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Publié le • Modifié le

Le référendum catalan divise aussi le sport espagnol

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Des milliers de Catalans ont manifesté le 11 septembre 2017 à Barcelone pour revendiquer l'indépendance de leur région et demander la tenue du referendum d'autodétermination le 1er octobre. PAU BARRENA / AFP

Alors que la Catalogne vote ce dimanche pour un référendum sur la question de l’indépendance déclaré illégal par Madrid, de nombreux sportifs se sont positionnés sur le sujet. A l’image de la société ibérique, ils sont profondément divisés sur une potentielle indépendance de la Catalogne qui pourrait avoir des conséquences énormes sur le sport espagnol.


Le monde du sport reste souvent bien silencieux sur les questions politiques, mais pas cette fois. Alors que la Catalogne est appelée à voter ce dimanche 1er octobre pour un referendum sur l’indépendance de la région, un référendum déclaré illégal par le gouvernement de Madrid, de nombreux sportifs catalans ont apporté leur soutien au « oui », et ce même si cela pourrait avoir de grande conséquence pour le sport catalan.

Le président de la Ligue de football professionnelle espagnole, Javier Tebas, a déjà affirmé que « les clubs catalans ne pourront pas jouer en Liga si l’indépendance est prononcée ». Une déclaration qui n’a pas empêché Gerard Piqué de prendre position en faveur du « oui », tout comme son club, le FC Barcelone, très attaché à l’identité catalane.

« Je n’imagine pas une Liga espagnole sans Barcelone »

« À partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche, nous nous exprimerons pacifiquement. Ne leur donnons aucune excuse. C’est ce qu’ils veulent. Et chantons haut et fort. Nous voterons », a-t-il tweeté. Une prise de position claire en catalan dans le texte, en faveur du référendum sur l’indépendance, pourtant interdit par la justice espagnole. Son partenaire en sélection et meilleur ennemi en club, le défenseur du Real Madrid, Sergio Ramos, n’a pas tardé à lui répondre. « Le tweet de Piqué n’est peut-être pas la meilleure chose à faire si tu ne veux pas être sifflé. Et ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de mieux pour le groupe (de l’équipe d’Espagne), mais chacun est libre de dire ce qu’il pense », a expliqué le Madrilène.

En Espagne, le débat est tellement âpre qu’il a obligé, Zinedine Zidane, l’entraîneur français du Real, la plupart du temps peu prolixe lorsqu’il s’agit de parler politique, à sortir de sa réserve. « Je n’imagine pas une Liga espagnole sans Barcelone. Je ne l’imagine pas, en tant que passionné de football, a affirmé début septembre l’ancien joueur de l’équipe de France. Le Barça doit rester pour toujours dans ce Championnat. Je ne sais pas ce qui va se passer exactement. Il y a des gens pour, des gens contre, c’est un débat compliqué. Mais je ne l’imagine pas. J’espère que cela n’arrivera pas et je ne le souhaite pas ».

Quand la Catalogne remporte la Coupe du monde

Elevé au rang de religion dans la péninsule ibérique, le football serait incontestablement le premier sport à pâtir d’une possible indépendance de la région. La Catalogne possède depuis 1912 une sélection régionale non reconnue par la Fifa et les tensions entre joueurs du Real Madrid et les Catalans du FC Barcelone en sélection espagnole sont un secret de polichinelle. Cela n’a d’ailleurs pas empêché l’Espagne de remporter la Coupe d’Europe, puis la Coupe du Monde en 2010. A l’issue de la compétition, les Barcelonais Carles Puyol et Xavi avaient d’ailleurs brandi le trophée d’une main et le drapeau catalan de l’autre. Les supporters catalans les plus chauvins ne se gênaient pas à l’époque pour affirmer que c’était la Catalogne qui avait remporté la Coupe du monde, tant les joueurs du Barça avaient influé sur le résultat final.

Xavi et Carles Puyol font le tour du stade avec le drapeau catalan après la victoire de l'Espagne à la Coupe du monde 2010. PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Très impliqué dans les revendications indépendantistes de la Catalogne, le FC Barcelone a d’ailleurs signé en tant qu’entité, un « Pacte national pour le référendum ». Son ancien entraîneur, Pep Guardiola, aujourd’hui entraîneur de Manchester City, s’est lui fait le porte-voix de la cause indépendantiste, un combat qu’il mène depuis plusieurs années. « Tout le monde le sait, toute l'Europe le sait, ce que nous voulons, c'est voter, car il ne s'agit pas d'indépendance mais de démocratie, a-t-il déclaré. Je suis convaincu que cela se déroulera de manière civique et que nous allons tous pouvoir voter le 1er octobre. »

Kilian Jornet pour le « oui », Nadal contre le referendum

Mais le monde du football n’est pas le seul à s’être positionné sur le sujet. Le spécialiste de l’ultra-trail, Kilian Jornet a lui aussi posté un tweet sans équivoque : « Quand la répression et l'intimidation répondent aux demandes pacifiques et aux problèmes politiques, on ne peut plus parler d'un État démocratique ».

Preuve de la tension que suscite ce débat aussi bien dans la rue que dans le monde du sport, l’icône du sport espagnol Rafael Nadal a choisi de sortir de son silence, et il s’est lui prononcé contre la tenue du référendum. Dans El Mundo, le Majorquin a même mis l’accent sur l’idée d’une identité nationale. « Je ne pense pas que le référendum du 1er octobre devrait avoir lieu parce les lois sont les lois et chacun se doit de les respecter. Je n'ai pas le droit de griller un feu rouge parce que ce feu rouge ne me paraît pas correct. Je me sens très proche des Catalans, mais je me sens très Espagnol également, a lancé le tennisman. Je n'imagine pas une Espagne sans la Catalogne. Je n'aimerais pas voir ça ». Sportifs ou simples citoyens, les indépendantistes catalans n’ont pourtant pas l’air de l’entendre de cette oreille.