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ONU Océans Agriculture et Pêche

Publié le • Modifié le

Un pacte entre industriels pour lutter contre la pêche illégale

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Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres (g) lors de son discours d'ouverture de la Conférence sur les océans, à New-York, le 5 juin 2017. REUTERS/Carlo Allegri

Le secteur de la pêche se mobilise contre les fraudeurs. Une cinquantaine de grandes entreprises ont signé, lundi 5 juin, un accord visant à mettre fin à la pêche illégale du thon d'ici 2020. Un pacte dévoilé lors de l'ouverture de la première Conférence sur les océans organisée par les Nations unies, à New York, du 5 au 9 juin 2017. En luttant contre les prises clandestines grâce aux nouvelles technologies, il s'agit de « protéger la santé des océans et les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs », peut-on lire dans un communiqué.


Suivre chaque thon pêché de sa sortie de l'eau jusqu'à l'usine de transformation ou l'étal du poissonnier, c'est l'objectif de cet accord afin de bannir des marchés les poissons pêchés clandestinement. « On dispose déjà de beaucoup d'outils, comme les satellites notamment », afin d'assurer la traçabilité des poissons, explique Dominic Waughray, responsable des partenariats public-privé au Forum économique mondial. « La technologie évolue extrêmement vite. Donc on va en avoir d'autres très rapidement. Les drones, par exemple, sont de plus en plus nombreux. Ils permettent de prendre de meilleures photos que les satellites et coûtent moins cher. » Toutes ces informations vont alimenter une base de données à laquelle auront accès les gouvernements, les entreprises, les associations et la société civile. « Cela permettra de saisir l'ampleur du problème et de mieux le contrôler », détaille Dominic Waughray.

24 milliards de dollars de manque à gagner

Il y a urgence à agir, car les conséquences des prises illégales sont désastreuses. Chaque année, elles privent les pêcheurs de 24 milliards de dollars. Elles endommagent aussi les fonds marins et nuisent au rétablissement des stocks. « C'est comme si vous étiez un fermier et que chaque nuit, quelqu'un venait voler le blé, le maïs ou les pommes de terre que vous faites pousser », illustre Dominic Waughray. « Cela vous fait perdre de l'argent. Mais pire encore, à chaque fois, les voleurs massacrent votre champ et abîment vos terres. C'est la même chose pour les pêcheurs de ces pays. Avec la régulation mise en place et leur savoir-faire traditionnel, ils gèrent de façon durable les ressources marines. Mais ces grands bateaux débarquent et pêchent énormément de poissons illégalement. Non seulement cela représente un manque à gagner financier, mais ils endommagent aussi les moyens de subsistance des populations. Des scientifiques ont démontré que pour 10 tonnes de poissons pêchées illégalement, 4 tonnes de ressources marines (des tortues, des dauphins, toute sorte d'organismes marins...) sont détruites. »

Repenser la filière ?

C'est, donc, pour lutter contre ce fléau que des géants du secteur se sont engagés. Parmi les signataires du pacte, on trouve notamment le thaïlandais Thai Union, numéro trois mondial du poisson en boîte, l’entreprise française Sodexo, l'enseigne britannique Mark and Spencer ou ou bien encore la chaîne de supermarchés espagnole Mercadona. Claire Nouvian, directrice de l'association Bloom, salue cette preuve de bonne volonté. Mais elle appelle les acteurs de la filière à une réflexion plus profonde : « On est en surcapacité de production en Europe et dans le monde occidental et industriel depuis bien longtemps, et on exporte notre outil surdimensionné de pêche vers des zones qui sont encore poissonneuses, à savoir l'océan Indien et les côtes de l'Afrique. Les industriels payent entre 2 et à 4% du prix du poisson par rapport à sa valeur réelle sur les marchés. Le complément est apporté par l'Union européenne sous forme d'accords de pêche. » Et d'insister : « Cela pose de vraies questions de sécurité alimentaire et de durabilité sociale, mais aussi écologique ».

Pour l'instant, la Commission européenne s'est juste engagée à éliminer la pêche illégale en Méditerranée, d'ici 2020. Avec une quinzaine de pays, dont la France, l'Italie et la Turquie, elle a signé la déclaration de Malte, dite « MedFish4Ever », en mars 2017.

► A consulter : Conférence sur les océans du 5-9 juin 2017 - Nations Unies, New York