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Football France Ligue 1

Publié le • Modifié le

Samir Nasri, l’enfant gâché du football français

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Le footballeur français Samir Nasri, en 2016, avec le maillot du FC Séville. MIGUEL RIOPA / AFP

La confédération européenne de football (UEFA) a indiqué que Samir Nasri était suspendu six mois pour « violation des règles antidopages », ce 27 février 2018. C’est une nouvelle tâche sur le CV d’un des joueurs français les plus doués de sa génération, mais qui est aussi l’un des plus décriés.


A 30 ans, la carrière de Samir Nasri a subi un nouveau coup d’arrêt, ce 27 février 2018. Quatre semaines après avoir rompu son contrat avec le modeste club turc Antalyaspor, le footballeur a en effet été suspendu six mois pour « violation des règles antidopages ».

Le Français est sanctionné pour avoir reçu un traitement intraveineux de vitamines, dans une clinique nord-américaine, en 2016, à l’époque où il évoluait au FC Séville. Cette pratique, interdite par l'Agence mondiale antidopage (AMA), aurait même pu valoir jusqu’à quatre années de mise sur la touche par l’AMA.

Sans club, interdit de pratiquer son métier, Samir Nasri se retrouve donc dans une situation sans grand rapport avec le destin doré qu’on lui présidait.

Né à Marseille et milieu offensif comme Zinedine Zidane, l’intéressé a fait partie de la longue liste des « héritiers » potentiels de l’ancien meneur de jeu. Mais Samir Nasri n’a connu le même sort ni en club, ni en équipe de France.

Un destin en bleu contrarié…

En « bleu », le Marseillais n’a plus été convoqué depuis 2013 et son compteur reste bloqué à 5 buts en 41 matches. Son histoire en sélection a été tumultueuse. Pour sa première grande compétition, l’Euro 2008, celui qui est encore un jeune joueur se met à dos certains cadres du groupe. En cause, notamment, le fait qu’il se soit assis dans un bus à la place qu’occupait généralement Thierry Henry, joueur vedette de l’équipe de France. Un geste qui paraîtrait anecdotique dans n’importe quel autre contexte mais qui en football peut s’apparenter à un crime de lèse-majesté…

Il n’en faut donc pas plus pour que Samir Nasri se voit accoler l’étiquette de « sale gosse ». Une image renforcée lors de l’Euro 2012 lorsque, après un but inscrit face à l’Angleterre, il mime un « ferme ta gueule » adressé à un journaliste du quotidien L’Equipe l’ayant trop critiqué à son goût. Dans la foulée, celui qui a entretemps porté les couleurs d’Arsenal en Angleterre (2008-2011) insulte un autre homme de médias avec lequel le ton était monté, après l’élimination en quart de finale du tournoi. Pour ces deux coups de sang, il est suspendu plusieurs rencontres par la Fédération française de football.

Non-retenu pour la Coupe du monde 2010, Samir Nasri n’est pas davantage du voyage pour l’édition 2014. Didier Deschamps estime entre autre que « ses performances en équipe de France ne sont pas à la hauteur de celles avec Manchester City », son club de 2011 à 2017.

« Rater deux Coupes du monde, c'est la plus grande déception de ma carrière », avouera le joueur après avoir annoncé la fin de sa carrière internationale.

…et un déclin prématuré en club

En club, Samir Nasri a toutefois connu une période brillante entre 2010 et 2014. Il est en effet l’un des artisans des deux titres de champion d’Angleterre gagnés par les « Citizens », en 2012 et 2014. Le Français d’origine algérienne garnit ainsi son armoire à trophées après avoir surtout connu les places d’honneur et titres honorifiques avec l’Olympique de Marseille (2004-2008) et Arsenal.

Sur les pelouses anglaises, le tricolore affiche souvent son plus beau visage, même s’il lui arrive aussi de passer à côté de son sujet. « J’ai envie de le frapper, ironise d’ailleurs son premier coach à Manchester, l’Italien Roberto Mancini, après une grande prestation. Un joueur comme lui devrait toujours jouer comme ça. Il devrait seulement avoir le droit à un mauvais match de temps en temps. C’est anormal qu’un élément de sa qualité n’évolue pas à ce niveau constamment ».

Cette inconstance ne passe pas auprès de Pep Guardiola, nommé entraîneur de City en 2016 à la suite du Chilien Manuel Pellegrini. Après avoir été prêté une saison en Espagne, Nasri est en effet poussé vers la sortie par le technicien catalan. L’ex-grand espoir du football français trouve une issue lucrative en Turquie, aux côtés du Camerounais Samuel Eto’o notamment. Mais, au bout de quelques mois, Antalyaspor est en proie à des soucis financiers et décide de s’en séparer.

Bref, un nouveau couac pour celui qui a été désigné tout aussi prématurément comme le « nouveau Zidane »…

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