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Sports Football Coupe du monde 2018 Russie

Publié le • Modifié le

La Russie veut surfer sur le Mondial 2018 pour développer son tourisme

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La rue Nikolskaya, lieu de rassemblement des supporters à Moscou lors du Mondial 2018. Vasily MAXIMOV / AFP

La Russie, qui a accueilli la Coupe du monde 2018 du 14 juin au 15 juillet dans onze villes et douze stades, veut profiter de l’événement pour continuer à développer son tourisme. Si la Russie fait déjà partie des 10 pays les plus visités au monde, le secteur touristique reste toujours à la traîne malgré un potentiel énorme.


La Russie aurait accueilli un million de visiteurs étrangers pendant la Coupe du monde 2018 selon l'agence fédérale du Tourisme. Soit près de 30% d'augmentation par rapport à une année normale.

Aujourd’hui, la patrie d’Alexandre Pouchkine souhaite être une destination touristique. D’autant plus qu’en dehors de Saint-Pétersbourg et de Moscou, les deux villes phares, d’autres cités ont augmenté les infrastructures touristiques avec hôtels et aéroports.

Les supporteurs étrangers munis d'un Fan ID, un document permettant de voyager en Russie sans visa pour le Mondial 2018, seront d’ailleurs dispensés de visa russe jusqu'à la fin de l'année.

La Russie fait déjà partie des 10 pays les plus visités au monde

Avec son économie trop dépendante des matières premières, la Russie pourrait après la Coupe du monde 2018 tenter de diversifier ses activités. La dévaluation du rouble y a rendu les prix des voyages plus attractifs pour les étrangers.

La diversification de l'économie est l'un des principaux échecs du règne de Vladimir Poutine. La Russie fait déjà partie des 10 pays les plus visités au monde, mais ce secteur reste toujours à la traîne. « Notre pays est prêt à organiser la Coupe du monde, à garantir à tous ceux qui viennent en Russie un confort maximal et les émotions les plus positives », avait déclaré le président Vladimir Poutine juste avant l’ouverture de la compétition. Pour s'assurer un Mondial 2018 sans accroc et une image flatteuse, la Russie a ainsi déboursé environ 13 milliards de dollars.

Arrivés en Russie par l’Extrême-Orient du pays depuis la Chine, les écrivains français Christian Garcin et Tanguy Viel décriront dans un prochain ouvrage à quatre mains leur périple de 4 mois autour du monde (sans avion) qui s’est terminé au pays des anciens Tsars, durant la compétition. Ils auront entre autres visité Irkoutsk, le lac Baïkal, Novossibirsk, Kazan, Nijni Novgorod ou encore Moscou.

Installer la « destination Russie »

« J’aime la Russie. A la frontière chinoise, j’ai ressenti comme une sorte de contentement de me retrouver là », raconte à RFI Christian Garcin qui connaissait déjà le pays de Tolstoï. « C’est peut-être lié à la langue, à l’histoire et la géographie et surtout la littérature. Les Russes ont conscience de leur propre histoire. Il y a une sorte de familiarité dans ce pays qui me plaît et pour laquelle j’ai de la tendresse. » En 2017, 24,5 millions d'étrangers ont visité la Russie.

Tanguy Viel, qui voue un culte à Dostoïevski (considéré comme le plus grand écrivain russe, né à Moscou le 30 octobre 1821 et mort à Saint-Pétersbourg le 28 janvier 1881) avance : « S’il y a bien un pays pour lequel la notion de peuple paraît évidente, c’est ici. C’est aussi un peuple de l’excès », dit-il.

« On dirait que chaque individu porte l’histoire de son pays. Ici, il y a aussi la conscience individuelle de la collectivité. Quand vous rencontrez des Russes et que vous dites que vous êtes français, ils vont spontanément vous parler d’histoire, renchérit Christian Garcin. On a toujours une image simplifiée des endroits que l’on ne connaît pas. Vus de France, les Japonais sont des gens pressés, ce qui est faux. Le peuple russe veut être aimé et s’inquiète beaucoup de son image en occident. » Après le Mondial 2018, les autorités russes veulent installer la « destination Russie ».

Gianni Infantino « amoureux de la Russie »

« Cette Coupe du monde a donné l'image d'une Russie accueillante pour le reste du monde, loin des stéréotypes d'agressivité et de froideur qui lui sont généralement attribués », a estimé Jean-Baptiste Guégan, expert en géopolitique du sport et auteur de Football investigations, les dessous du football en Russie (éd. Bréal) à BFMTV.com.

« Nous sommes tous tombés amoureux de la Russie. Nous avons découvert un pays que nous ne connaissions pas », a dit Gianni Infantino, président de la FIFA. L'opération séduction, un des objectifs majeurs de Vladimir Poutine, aura donc été menée à bien.

Pourtant, depuis 2010, et l’obtention de l'organisation du Mondial 2018, la Russie a été la cible de sanctions occidentales pour l'annexion de la péninsule de Crimée et le soutien aux séparatistes de l'est de l'Ukraine. Autre point de tension entre Moscou et les Occidentaux, la Syrie où l'armée russe est intervenue à la demande du président syrien Bachar el-Assad.

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