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Soudan

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Latifa Mouaoued/RFI

Situation géographique
Pays d’Afrique orientale de 1 886 068 km², le Soudan est frontalier de l’Erythrée et de l’Ethiopie à l’est, du Sud Soudan, de la Centrafrique et du Tchad à l’ouest, de la Libye et de l’Egypte au nord. L’agriculture est la principale ressource du pays.

Capitale : Khartoum (2,6 millions d’habitants)

Régime politique : République fédérale

Démographie
Population totale : 39, 3 millions d’habitants
Densité : 20,7 hab./km²
Croissance démographique : 2 %
Espérance de vie : 62 ans

Société
Ethnies : Arabes, Nubiens, Bejas, Dinkas, Nuers, Chillouks
Langues : arabe (officielle), anglais, dinka, nuer, chillouk
Religions : musulmans sunnites (96,7%), chrétiens (3 %), animistes.
Alphabétisation : 73 %
Développement humain : 166e/187 pays (PNUD 2014)

Economie
Monnaie : livre soudanaise
Croissance : 3,8 % (Coface, 2015)
Inflation : 34 %
PIB par habitant : 1 781 $
Dette publique : 102,9 % du PIB

Chronologie
1er janvier 1956 : indépendance de la République du Soudan, condominium anglo-égyptien.
1958 : un coup d’Etat renverse Abdullah Khalil au profit d’Ibrahim Daoud.
1964 : renversement du régime Daoud. Mise en place d’un régime parlementaire.
1969 : coup d’Etat dirigé par le colonel Gaafar al-Nimeyri. Il restera au pouvoir jusqu’en 1985.
1972 : accord d’Addis-Abeba qui met fin à 17 ans de guerre civile et octroie au sud un statut d’autonomie.
1983 : début de la guerre de rébellion menée par l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), mouvement fondé par John Garang après la suppression de l’autonomie du Sud.
1985 : coup d’Etat qui destitue Nimeyri.
1986 : Sadek al-Mahdi devient Premier ministre à l’issue d’élections démocratiques. Gel de la charia.
1989 : coup d’Etat qui porte Omar el-Béchir au pouvoir. Restauration de la charia dans le nord.
1999 : dissolution du Parlement. Son président, Hassan al-Tourabi, est écarté. Il sera arrêté en 2001.
2003 : rébellion dans le Darfour menée par Mouvement de libération du Soudan (MLS). L’armée soudanaise mène une répression appuyée par des milices arabes pro-gouvernementales, les Janjawids, responsables d’exactions et de massacres contre les populations civiles.
2005 : accord de paix entre le gouvernement et le SPLA, mettant fin au conflit au Sud-Soudan. Formation d’un gouvernement d’union nationale avec les ex-rebelles.
2006 : accord de paix entre le gouvernement et les rebelles du Front de l’est.
2007 : la Cour pénale internationale (CPI) inculpe deux responsables soudanais pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour, et lance deux mandats d’arrêt.
2008 : l’opération des Nations Unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD) devient effective.
2009 : accord de paix entre le gouvernement et le Mouvement pour la justice et l’égalité, mouvement rebelle du Darfour. Le 4 mars, la CPI lance un mandat d’arrêt contre le président Omar el-Béchir pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour.
2010 : réélection d'Omar el-Béchir.
2011 : le 9 janvier, référendum d'autodétermination du Soudan du Sud, plébiscité par 98,83 % des électeurs. L'indépendance est célébrée le 9 juillet 2011. Salva Kiir devient le premier président élu du Soudan du Sud. Le 24 juillet, une nouvelle monnaie est lancée, "la troisième livre soudanaise".
2012 : le 10 février, signature d'un pacte de non-agression avec le Soudan du Sud. Le 1er mars, la CPI émet un mandat d'arrêt contre le ministre de la Défense, Abd el-Rahim Muhammad Hussein pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis au Darfour en 2003 et 2004. Le 13 mars, les deux Soudan signent deux accords portant sur la citoyenneté et les frontières. Après un mois d'avril où les attaques et les bombardements font rage entre les deux pays, le 28 le président Omar el-Béchir décrète l'état d'urgence dans trois Etats frontaliers avec le Soudan du Sud (le Sud-Kordofan, le Nil Blanc et le Sennar). C'est le 27 septembre que les deux pays signent un accord partiel portant sur la création d'une zone démilitarisée et sur le partage de la manne pétrolière.

2013 : Le 12 mars, signature d'un nouvel accord sur le partage de la manne pétrolière entre les deux Soudan.

2014
15 mai : une jeune femme chrétienne est condamnée à la peine de mort par pendaison pour apostasie, provoquant la colère des Etats-Unis et du Royaume-Uni.
17 mai : arrestation du leader d'opposition et ancien Premier ministre, Sadek al-Mahdi, pour avoir accusé une force paramilitaire d'exactions. Il risque la peine de mort. Les journalistes sont interdits d'enquêter et de publier des informations sur l'affaire.
10 juin : les présidents de la Commission, du Conseil et du Parlement européen ainsi que les représentants des principales communautés religieuses en Europe lancent un appel pour la libération de Meriam Yahia Ibrahim Ishag, Soudanaise chrétienne de 27 ans condamnée à mort pour apostasie. Elle est libérée le 23 après l'annulation de sa condamnation à mort mais à nouveau arrêtée le lendemain à l'aéroport, accusée d'usage de faux. Elle trouve refuge le 29 juin à l'ambassade des Etats-Unis et sera accueillie le 24 juillet en Italie par le pape François. Le 31 juillet, elle est accueillie aux Etats-Unis.
5 juillet : au moins 18 personnes sont mortes dans des combats entre tribus au Darfour.
3 octobre : un tribunal d'Oumdourman, ville jumelle de Khartoum, annule l'union d'une fillette mariée à l'âge de cinq ans avec un homme de 43 ans, invoquant "la loi sur le statut personnel qui interdit le mariage des filles avant l'âge de 10 ans".
21 octobre : le président Omar el-Béchir est réélu chef du Parti du Congrès national et sera donc candidat à sa réélection en 2015.
12 novembre : le gouvernement et les rebelles du Kordofan du Sud et du Nil bleu lancent de nouvelles négociations pour mettre fin à plus de trois ans de guerre.

2015
27 avril : le président sortant Omar el-Béchir est réélu avec 94,5 % des suffrages, après les élections présidentielle, parlementaires et régionales qui se sont déroulées du 13 au 16 avril, marquées par une faible participation et un boycott de l'opposition. Investiture le 2 juin.

2016
4 janvier : le gouvernement annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran, alors que les tensions entre pays chiites et sunnites ne cessent de monter depuis l'exécution par l'Arabie saoudite d'un important chef religieux chiite, le cheikh Nimr Baqer al-Nimr.
24 février : l'Afrique du Sud annonce le retrait de ses troupes du Darfour à compter du 1er avril. L'armée sud-africaine est engagée depuis 2008 dans les opérations de maintien de la paix conjointe de l'ONU et de l'UA dans la région.
11-13 avril : les habitants du Darfour sont invités à se prononcer sur le statut administratif de la région lors d'un référendum. Selon les résultats publiés le 23, ils ont choisi de ne rien changer. Mais la légitimité des résultats, comme celle de la consultation, reste controversée.
22 mai : l'ONU annonce que le chef du bureau de Coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) à Khartoum, Ivo Freijsen, est de facto expulsé par les autorités soudanaises puisque ces dernières ont refusé de renouveler son permis de séjour.
9 août : l'Appel du Soudan, une coalition de groupes rebelles, de partis d'opposition et d'organisations de la société civile, signe une feuille de route avec le gouvernement de Omar el-Béchir. L'objectif est de mettre fin aux conflits qui durent depuis au moins cinq ans dans les régions du Darfour, du Nil-Bleu et du Kordofan Sud.
7 septembre : le président Omar el-Béchir annonce que la paix est revenue au Darfour, à l'occasion d'une rencontre à el-Facher, la capitale de l'Etat du Darfour-Nord, avec ses homologues du Tchad, Idriss Deby, et du Qatar, l'émir Tamim Ben Hamad al-Thani. Amnesty international publie le 29 un rapport sur l'utilisation par Khartoum d'armes chimiques dans la région du Jebel Marra, dans l'ouest du Darfour.

2017
13 janvier : le président américain Barack Obama annonce la levée partielle des sanctions économiques contre le Soudan.
26 janvier : l’opposant historique Sadek al-Mahdi de retour après trois ans d'exil.
28 janvier : le Soudan fait partie des sept pays majoritairement musulmans dont les ressortissants sont interdits d'entrée aux Etats-Unis, selon décret du nouveau président américain Donald Trump.
22 février : durant sa visite aux Emirats Arabes Unis, le président soudanais accuse l'Egypte de livrer des armes au Soudan du Sud.
2 mars : le président Omar el-Béchir nomme son propre Premier vice-président Bakri Hassan Saleh Premier ministre, poste qu'il avait lui-même supprimé lors du coup d'Etat contre Jaafar Numeïri et qui l'avait porté au pouvoir en 1989.
7 avril : l'Afrique du Sud est au coeur des débats à la Cour pénale internationale pour ne pas avoir arrêté Omar el-Béchir lorsqu'il s'est rendu à Johannesbourg pour un sommet de l'Union africaine il y a deux ans. Pretoria a fait valoir qu'elle ne l'a pas arrêté, malgré deux mandats d'arrêt de la CPI, pour des raisons, entre autres, diplomatiques. Les procureurs, qui considèrent cet argument comme irrecevable, soutiennent que l'Afrique du Sud était tenue de le faire en tant qu'Etat parti au statut de Rome.
11 mai : présentation du nouveau gouvernement dirigé pour la première fois depuis près de 30 ans par un Premier ministre, composé de 31 ministres et de 43 ministres d'Etat. Sa mission est de tenir jusqu'en 2020, date de la prochaine élection présidentielle. Un gouvernement d'union nationale qui regroupe la majorité de l'opposition mais dont le parti Congrès au pouvoir reste dominant.
30 mai : les combats qui ont repris au Darfour après quelques mois de calme relatif inquiètent l'Union européenne ainsi que la troïka pour le Soudan, composé des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Norvège. Ces pays ont appelé à la fin des combats dans la région du Darfour, dans l'ouest du pays. Ces nouveaux combats entre les forces gouvernementales et une faction rebelle du Darfour ont lieu alors que des négociations de paix se tiennent à Khartoum.
31 mai : signature d'un accord entre le Tchad, le Soudan et le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour le retour des réfugiés du Darfour qui ont trouvé refuge au Tchad.
6 octobre : après 20 ans d'embargo, les Etats-Unis annoncent la levée des sanctions contre le Soudan.
24 novembre : après une rencontre la veille avec le président russe Vladimir Poutine, Omar el-Béchir s'entretient avec le Premier ministre Dmitri Medvedev et signent une série d'accords de coopération dans les secteurs miniers et énergétiques.

2018
6 janvier : le Soudan annonce la fermeture de sa frontière avec l'Erythrée. Cette décision intervient quelques jours après l'instauration par Khartoum de l'état d'urgence dans l'État de Kassala, une région frontalière de ce pays. D'après les autorités soudanaises, la fermeture de la frontière fait partie d'une campagne de lutte contre le trafic d'armes.
8 janvier : les manifestations pour protester contre la hausse du prix du pain se poursuivent. A Khartoum, les forces de sécurité utilisent des gaz lacrymogènes. Les Soudanais manifestent depuis le 5 dans tout le pays. Le 7, un étudiant a été tué au Darfour.
10 janvier : en deux ans, les relations n'ont jamais été aussi tendues entre Le Caire et Khartoum. Le ballet diplomatique actuel dans les capitales de la région est l'illustration d'une crise qui s'étend dans la corne d'Afrique impliquant d'autres pays cherchant à élargir leur influence en mer Rouge. Le Caire et Khartoum s'accusent mutuellement d'atteinte à la sécurité et des axes se forment alors qu'une lutte silencieuse mais visible s'engage.
10 avril : par décret, le président Omar el-Béchir ordonne la libération immédiate de «tous les détenus politiques emprisonnés dans le pays». Militants des droits de l'homme, dirigeants de l'opposition, ou simple manifestants : plus d'une centaine de Soudanais ont été mis derrière les barreaux entre le 13 et le 20 janvier.
11 juin : l'ONU s’apprête à réduire à nouveau le nombre de Casques bleus au Soudan, dans la région du Darfour. La Minuad a été l'une des plus importantes et des plus coûteuses de toutes les opérations de maintien de la paix.
2 août : la tempête lancée par les déclarations de Sadek al-Mahdi, chef du parti de l'opposition Oumma, fait encore des vagues. Sadek al-Mahdi, qui préside la plus large coalition des partis et des groupes armés au Soudan, Nida'a al-Sudan, (l'appel du Soudan), avait appelé la semaine dernière dans une interview télévisée à régler le dossier du président Omar el-Béchir devant la CPI. La Cour pénale internationale réclame le président el-Béchir depuis 2009 pour des crimes de guerre et contre l'humanité.
10 août : réunis en congrès, les leaders du Parti du congrès national désignent Omar el-Béchir comme étant leur unique candidat à la présidentielle de 2020. S'il est élu, cela représentera son 3e mandat à la tête de l'Etat soudanais, en contradiction avec les lois du pays, la Constitution de 2005 limitant le nombre de mandat présidentiels à deux.
16 août : le Soudan et l'Ethiopie signent un nouvel accord prévoyant le retrait de leurs troupes respectives afin d'apaiser les tensions, suite à de nouvelles violences en juin dernier.
17 août : réunie en région parisienne, l'opposition soudanaise, représentée par la coalition la plus large du pays, Nidaa al-Sudan, «l'appel du Soudan», appelle la communauté internationale à faire pression sur le président Omar el-Béchir pour qu'il ne se représente pas lors de la présidentielle de 2020.
15 septembre : prestation de serment du nouveau gouvernement, formé après le limogeage de l'ancien cabinet par le président Omar el-Béchir semaine dernière, dans un contexte de difficultés économiques croissantes.
6 décembre : signature à Berlin d'un accord de principe en préambule des prochaines négociations de paix au Darfour. Le texte a été adopté par deux mouvements rebelles du Darfour - le mouvement Justice et égalité (JEM) et la faction de l'Armée de libération du Soudan- Menni Menawi (SLA-MM), et Amin Hassan al Omari, le chargé de négociations du pouvoir soudanais.
18 décembre : le gouvernement annonce la hausse du prix du pain, ce qui provoque des manifestations dans plusieurs villes du Soudan pendant plusieurs jours. Huit manifestants ont été tués lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.
23 décembre : 5ème jour de la vague de manifestations contre la hausse du prix du pain qui ont fait au moins huit morts, 22 selon l'opposition. Alors que la population est une fois de plus sortie dans les rues dans certaines villes, certaines professions ont appelé à des mouvements de grève, comme les médecins. L'état d'urgence est décrété dans plusieurs villes.
25 décembre : Amnesty international annonce que 37 personnes ont été tuées par les forces de l'ordre durant les manifestations qui ont touché 12 villes et 10 Etats. Cette contestation est l'une des plus importantes en trois décennies de pouvoir d'Omar el-Béchir. L'opposition soudanaise a rejoint les manifestants mais un important dispositif sécuritaire a empêché les manifestants de progresser vers le palais présidentiel comme ils avaient l'intention.
28 décembre : de nouvelles manifestations dans plusieurs villes où les forces de l’ordre ont à nouveau fait usage de gaz lacrymogène et de balles réelles.

2019
1er janvier : le président Omar el-Béchir, lors d'un discours prononcé à l'occasion du 63e anniversaire de l'indépendance du Soudan, se dit «confiant dans la capacité à surmonter les défis économiques».
3 janvier : alors que le pays se prépare à une nouvelle vague de contestation, le président Omar el-Béchir affirme dans une allocution que son pays était l'objet d'un complot, d'une guerre qui le vise et de sanctions économiques qui durent depuis plus de vingt ans. Il a, de fait, ignoré les demandes de l'opposition, qui réclame son départ et l'instauration d'un gouvernement transitoire pour organise des élections.
7 janvier : le ministre de l'Intérieur indique au Parlement que 816 manifestants ont été arrêtés depuis le début du mouvement de contestation.
28 janvier : des «instructeurs militaires» russes sont bien présents au Soudan aux côtés des forces gouvernementales et du président Omar el-Béchir, confirme le Kremlin.
22 février : le président Omar el-Béchir limoge le gouvernement et déclare l'état d'urgence dans tout le pays.
1er mars : Omar el-Béchir, qui règne sans partage sur le Soudan depuis son coup d’Etat, il y a trois décennies, remet temporairement la direction de son parti, le Congrès National (al Mo'tamar), à son vice-président. Le chef de l'Etat soudanais qui dirige le parti depuis sa création en 1998, est contraint à faire cette concession face au mouvement de contestation inédit qui dure depuis le 19 décembre.
8 mars : le président Omar el-Béchir ordonne la libération de toutes les femmes détenues pour avoir participé aux manifestations contre son régime. Depuis la mise en place de l’état d’urgence, des tribunaux exceptionnels jugent les manifestants. Parmi les plus de 1000 personnes jugées, selon l’opposition, on retrouve des femmes, souvent condamnées à être fouettées.
14 mars : un nouveau gouvernement prête serment et devra s’attaquer aux problèmes économiques.
1er avril : devant le Parlement, le président Omar el-Béchir appelle tous les partis à un dialogue national lancé en 2015. C'est dans un contexte de crise que le parti Congrès -au pouvoir- a reporté son congrès national prévu à l'origine ce mois-ci. Il devait surtout nommer un successeur à Omar el-Béchir.
7 avril : pour la deuxième journée consécutive, des milliers de Soudanais se rassemblent devant le siège de l'armée. Les forces de sécurité ont essayé de les déloger, mais malgré les tirs de gaz lacrymogènes, les manifestants soudanais ont tenu bon.
9 avril : des milliers de manifestants se rassemblent devant le QG de l’armée, dans le centre de Khartoum, pour la quatrième journée consécutive. Les manifestants ont installé des tentes, ils vivent là et fêtent la parole libérée. Parmi eux, une femme vêtue de blanc, Alaa Salah, est devenue le symbole de cette révolution.
11 avril : le ministre de la Défense annonce la destitution d'Omar el-Béchir à la télévision nationale, après quatre mois de contestation populaire. Le général Awad Ibn Auf, ministre de la Défense et vice-président, est nommé à la tête du Conseil militaire de transition ; le chef d'état-major de l'armée, le général Kamal Abdelmarouf, est nommé adjoint du Conseil militaire de transition.
12 avril : les Soudanais descendus dans les rues ne veulent pas du conseil militaire mis en place pour la transition. Le nouveau pouvoir promet le dialogue et un futur «gouvernement civil» et indique qu'Omar el-Béchir ne sera pas livré à la justice internationale. Le soir, le chef du Conseil militaire de transition annonce sa démission et son remplacement par le général Abdel Fattah Abdelrahman Burhan.
13 avril : le nouveau chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah Abdelrahman Burhan et nouvel homme fort du pays, prend une série d’engagements quelques heures après sa nomination, comme la levée du couvre-feu et la libération de tous les manifestants arrêtés ces dernières semaines. Une première rencontre a eu lieu entre l'opposition, l'Association des professionnels soudanais, fer-de-lance de la contestation, et les militaires.
15 avril : l'Union africaine lance un ultimatum : elle laisse 15 jours à l'armée pour remettre le pouvoir aux civils, sans quoi le pays serait suspendu de l'organisation continentale. Cette décision intervient alors que la pression de la rue continue contre le Conseil militaire.
16 avril : l'ex-président Omar Hassan el-Béchir est transféré à la prison de Kober, dans le nord de Khartoum.

Service de la Documentation RFI, avril 2019