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Publié le • Modifié le

Viva Tech, le select salon parisien des nouvelles technologies

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Emmanuel Macron salue Bernard Arnault du groupe LVMH devant Maurice Levy, Publicis. ®Reuters

Le mois de juin est la saison des conférences dédiées à l’univers des nouvelles technologies un peu partout en Europe. Le salon Viva Tech, pour sa deuxième édition, cherche à tirer son épingle du jeu en jouant la carte des conférences de qualité, mais aussi celle du salon avec exposants innovants appuyés par la créativité des start-ups. Pari réussi ?


Lors de la conférence de présentation du salon Viva Tech, les organisateurs (le groupe Publicis et celui des Echos) avaient de belles déclarations d’intention : « Notre ambition est de faire un événement à nul autre pareil ! On veut aider le secteur à prendre son envol et ne pas répéter ce qui se passe à Las Vegas, car notre ambition éditoriale (des conférences et des exposants) n'existe pas au CES. » Le CES de Las Vegas est le salon de l’électronique américain qui affole les médias et l’industrie en général chaque début d’année. Seulement voilà, en s’intitulant Viva tech, c’est tout de même la rieuse et narquoise chanson Viva Las Vegas d’Elvis Presley qu’on entend en fond sonore avant même d’avoir franchi les grilles du salon porte de Versailles.

A Viva Tech les partenaires sont prestigieux, souvent des clients du grand groupe Publicis, mais sont-ils les plus pertinents pour représenter les nouvelles technologies à la française ? Il est presque aussi surprenant de voir les 5 000 start-ups, accrochées comme en grappe à leurs riches grand-frères ou soeurs, comme si l’adoubement était obligatoire. Cela donne au final, des stands peu lisibles (pas de thématiques fortes, juste des marques) et une quasi obligation de se faire délivrer un pitch de présentation quand ce n’est pas forcément utile. Mais ça reste joyeux avec des projets aux intitulés comme chaud patate (du networking sportif) ou Toucan toco (de la visualisation de données et du data storytelling). Il faut souligner que le secteur des nouvelles technologies possède parfois ce côté régressif, avec des protagonistes aux allures de grands enfants talentueux et gâtés.

On contemple plus la vitrine que l’atelier de fabrication

Puis est arrivé au salon le nouveau président français Emmanuel Macron ! La blague ce jour-là dans le bouillant salon (il y faisait très chaud) soulignait que la présence d’Emmanuel Macron à un salon des nouvelles technologies coule de la même source de celle de Jacques Chirac au salon de l’agriculture. On a autant de respect pour la race bovine que pour les start-ups en France, nous allons néanmoins éviter de les mettre dans le même panier. On remarque cependant qu’à Viva tech, le panier est plutôt haut de gamme avec la marque LVMH, plus loin un gigantesque et exclusif VIP lounge Tencent (le Google chinois), et non loin encore un élégant stand Air France. Les ficelles débrouillardes (à la maker ou do-it-yourself), voire collaboratives, qui sont bien souvent au coeur des nouvelles technologies sont quelque peu négligées. On y contemple plus la vitrine de la boutique que l’atelier de fabrication.

Le stand Manpower prend tout son sens dans ce genre d’événement, car cette foule de passionnés représente le parfait moment pour découvrir et même recruter les talents de demain. Ludmila Charton nous a décrit Experis, une marque de Manpower. Ils présentaient à l’occasion un algorithme truffé de connaissances en PNL (programmation neuro-linguistique) qui permet d’analyser la présence et le sentiment de confiance qu’affiche un candidat lors d’un entretien d’embauche. Face à un robot qui l’analyse, le candidat pourra apprendre après l’entretien à être plus performant pour mieux négocier les futures rencontres.

Un modèle collaboratif pour faciliter les livraisons

Non loin, à proximité d’un fundtruck (un jeu de mot food/fund nourriture/financement pour expliquer que les entreprises sont aussi bien souvent là pour trouver de l’argent), Denis Mourrain nous explique avec enthousiasme le projet nantais LivingPackets. Un modèle collaboratif pour faciliter les livraisons, avec un paquet pouvant être pris en charge du point de départ à celui d’arrivée par des particuliers. « Les sociétés fonctionnent souvent trop en B to B, ou même en B to C, alors que pour nous c’est du C to C » explique-t-il. Bienvenue dans le monde des nombreux anglicismes, B c’est pour business et C c’est pour client. Living packet correspond à une très belle idée qui pourrait faire son chemin si chacun y met du sien.

Allons danser avec les robots…

A Viva Tech, le programme des conférences (souvent en anglais) est particulièrement alléchant. Les intervenants qui se sont déplacés pour l’occasion figurent parmi les plus grands noms de l’univers des nouvelles technologies. Il manque peut-être le côté disruptif, combatif et original des copains de Loïc Le Meur lorsqu’il organisait les journées de conférence Le web. Pour cesser de faire du mauvais esprit, on a décidé d’aller danser avec les robots…

Nos amis les robots 16/06/2017 - par Pauline Gleize Écouter