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JO 2020 Sports Japon

Publié le • Modifié le

A 500 jours des JO 2020, les cinq dossiers qui préoccupent encore Tokyo

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Sur le chantier du Kasai Canoe Slalom Centre, infrastructure devant servir durant les Jeux olympiques 2020 de Tokyo. REUTERS/Issei Kato

La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2020 aura lieu dans 500 jours à Tokyo. A 16 mois de ces JO, plusieurs dossiers pèsent encore sur les préparatifs japonais. Explications.


LA JUSTICE

La préparation des Jeux olympiques 2020 se poursuit alors que son homme-fort, Tsunekazu Takeda, est embourbé dans un possible scandale judiciaire. Le président du Comité olympique japonais a été mis en examen en France pour corruption active, en décembre dernier. Il est soupçonné d'avoir autorisé deux versements, en juillet et en octobre 2013, afin d’obtenir « des votes favorables de membres du Comité international olympique » (CIO) lors de l'attribution des JO à Tokyo, le 7 septembre 2013.

La démission de cette personnalité incontournable est désormais évoquée, à quelques mois seulement des JO 2020, dans un pays qui a été marqué par plusieurs scandales dans le monde du sport.

LES COÛTS

Le 21 décembre 2018, les organisateurs de Tokyo 2020 ont présenté une troisième version du budget conforme à la deuxième : 1350 milliards de yens, soit environ 10,75 milliards d’euros. Rester dans les clous demeure une préoccupation majeure. En 2013, le budget prévisionnel des JO était toutefois de 829 milliards de yens (6,6 milliards d’euros actuels). Soit 63% inférieur à celui aujourd’hui. Les estimations actuelles laissent en outre sceptiques, au Japon. En octobre 2018, un rapport indiquait en effet que les autorités du pays avaient déjà dépensé 800 milliards de yens depuis 2013.

Depuis cinq ans, les Japonais auraient ainsi multiplié les dépenses indirectes en rapport avec les Jeux olympiques. Or, celles-ci n’auraient pas vraiment été intégrées dans le budget des JO 2020. C’est en tout cas ce qu’assurait l’économiste américain Andrew Zimbalist, en décembre dernier, évoquant des « ruses comptables » : « Je pense que, tout pris en considération, la facture de Tokyo 2020 s'élèvera bien au-delà de 20 milliards de dollars (17,6 milliards d'euros). Le Comité international olympique a simplement exclu de force de nombreux éléments du budget pour abaisser le coût public autour de 12 milliards de dollars (10,5 milliards d'euros). »

LA PLUIE

Beaucoup de ces dépenses indirectes sont liées à des recherches en matière d’innovation. L’une des principales préoccupations des organisateurs est en effet de prévoir et de contrer les phénomènes météorologiques extrêmes qui peuvent survenir au moment des JO 2020 (24 juillet-9 août).

Une équipe de chercheurs travaillant sous la houlette de la National Institute of Information and Communications Technology (NICT) tente par exemple de mettre au point un nouveau système capable de prédire avec précision les averses torrentielles, au moins 30 minutes avant qu'elles ne tombent. Celles-ci peuvent en effet occasionner des crues rapides, voire dangereuses. En août 2017, il a plu 21 jours de suite sur la mégalopole, un record depuis 1977.

LA CHALEUR

Les pluies diluviennes ne sont toutefois pas la seule préoccupation des Tokyoïtes. Outre les risques sismiques, les vagues de chaleur représentent également un danger, surtout pour les athlètes. Des associations de médecins japonais ont tiré la sonnette d’alarme en octobre 2018, indiquant que le marathon risquait de « provoquer des décès ». C’est pourquoi les organisateurs ont décalé à plusieurs reprises le départ de la course. Il est désormais prévu entre 5h30 et 6u du matin, en heure locale.

Lors des JO de 1964, ces problèmes de canicule se posaient moins : les Jeux avaient été organisés du 10 au 24 octobre. Mais le CIO et le Japon se sont mis d’accord sur la tenue de JO 2020 en plein été.

LES TRANSPORTS

Le Japon, et notamment Tokyo, dispose d’un des systèmes de transports en commun les plus performants au monde. Il n’empêche : les différentes lignes de métro et de train de la capitale, régulièrement saturées, risquent la saturation durant les Jeux. Que faire face à l’afflux de centaines de milliers de touristes venus pour les JO 2020 ? Une étude suggère que les Tokyoïtes restent chez eux pour faire du télétravail. Cette piste avait en partie été exploitée à Londres, lors des JO 2012. Autre solution envisagée : aiguiller les touristes vers des gares moins fréquentées par les travailleurs japonais…