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Tchad

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Situation géographique
Pays d’Afrique centrale de 1 284 000 km², le Tchad est frontalier de la Libye au nord, du Soudan à l’est, de la Centrafrique au sud, du Cameroun au sud-ouest, du Nigeria et du Niger à l’ouest.

Capitale : N’Djamena (1,09 million d'habitants)

Régime politique : République

Démographie
Population totale : 12,4 millions d’habitants
Densité : 9,69 hab./km²
Indice de fécondité : 6,4
Croissance démographique : 2,59 %
Espérance de vie : Femmes : 51,6 ans - Hommes : 49,9 ans

Société
Ethnies : Toubous, Saras, Peuls, Arabes…
Langues : arabe (officielle), français, sara…
Religions : musulmans (51 %), chrétiens (31 %), animistes (7 %)
Alphabétisation : 35 %
Développement humain : 184e / 187 pays (PNUD 2014)

Economie
Monnaie : franc CFA
Croissance : 3,9 % (2013)
Inflation : 0,2 %
PIB par habitant : 885 $
Dette publique : 27,9 % du PIB

Chronologie
11 août 1960 : indépendance du Tchad. François Tombalbaye est président.
1968-72 : le gouvernement tchadien fait appel aux troupes françaises pour réprimer la rébellion des Toubous.
1975 : Tombalbaye est assassiné. Le général Félix Malloum prend le pouvoir. Formation d’un gouvernement d’union nationale de transition (Gunt) présidé par Goukouni Weddeye. Hissène Habré y occupe le ministère de la défense.
1980 : Hissène Habré est destitué pour rébellion. La Libye soutient le Gunt.
1982 : un coup d’Etat porte Hissène Habré au pouvoir.
1986 : la France envoie des troupes défendre le gouvernement (opération « Epervier »).
1990 : Hissène Habré est renversé au profit d’Idriss Déby.
1996 : Idriss Déby est élu président lors du premier scrutin multipartiste.
1998 : rébellion dans le Tibesti.
2001 : Idriss Déby est réélu. Il le sera à nouveau en 2006.
2007 : le 25 octobre, l'association l'Arche de Zoé échoue dans sa tentative d'exfiltrer illégalement du Tchad vers la France 103 enfants, présentés comme orphelins du Darfour à leurs éventuels parents adoptifs. Six Français sont condamnés par N'Djamena le 26 décembre à huit ans de prison assortis de travaux forcés pour «tentative d’enlèvement». Ils sont rapatriés en France deux jours plus tard.

2008
28 janvier : l'Union européenne approuve l'envoi d'une force de paix (Eufor) dans l'est et le nord-est du pays. Ce même jour, la justice française prononce une peine de substitution de huit ans de prison à l'encontre des responsables de l'Arche de Zoé.
2 et 3 février : attaques de rebelles partis de la frontière soudanaise. Le Soudan nie toute implication.
31 mars : les six Français sont libérés des différents établissements pénitentiaires français, après la grâce du président tchadien.
15 août : Hissène Habré et onze chefs rebelles sont condamnés à mort par contumace pour "atteinte à la sécurité de l'Etat".

2009
5 mai : conflit entre l’Union des forces de la résistance (UFR), mouvement rebelle, et les forces gouvernementales.
25 juillet : un accord de paix est signé entre le gouvernement et le Mouvement national, une coalition de trois rébellions, à Tripoli, en Libye.

2011
25 avril : élection présidentielle, Idriss Déby Itno entame un 4ème mandat.

2012
22 août : un accord est signé entre le Sénégal et l'Union africaine concernant la création d'un tribunal spécial pour juger l'ex-président tchadien Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et tortures. Une vingtaine de familles françaises s'étant constituée partie civile, six membres de l'Arche de Zoé sont jugés en correctionnelle à Paris du 3 au 12 décembre pour «escroquerie», «exercice illicite de l’activité d’intermédiaire pour l’adoption» et «aide au séjour irrégulier».

2013
1er au 9 mai : de nombreuses arrestations d'opposants et de journalistes sous l'accusation de complot contre le président.
30 juin : l'ancien président Hissène Habré, en exil à Dakar, est arrêté et accusé de crimes contre l'humanité.

2014
3 avril : le président Idriss Déby Itno décide du retrait de 850 soldats qui formaient l'un des principaux contingents de la Misca après que l'ONU eut accusé les soldats tchadiens d'avoir tiré sur des civils à Bangui, faisant au moins 24 morts.
16 avril : le gouvernement annonce avoir achevé le retrait de Centrafrique de l'ensemble de son contingent, en dépit des appels de son allié français à revenir sur cette décision.

2015
17 janvier :
un convoi de 400 véhicules militaires tchadiens et des hélicoptères de combat arrivent au Cameroun avec l'objectif de combattre le groupe islamiste nigérian Boko Haram, contre lequel le président tchadien Idriss Deby réclame une "coalition" des Etats d'Afrique centrale.
3 février : les troupes tchadiennes déployées à la frontière camerouno-nigériane entrent dans la ville nigériane de Gamboru après de violents combats contre les islamistes de Boko Haram.
13 février : pour la première fois, les islamistes de Boko Haram lancent une attaque sur le sol tchadien.
6 mars : l'Union africaine annonce avoir entériné la création d'une force régionale de lutte contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram, qui comprendra jusqu'à 10 000 hommes et sera basée à N'Djamena.
9 mars : violente manifestation d'étudiants contre le port du casque obligatoire qui a fait au moins un mort. Le lendemain, le gouvernement annonce que les écoles et universités de N'Djamena sont fermées "jusqu'à nouvel ordre".
25 mars : la cour criminelle spéciale de N'Djamena prononce sept condamnations à perpétuité pour « assassinats » et « tortures » dans le procès des anciens responsables de la DDS, la police politique du régime de l'ex-président Hissène Habré.
15 juin : double attentat suicide à N'Djamena, 38 morts et une centaine de blessés. Le Tchad interdit le port de la burqa pour des raisons de sécurité.
11 juillet : un attentat-suicide à N'Djamena fait au moins 15 morts.
10 octobre : cinq explosions simultanées à Baga Sola, près de la frontière avec le Nigeria dans la région du Lac Tchad, attribuées à l’ex-Boko Haram : au moins 41 morts.
5 décembre : une triple explosion, à Kelfoua, une île du Lac Tchad, fait une trentaine de morts et plus de 80 blessés, attribuée à l'ex-Boko Haram, rebaptisé Etat islamique en Afrique de l'Ouest. Les trois kamikazes se sont fait exploser en plein marché.

2016
30 janvier : le président Idriss Déby prend la tête de l'Union africaine pour un mandat d'un an.
31 janvier : deux attentats-suicides font trois morts et une cinquantaine de blessés dans une région où le groupe islamiste Boko Haram multiplie les attaques.
29 mars : grève illimitée à l’appel de l’Union des syndicats du Tchad, membre de la Coalition de la société civile « Ça suffit », qui milite contre une candidature du chef de l’Etat à la présidentielle du 10 avril prochain.
10 avril : avec 61,56 % des voix récoltées au 1er tour, Idriss Déby Itno est officiellement le nouveau président, pour la 5ème fois et 26 ans après sa 1ère victoire. Le Conseil constitutionnel valide les résultats le 3 mai, lui attribuant 59,92 % des voix. Investiture le 8 août.
20 avril : inquiétude chez les familles des membres des forces de sécurité dont on est sans nouvelle depuis l'élection présidentielle. L'opposition parle d'une soixantaine de personnes qui manquent à l'appel, avec un point commun : ils n'auraient pas voté pour le président sortant Idriss Déby à la présidentielle. Ils réapparaitront courant mai.
29 avril : alors que la Ceni a annoncé la réélection du président sortant au ‎premier tour, l'opposition publie des chiffres qui imposent un 2nd tour sans Idriss Deby.
30 mai : 25 ans après sa chute, l'ancien président Hissène Habré, jugé par un tribunal spécial au Sénégal, est reconnu coupable de viols, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre et condamné à la prison à vie. Les avocats commis d'office font appel le 10 juin. Réuni fin juillet, le Tribunal spécial condamne Hissène Habré à verser des réparations individuelles, entre 10 et 20 millions de francs CFA (entre 15 000 et 30 000 euros) par victime.
12 juillet : l’opposant et député Ngarledji Yorongar dépose une plainte au tribunal de grande instance de Paris pour des faits d’enlèvement et de torture. Objectif : faire en sorte qu’une enquête soit ouverte en France, en vertu du principe de compétence universelle pour les infractions de torture.
18 juillet : l’ONG Internet sans frontières publie avec 16 autres organisations une lettre ouverte au gouvernement, suite aux coupures discontinues des réseaux sociaux depuis trois mois. L'objectif est rétablir l'accès à ces sites et rappeler à l’Etat ses engagements internationaux.
20 juillet : l'UNESCO classe le massif de l’Ennedi Patrimoine mondial de l'humanité. Il s’agit d’un plateau de grès, formé de canyons et de falaises, dans le nord-est du pays avec de nombreuses peintures rupestres gravées sur la surface rocheuse de grottes datées de plus de 7 000 ans.
27 juillet : 29 partis d'opposition créent le Fonac, le Front de l'opposition nouvelle pour l'alternance et le changement. Dans un communiqué, il appelle les Tchadiens à «se lever comme un seul homme» contre le 5ème mandat du président Idriss Déby Itno, qu'il estime illégitime et illégal.
8 août : au pouvoir depuis 26 ans, le président tchadien Idriss Déby est investi au poste de président de la République pour un cinquième mandat.
14 août : une semaine après sa reconduction au poste de Premier ministre, Albert Pahimi Padacké compose son cabinet, composé de 38 membres, dont sept femmes.
29 août : en raison de la crise économique que traverse le pays, les députés sont amenés à réduire de moitié leurs indemnités, décision approuvée par la direction de l’Assemblée nationale.
22 septembre : les étudiants des universités et instituts publics en colère après l’annonce de la suppression des bourses d’études, une des seize mesures prises par le gouvernement pour faire face à la crise économique que traverse le pays. Le 28, colère chez les syndicats, suite à l'annonce du gouvernement concernant la suppression des primes des fonctionnaires pour une période de 18 mois. Initialement prévue de 80 %, elle sera ramenée à 50 %.
28 octobre : les magistrats suivent le mouvement de protestation des syndicats depuis plusieurs semaines contre la réduction des indemnités des travailleurs. Après avoir demandé en vain au gouvernement de retirer le décret portant sur la réduction des indemnités parce que celui-ci est illégal, ils décident de se mettre en grève pour deux semaines.
26 novembre : au moins cinq personnes sont mortes lors d’affrontements entre deux familles sur fond de rivalités communautaires. Au centre du différend, la mort d’un jeune adolescent à la fin d’un match de football dans le nord de la capitale N’Djamena le 24 novembre.
24 décembre : le gouvernement durcit le ton contre les travailleurs en grève depuis trois mois contre le retard dans le paiement des arriérés de salaire et la réduction des indemnités des fonctionnaires. Malgré les critiques des syndicats, il confirme son intention de modifier la loi sur le régime de grève. Un projet qui prévoit que les fonctionnaires ne soient plus payés pendant les jours chômés sera approuvé le 30 décembre.

2017
5 janvier : création du «Mouvement pour l'éveil citoyen», le Méci, une vaste plateforme, inédite au Tchad, qui rassemble non seulement les principaux partis d'opposition, mais aussi les grandes organisations de la société civile (syndicats, défenseurs des droits de l'homme, avocats, etc.). Le Méci vient de lancer ses activités, ce qui n'est pas du goût du parti au pouvoir qui dénonce, dans un communiqué, «un attelage contre nature aux objectifs séditieux», «un mélange des genres». Le Méci sera interdit quelques jours plus tard.
30 janvier : le chef de la diplomatie tchadienne Moussa Faki Mahamat, 56 ans, est élu à la tête de la Commission de l'Union africaine, succèdant à la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma.
2 février : le président Idriss Déby annonce que les élections législatives n'auront pas lieu avant 2019, pour des raisons pratiques, en raison de la crise que traverse le pays.
8 avril : après plus de quatre mois de paralysie et de crise sociale, le gouvernement et les syndicats sont arrivés à un accord, avec le principe d'un comité tripartite, composé de membres du gouvernement, du patronat et des syndicats. Un comité qui devra relire les deux points les plus polémiques de la loi : la restriction du droit de grève et la réduction de 50 % des primes des fonctionnaires.
13 avril : sans pension depuis un an, les retraités se mobilisent.
25 avril : les ambassadeurs de l'Union européenne, de la France, de l'Allemagne, de la Suisse et des Etats-Unis se disent préoccupés par les violations des droits de l'homme et des libertés dans le pays.
27 avril : condamnation à la prison à vie pour crimes contre l'humanité confirmée dans le procès en appel de l'ex-président tchadien Hissène Habré, déjà condamné en 2016, devant un tribunal spécial africain à Dakar.
3 juillet : le Parti socialiste sans frontière dépose une plainte pour haute trahison auprès de la Haute Cour de justice contre le président Idriss Déby Itno, suite aux propos tenus par le chef de l'Etat le 25 juin dernier, au cours d'une interview à RFI, TV5 et le journal Le Monde dans laquel il affirmait avoir été obligé de se maintenir au pouvoir.
18 octobre : le Tchad entre dans la liste des pays concernés par les interdictions de visas américains.
23 octobre : après avoir observé une grève de trois jours, les magistrats ont décidé de reconduire le mouvement encore une semaine, pour exiger plus d’égards de la part des autorités. Coupes abusives de leurs indemnités, absence de réponse à leurs revendications, les magistrats disent en avoir assez.
30 octobre : 1ère opération, intitulée "Hawbi", conduite par la Force antiterroriste G5 Sahel, constituée par le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad qui pourrait compter jusqu'à 5 000 hommes répartis en sept bataillons.
13 novembre : le président Idriss Déby annonce un retour aux années avant pétrole, et appelle à investir dans le monde rural et oublier le pétrole. Le chef de l'Etat a aussi indiqué que pour les fonctionnaires, il faut envisager la fin des augmentations de salaire.
15 décembre : le Premier ministre invite les partis d'opposition, de la majorité et la société civile à désigner leurs représentants au comité d'organisation du forum qui permettra l'adoption d'une nouvelle Constitution. Les trois coalitions de l'opposition annoncent qu'elles n'y participeront pas, "l'urgence pour le Tchad est ailleurs".
24 décembre : le gouvernement est remanié, la nouvelle équipe du Premier ministre Albert Pahimi Padacké est réduite en raison de l'austérité.

2018
7 janvier : le gouvernement décide d'augmenter le prix du carburant et de réduire les salaires des fonctionnaires : quatre regroupements de partis politiques publient une déclaration pour désapprouver ces décisions et appeler le gouvernement à la raison.
4 février : l'archevêque de Ndjamena Monseigneur Edmond Djitangar sort de sa réserve pour dénoncer l'absence de dialogue dans la crise que traverse que pays. Depuis plus d'une semaine, les administrations, les écoles et divers établissements du service public sont paralysés par une grève générale pour dénoncer une baisse des primes et indemnités des salaires des fonctionnaires, conséquence de la loi de finances 2018. Les employés du secteur privé ont également rejoint le mouvement pour deux jours. Le collectif des syndicats du secteur privé et parapublic proteste ainsi contre des augmentations d'impôt prévues dans cette même loi de finances 2018.

Documentation RFI, mars 2018