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Nouvelles technologies Droits des femmes Femmes Etats-Unis Sexualité

Publié le • Modifié le

Harcèlement sexuel: la Silicon Valley aussi

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Robert Scoble le 24 avril 2013 à Berlin. AFP/Ole Spata

L'affaire Harvey Weinstein continue de susciter des réactions. Les accusations d'agressions sexuelles contre le producteur hollywoodien ont mis en lumière un véritable système. Depuis, dans tous les secteurs, les langues se délient. Les femmes s'expriment sur ce qu'elles vivent au quotidien, dans la Silicon Valley également.


Réputé pour être en avance socialement, le haut lieu des nouvelles technologies aux Etats-Unis n'est pas épargné par le sexisme. Dernier exemple en date : la démission cette semaine de l'un de ses gourous qui remplissent des salles entières lors de conférences, des prescripteurs dont la parole et la vision du futur font office de référence.

Peu connu en France, Robert Scoble est le co-fondateur de Transformation Group, qui travaille sur les réalités virtuelles et augmentées. Sauf que Robert Scoble est également un prédateur sexuel.

Une journaliste américaine a révélé qu'il l'avait agressée sexuellement. Son témoignage en a suscité de nombreux autres. Des accusations que Robert Scoble a en grande partie reconnue avant de démissionner.

Cette affaire n'est que le dernier exemple en date des pratiques qui règnent dans certains endroits de la Sillicon Valley. Consultable en ligne, une étude de grande ampleur a été réalisée sur ce sujet, « The elephant in the valley », littéralement « L'éléphant dans la vallée ».

Pour le seul harcèlement sexuel, 60 % des femmes qui y travaillent déclarent en avoir subi sur le lieu de travail avec, dans une grande majorité des cas, une pression de l'encadrement.

« Effet Weinstein »

Au-delà de ces cas particulièrement graves, le sexisme quotidien sévit tous les jours également : neuf femmes sur 10 déclarent avoir été témoin ou avoir subi des comportements sexistes. Six sur 10 disent ne pas recevoir la même considération pour leur travail que leurs collègues masculins.

Lors de l'embauche, les trois-quarts d'entre elles racontent avoir été interrogées sur leur vie privée et familiale. On leur a demandé si elles avaient des enfants ou si elles comptaient en avoir. Ce milieu qui se targue de progressisme est particulièrement violent à l'encontre des femmes.

S'il y a bien sûr un « effet Weinstein » qui libère la parole des femmes, les faits dans la Silicon Valley sont connus depuis longtemps. Susan Fowler, une employée d'Uber, avait publié une tribune dans le New York Times en février dernier pour dénoncer le sexisme qui régnait dans l'entreprise.

Les choses évoluent : Robert Scoble a démissionné, le patron d'Amazon Studios a été mis à pied. Dans la Silicon Valley comme ailleurs, il faudra cependant encore du temps pour que les mentalités changent et que les femmes soient justement considérées.

Chronologie et chiffres clés