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Sports France Basket-ball

Publié le • Modifié le

Mondiaux de basket-fauteuil: Grace Wembolua, éloge de la différence

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Grâce Wembolua. Photo: FÉDÉRATION FRANÇAISE HANDISPORT

Les Championnats du monde de basketball en fauteuil auront lieu du 16 au 26 août 2018, à Hambourg, en Allemagne. La France sera présente avec son équipe féminine et la benjamine Grace Wembolua, déjà sur parquet lors des Jeux paralympiques de Rio en 2016. Portrait d’une jeune femme déterminée.


« J’ai choisi le basket-fauteuil pour pratiquer avant tout avec mes copines. Ça m’a plu, je me suis fait repérer et à partir de là, l’histoire avec ce sport a débuté ». D’une simple phrase, Grace Wembolua esquisse la relation privilégiée qu’elle a avec son sport, elle qui est au Pôle France Handibasket de Talence à côté de Bordeaux, d'où sortent les meilleurs basketteurs en fauteuil de l'Hexagone.

Les Paralympique de Rio 2016 encore dans la tête

Cet été, c’est du côté de Hambourg qu’elle essayera de faire son « maximum » lors des Mondiaux. Très stressée au début de sa carrière, la jeune femme, 22 ans, ira en Allemagne pour « prendre du plaisir individuellement en faisant de mon mieux ».

Grace Wembolua qui s’entraîne au minimum une fois par jour, a déjà connu l’ivresse des grandes compétitions. En 2016, elle participait aux Paralympique de Rio. Encore aujourd’hui, elle a bien du mal à atterrir tellement l’évènement fut intense.

« Deux années plus tard, je n’ai toujours pas réussi à faire le bilan. C’est un souvenir magique. On a quand même vécu un quart de finale et encaissé une défaite très sévère face aux Etats-Unis dès le début. C’est un mélange d’émotions très particulières. Jouer devant un public fourni, être dans le village olympique, rencontrer des gens, c’était beaucoup trop à la fois », raconte-t-elle. Quatre années après ses débuts, elle était déjà dans le grand bain.

Le regard des autres difficile à supporter

Mais n’allez pas croire que tout a été simple pour Grace Wembolua qui n’avait que 4 ans lorsque sa mère et son frère ont péri dans un incendie criminel. Elle devra se faire amputer des deux jambes.

« Le regard des autres est quelque chose de difficile à supporter. J’ai du mal avec les regards un peu trop insistants, ça me dérange. Mon handicap peut passer inaperçu, sauf si je décide de me mettre en jupe ou en short », dit-elle.

Au début, lors de la pratique de son sport, elle avait du mal, imaginant ce que l’on pouvait penser d’elle et de son handicap. « Une fois que le match était commencé, c’était plus simple. Aujourd’hui je suis heureuse, car  je rencontre des gens qui admirent ma discipline et qui oublient mon handicap », avance l’athlète. Souvent, pour Grace Wembolua, la performance prend le dessus. Mais son sport est avant tout une passion, et non un défouloir. Un plaisir devenu en quelque sorte sérieux.

« J’arrive à faire oublier que je suis différente »

« Mon objectif c’est clairement Tokyo 2020. Je m’entraîne pour. Je veux revivre cet évènement des Jeux paralympiques et ne plus encaisser de lourdes défaites ! Et je ne parle pas de Paris 2024, ce serait incroyable d’être à domicile. »

« Dans la vie de tous les jours, je crois que les gens voient en moi plutôt la personne que le handicap. J’ai une personnalité qui fait que j’arrive à faire oublier que je suis différente », reconnaît-elle.  « Le plus dur pour moi, ce n’est pas d’avoir perdu mes deux jambes, mais ma mère et mon frère. Je me fiche de marcher avec de fausses jambes. Mais une mère et un frère, ça ne se remplace pas. On n’efface pas le souvenir de voir mourir sa famille sous ses yeux. Je vis avec comme je peux. Personne ne peut se mettre à ma place », dit-elle avec pudeur.

La plus jeune de l’équipe de France, qui a aussi participé à des Championnats d’Europe, est aussi passionnée de musique et de chant. Elle devrait savourer ces Mondiaux et on espère que les années qui viennent sauront la combler.

Chronologie et chiffres clés