, c’est complètement aberrant », s’indigne-t-elle.

Une aberration pénalement répréhensible. Depuis deux ans, l’obsolescence programmée peut constituer un délit en France. « C’est une première dans le monde puisqu’il n’y a pas de délit d’obsolescence dans les autres pays. Cela fait plusieurs années que je travaille sur ces questions et les mentalités ont changé. Le tout jetable devient insupportable pour de plus en plus de personnes », note Emile Meunier, l’avocat de l’association HOP.

Ils se battent contre l'obsolescence programmée

Cette prise de conscience à la fois économique et écologique vaut pour d’autres produits. L’association s’intéresse aux ordinateurs, aux machines à laver ou encore aux collants. « Les collants étaient faits à la base en nylon, qui est une matière ultrarésistante. Aujourd’hui, on ne peut pas avoir un collant qui dure plus de trois à cinq utilisations, d’après notre sondage. Ils sont conçus pour filer rapidement », affirme-t-elle.

Des collants qui filent rapidement, des imprimantes qui se bloquent avant l’heure ou encore des smartphones aux capacités fortement ralenties... Depuis sa plainte déposée mercredi contre Apple, l’association a reçu plus de 1 000 témoignages concernant le ralentissement des iPhone 6 et 6s suite à leur mise à jour iOS 11.