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Publié le • Modifié le

Aspartam, Saccharine … Tout savoir sur les édulcorants

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France 24

Chaque semaine, Stéphane Besançon, nutrionniste et directeur de l'ONG Santé Diabète à Bamako au Mali. 


Diara Ndiaye : Pour démarrer cette chronique, pouvez-vous nous rappeler ce que sont les édulcorants ?

Stéphane Besançon : Les édulcorants sont des produits dits « sucrants » qui servent à donner un goût sucré aux aliments. On distingue deux grandes familles de produits :

Les édulcorants dits « massiques » qui diminuent la masse de glucides donc de sucre dans l’alimentation ;

Les édulcorants dits « édulcorants intenses » qui sont des substances qui peuvent être synthétiques (comme l’aspartame par exemple) ou naturelles (comme la stévia par exemple) et qui ont pour rôle de remplacer le goût du sucre dans les aliments.

 

Quelles sont les différences entre ces deux familles d’édulcorants ?

La principale différence entre ces deux familles est d’une part leur apport calorique (c’est-à-dire l’énergie qu’ils apportent quand on les ingère) et d’autre part leur pouvoir sucrant (c’est-à-dire leurs capacités à donner le goût du sucre).

Les édulcorants massiques comme le sorbitol ou le mannitol ont un pouvoir sucrant inférieur à celui du sucre (c’est-à-dire le saccharose) et apportent quasiment les mêmes calories que les sucres classiques.

Les édulcorants intenses comme la saccharine, l’aspartame ou la stévia sont majoritairement acaloriques ce qui veut dire qu’ils n’apportent aucune énergie. Ils sont appelés édulcorants intenses car leurs pouvoirs sucrants est en moyenne entre 150 et 300 fois supérieur à celui du saccharose.

Dans quels aliments retrouve-t-on ces édulcorants ?

On retrouve les édulcorants caloriques dans les bonbons, les chewing-gums ou encore dans le chocolat en tablette vendu sous l’appellation « sans sucre ». Il faut donc bien se rappeler que les produits « sans sucre » que je viens de citer contiennent la même quantité de calories que le produit classique.

Les édulcorants acaloriques sont majoritairement présents dans les produits alimentaires avec l’appellation « allégé ou light » comme les glaces, les boissons ou encore les desserts. Ce sont ces édulcorants qui servent à fabriquer les « sucrettes » qui remplacent le sucre dans le thé ou le café. Leur intérêt est de permettre de consommer des boissons ou d’autres produits au gout sucré sans effet sur la glycémie et sans apport calorique.

Est-ce qu’il y a des risques à consommer ces produits ?

Les controverses sur les édulcorants concernent principalement deux produits : la saccharine et l’aspartame. Pour la saccharine, qui est un édulcorant ancien qui se présente sous forme d’une poudre blanche, les nombreuses études internationales ont démontré qu’aux doses recommandées par l’Organisation Mondiale de la Santé il n’y avait pas de risque. Pour l’aspartame, il y a effectivement des risques, notamment de développer certains cancers, mais ceci apparaissent au-dessus d’une dose journalière qui correspond à une consommation supérieure à 10 canettes de boissons par jour. Donc là aussi si l’on reste dans une consommation raisonnable, il n’y a pas de risques à consommer de l’aspartame.

 

Est-ce que l’utilisation des édulcorants permet de perdre du poids ?

La majorité des études scientifiques ont montré que l’emploi d’édulcorants ne permet pas d’enrayer la croissance de l’épidémie d’obésité. En effet, il ne faut pas oublier que la famille des édulcorants massiques apporte des calories et que par conséquent les aliments « sans sucre » dans lesquels on les retrouve, comme les bonbons, chewing-gums ou encore le chocolat en tablette, contiennent la même quantité de calories que le produit classique. Ensuite, les édulcorants intenses n’apportent pas de calories mais par contre ils sont soupçonnés de tromper l’organisme qui n’est pas rassasié comme s’il prenait du sucre. Et enfin, le problème majeur est que ces produits ne permettent pas de modifier profondément les habitudes alimentaires, ce qui permettrait de lutter plus efficacement contre le surpoids et l’obésité.

 

Pour poursuivre les échanges sur cette chronique rendez-vous sur :

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