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Publié le • Modifié le

Foot: mort du controversé Chuck Blazer, acteur du Fifagate

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L'Américain Chuck Blazer en 2011. REUTERS/Arnd Wiegmann/File Picture

Chuck Blazer, ancien haut-dirigeant sulfureux du football mondial, est décédé à l'âge de 72 ans des suites d’un cancer, ce 13 juillet 2017 dans le New Jersey. L’Américain, devenu informateur du FBI, a contribué aux révélations qui ont plongé la Fédération internationale de football (Fifa) dans la plus grave crise de son histoire.


L’homme par qui le scandale planétaire à la FIFA est arrivé est décédé, ce 13 juillet 2017 dans le New Jersey. Chuck Blazer, 72 ans, a succombé aux suites d’un cancer du colon. L’information a été divulguée par son avocat Eric Comgold. « Ses fautes, pour lesquelles il a reconnu sa totale responsabilité, ne doivent pas faire oublier l'impact positif qu'a eu Chuck sur le football international », indique le communiqué.

De Chuck Blazer, le monde du foot retiendra pourtant son rôle central dans le « Fifagate », cette série de révélations qui, à partir de mai 2015, a plongé la toute-puissante institution dans une crise sans précédent. Une crise qui a notamment conduit à l’arrestation de nombreuses personnalités et à la démission ainsi qu’à la mise à l’écart de l’omnipotent patron de la Fifa, le Suisse Joseph Blatter, en poste depuis 1998.

Devenu informateur pour le FBI en 2011, Blazer a en effet permis à la justice américaine de mettre à jour un vaste système de corruption au sein du football nord et sud-américain ainsi qu’à la Fifa.

Un homme d’influences

Avant de jouer les taupes, Chuck Blazer a eu un rôle central au sein d’US Soccer, la fédération américaine de football, durant les années 1980. Il contribue ainsi grandement à ce qu’en 1988 les Etats-Unis obtiennent l’organisation de la Coupe du monde 1994, un large succès populaire et commercial.

Durant cette période, l’Américain se lie au Trinidadien Jack Warner, autre personnage incontournable du Fifagate. Ensemble, ils prennent le pouvoir à la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf). Warner devient le président de la Concacaf et Blazer le Secrétaire général. Ce dernier restera chef de l’administration de 1990 à 2011.

Au siège de la Concacaf, à Miami, le New-Yorkais étend son réseau d’influences. En 1997, il intègre ainsi le Comité exécutif de la Fifa, le gouvernement du football mondial. Il y restera jusqu’en 2013.

Informateur pour éviter une centaine d’années de prison

A cette période, le fantasque et replet Blazer est déjà au cœur de plusieurs procédures. En mai 2011, son compère Jack Warner est suspendu par la Fifa de toute activité liée au ballon rond pour corruption. Chuck Blazer s'en sort étrangement quasi-indemne.

L’administrateur est en réalité dans le collimateur du fisc américain pour ne pas avoir déclaré ses impôts entre 2005 et 2010. Chuck Blazer se vantait un peu trop sur un blog, en outre, de son train de vie fastueux, mené en réalité grâce aux millions de dollars de pots de vin reçus des comités de candidature à l'organisation de tournois, dont des Coupes du monde, des diffuseurs TV et autres sociétés de marketing sportif. L’intéressé se déplaçait en jet privé et avait même loué un appartement dans la prestigieuse Trump Tower pour ses chats...

Pour échapper à une peine de prison d’une centaine d’années, le dirigeant accepte d’informer le FBI sur les activités criminelles à la Fifa. Battus par le Qatar pour l’attribution de la Coupe du monde 2022, les Etats-Unis décident en effet de s’attaquer à la Fédération internationale de football.

Un micro planqué à la Fifa

Equipé d’un micro, Chuck Blazer enregistre les conversations compromettantes au sein du Comité exécutif, notamment les demandes de pots-de-vin en échange d’un vote pour tel ou tel pays dans l’attribution des Coupes du monde… Jusqu’en 2013 où diverses révélations sur ses méfaits à la Concacaf entraînent sa chute sportive et judicaire.

En juillet 2015, deux mois après le début du Fifagate, l’Américain est finalement suspendu à vie de toute activité liée au football. Entre temps, celui qu’on surnommait « Monsieur 10% » [de commission, Ndlr] a admis avoir touché illégalement de l’argent dans le cadre de la désignation des pays hôtes pour les Coupes du monde 1998 et 2010.

Chronologie et chiffres clés