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Etats-Unis Santé et Médecine

Publié le • Modifié le

Etats-Unis: une fillette naît d’un embryon congelé pendant 24 ans

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Les nouveaux parents avaient sélectionné l'embryon sur la base de ses caractéristiques génétiques, sans savoir depuis combien de temps il avait été congelé. Flickr/ Denis-Carl Robidoux

C'est un pas de plus dans la recherche sur la fécondation in vitro. Une Américaine a donné naissance à une fillette issue d'un embryon congelé pendant 24 ans. Le bébé est en bonne santé.


Après 24 ans de congélation sous forme embryonnaire, la petite Emma a vu le jour aux Etats-Unis. Pour cette petite prouesse, les médecins ont utilisé la cryoconservation, une technique par laquelle l'embryon est conservé à très basse température (moins 196 degrés). Ce procédé a permis de bloquer le développement de cet ovule fécondé par un spermatozoïde pendant 24 ans.

L’embryon a finalement pu être utilisé par des parents stériles, qui ont à peu près l'âge de cet embryon, issu de donneurs anonymes. « Nous aurions pu être meilleures amies », s’est ainsi réjouie la jeune mère Tina Gibson, dans les médias américains.

La petite Emma Wren pèse 3 kilos et elle est en bonne santé, selon les médecins qui ont participé à l'opération. Le directeur de l'hôpital parle donc d'une formidable avancée scientifique.

Une situation impossible en France

En France, une telle situation ne pourrait pas se produire. La durée de conservation des embryons est de cinq ans maximum. De plus, l'ovule ou le spermatozoïde doivent également venir d'un des deux parents. Aux Etats-Unis, les femmes peuvent également congeler leurs ovocytes non fécondés alors que la question fait toujours débat en France.

La loi française interdit l'auto-congélation des ovocytes sauf dans des cas très rares. Impossible donc pour une femme de les faire conserver pour les réutiliser plus tard.

« On sait pertinemment que l'âge influe négativement sur la production d'ovocytes suscpetibles de devenir des enfants. Pourquoi s'opposer à l'auto-conservation des ovocytes, si une femme le désir, du moment qu'elle est informée ? », estime le professeur René Frydman, qui a réalisé la première Fécondation in vitro en 1982.

Aider les femmes jeunes à avoir des enfants

Le comité d'éthique s'est prononcé en juin contre cette pratique, autorisée en Espagne, en Italie ou en Grande-Bretagne. Mais pour Edith Laplane, gynécologue à Marseille, on se trompe de débat. La vie en entreprise, L'accélération des modes de vie, c'est ce qui empêche les femmes d'avoir des enfants plus tôt. « Qu'on aide les femmes jeunes à avoir des enfants et on n'aura plus ce problème de quelques femmes de 35 ans qui auront besoin d'ovocytes congelés », explique-t-elle.

La proposition a des airs de retour en arrière. « De quel droit est-ce qu'on peut prendre une décision pour les autres à partir du moment où c'est le libre choix informé. Mais décider pour les autres de son mode de vie, c'est quelque chose qui est derrière nous et non devant », rappelle encore René Frydman. Un sujet bientôt, pour la ministre de la Santé Agnès Buzyn. L'élaboration d'une nouvelle loi de bioéthique est prévue en 2018.

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