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Pologne

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Situation géographique

Latifa Mouaoued/RFI

Pays d'Europe centrale de 312 685 km² bordé au nord par la mer Baltique, la Pologne est frontalière de l'Allemagne à l'ouest, de la République tchèque et de la Slovaquie au sud, de l'Ukraine et de la Biélorussie à l'est, de la Lituanie et de l'enclave russe de Kaliningrad au nord.

Capitale : Varsovie (1,7 million d'habitants)

Régime politique : République

Démographie
Population totale : 38,53 millions d'habitants
Indice de fécondité : 1,3
Croissance démographique : 1,9 %
Densité : 123,24 hab/km²
Espérance de vie : femmes : 81 ans - hommes : 73 ans

Société
Langue : polonais
Religions : catholiques (90 %), orthodoxes
Développement humain : 35e / 186 pays (PNUD 2014)

Union européenne
Année d'adhésion : 2004
Nombre de députés au Parlement européen : 51 / 736

Economie
Monnaie : zloty
Croissance : - 3,17 % (2012)
Dette publique : 56,3 % du PIB
PIB par habitant : 13 352 $
Inflation : 4,2 %

Chronologie
XVIe siècle : apogée du royaume de Pologne.
1772-1795 : partages successifs de la Pologne, qui disparaît de la carte, entre l'Autriche, la Prusse et la Russie.
1807 : création par Napoléon Ier du Grand-duché de Varsovie.
1815 : nouveau partage entre les trois grandes puissances au Congrès de Vienne.
1918 : reconstitution de la Pologne et proclamation d'indépendance après la défaite de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie à la fin de la Première Guerre mondiale.
1939 : invasion par l'Allemagne nazie et l'URSS, qui se partagent le pays. L'occupant allemand enferme les Juifs dans des ghettos et installe en territoire polonais les camps d'extermination.
1940 : massacre de Katyn (Russie). 22 000 Polonais, militaires et civils, sont exécutés par le NKVD, la police secrète soviétique, sur ordre de Staline.
1944 : insurrection de Varsovie lancée par la résistance polonaise, finalement écrasée par l'armée allemande.
1945 : libération de la Pologne, rétablie dans de nouvelles frontières fixées lors des conférences de Yalta et de Potsdam. Formation d'un gouvernement d'unité nationale.
1947 : prise de pouvoir des communistes, sous influence soviétique, après des élections truquées.
1952 : nouvelle Constitution qui instaure une république populaire.
1956 : soulèvement de Poznań. Une grève des ouvriers, protestant contre la dégradation de leurs conditions de vie, se transforme en insurrection contre le régime communiste.
1980 : accords de Gdansk, signés par le gouvernement et le leader ouvrier Lech Walesa, qui autorisent la création de syndicats indépendants. Fondation du syndicat Solidarité par Walesa.
1981 : état de guerre décrété par le général Jaruzelski en décembre. Dissolution de Solidarité, arrestations.
1989 : accords de la Table ronde entre l'opposition et le gouvernement (avril), qui prévoient le rétablissement du pluralisme syndical, la réforme des institutions politiques et l'entrée de l'opposition au Parlement. Après les premières élections semi-démocratiques (juin), qui consacrent la victoire de Solidarité, l'opposant Tadeusz Mazowiecki forme le premier gouvernement non communiste d'après-guerre.
1990 : Lech Walesa remporte la première élection présidentielle au suffrage universel.
1995 : Aleksander Kwasniewski (social-démocrate) est élu président de la République face à Lech Walesa.
1999 : adhésion à l'OTAN.
2000 : réélection d'Aleksander Kwasniewski dès le premier tour.
2001 : victoire des sociaux-démocrates aux élections législatives. Leszek Miller devient Premier ministre.
2004 : adhésion à l'Union européenne.
2005 : victoire aux élections législatives du parti Droit et Justice (PiS, droite conservatrice), suivi de près par la Plateforme civique (PO, centre droit). Lech Kaczynski (PiS) est élu président de la République en octobre.
2006 : accord de gouvernement entre le PiS et deux formations d'extrême droite en février. Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS et frère jumeau du président, est nommé Premier ministre en juillet.
2007 : victoire en octobre de la Plateforme civique aux élections législatives anticipées. Donald Tusk devient Premier ministre.
2010 : le 10 avril, le président Lech Kaczynski et de nombreuses personnalités polonaises périssent dans un accident d'avion près de Smolensk (Russie). Bronislaw Komorowski (PO), qui assure l'intérim, est élu président de la République en juillet face à Jaroslaw Kaczynski. Il prête serment le 6 août devant le Parlement.
2011 : 3 généraux et 10 officiers sont limogés le 4 août suite au rapport de la commission d'enquête portant sur le crash de l'avion du président Lech Kaczynski près de Smolensk en Russie en 2010. Le parti de centre-droit Plate-forme civique (PO) ayant remporté les législatives du 9 octobre, le Premier ministre sortant Donald Tusk est reconduit dans ses fonctions le 8 novembre par le président Bronislaw Komorowski. Le gouvernement rejète le 25 novembre une demande de l'Eglise catholique, offrant la possibilité à tout contribuable polonais d'allouer volontairement 1 % de son impôt sur le revenu à une Eglise ou une communauté religieuse.
2012 : plusieurs milliers de personnes manifestent le 30 mars à Varsovie, pour protester contre un projet de loi fixant la retraite, à partir de 2013, à 67 ans, contre 60 actuellement pour les femmes et 65 ans pour les hommes.

2013
14 septembre : manifestation de milliers de syndicalistes contre le gouvernement libéral de Donald Tusk, point culminant de quatre jours de protestations.
20 novembre : en pleine Conférence ONU sur les changements climatiques, remaniement ministériel : le ministre de l'Environnement, Marcin Korolec, quitte son poste le 27 novembre pour prendre celui de secrétaire d'Etat chargé du climat. Il est remplacé par le ministre des Finances, Maciej Grabowski, dont la priorité est de développer l'exploitation du gaz de schiste. Pour assurer son indépendance énergétique, la Pologne veut continuer à exploiter son charbon et mise sur le gaz de schiste.

2014
20 mars : le ministère de la Défense annonce la création d'une brigade militaire réunissant des soldats polonais, lituaniens et ukrainiens.
3 avril : le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, demande à l'Otan de déployer 10 000 soldats sur le territoire de la Pologne pour faire face à la Russie.
15 juin : l’hebdomadaire Wprost publie le contenu d’écoutes de hautes personnalités mettant en cause le gouverneur de la Banque de Pologne, le ministre de l’intérieur et un ancien ministre adjoint des Finances. Le parquet de Varsovie ouvre le 17 une enquête sur ces enregistrements illégaux, dont l’origine reste inconnue. Le lendemain, perquisition au journal ayant publié les enregistrements. Le 23, Wprost publie la transcription de quelque huit heures supplémentaires d'enregistrements clandestins. Radoslaw Sikorski, le ministre des Affaires étrangères, est visé. Le lendemain, mise en examen de deux personnes qui travaillaient dans des restaurants de Varsovie.
15 septembre : la présidente de la Diète, chambre basse du Parlement, Ewa Kopacz, est chargée par le chef de l'Etat de former un nouveau gouvernement, à la place du cabinet sortant de Donald Tusk appelé à la tête du Conseil de l'Union européenne. La composition du nouveau gouvernement sera annoncée le 22.
18 septembre : des archéologues polonais et israéliens disent avoir découvert l'emplacement exact des chambres à gaz du camp d'extermination de Sobibor, après huit années de recherche.
1er octobre : la Première ministre Ewa Kopacz présente les priorités politiques de son gouvernement devant le Sejm, chambre basse du parlement.

2015
24 mai : l'eurodéputé ultraconservateur Andrzej Duda remporte la présidentielle avec 51,55 % des voix. Investiture le 6 août.
10 juin : la Première ministre et présidente de Plateforme civique (PO, centre droit, au pouvoir), Ewa Kopacz, annonce la démission de six ministres et secrétaires d’Etat, ainsi que celle du président du Parlement et ancien ministre des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, et deux de ses conseillers, suite aux derniers rebondissements de l’affaire des écoutes qui secoue la Pologne depuis un an.
25 octobre : élections législatives, les conservateurs eurosceptiques du parti Droit et Justice reviennent au pouvoir et obtiennent la majorité absolue au Parlement.
12 novembre : la Première ministre Ewa Kopacz présente la démission de son gouvernement, suite à la défaite de son parti centriste Plateforme civique aux législatives.
27 novembre : le tribunal de Cracovie refuse l'extradition vers les Etats-Unis du cinéaste Roman Polanski, où il est accusé du viol d'une mineure en 1977.
12 décembre : environ 50 000 personnes manifestent à Varsovie pour « défendre la démocratie » et dénoncer le gouvernement conservateur au pouvoir depuis un mois. L'opposition accuse le gouvernement, issu du parti Droit et Justice (PiS) qui a remporté les élections législatives d'octobre, d'enfreindre la Constitution. Nouvelles manifestations le week-end suivant.
22 décembre : des milliers de Polonais à nouveau dans la rue pour protester contre le gouvernement accusé d'enfreindre la Constitution dans le processus de nomination des juges du Tribunal constitutionnel afin d'introduire certains magistrats favorables à sa politique.

2016
7 janvier : malgré les demandes d'explications et l'inquiétude de la Commission européenne, le président Andrzej Duda signe la loi sur les médias publics. Celle-ci soumet la télévision et la radio du pays au contrôle du gouvernement conservateur. Deux jours plus tard, des dizaines de milliers de Polonais dans la rue dans plusieurs villes du pays pour protester contre la mainmise du gouvernement conservateur sur les médias publics. La plus grande manifestation a eu lieu à Varsovie où, selon les estimations de la mairie, quelque 20 000 personnes ont protesté pacifiquement devant le siège de la télévision publique dans le centre de la capitale. Le 13, la Commission européenne lance une procédure de sauvegarde de l'Etat de droit et des valeurs européennes à l’encontre du gouvernement polonais. Le 19, la Première ministre Beata Szydlo se rend à Strasbourg pour défendre les réformes controversées de son gouvernement devant le Parlement européen. Le 23, les Polonais expriment une nouvelle fois leur protestation dans la rue.
4 février : le ministre de la Défense, Antoni Macierewicz, annonce l'ouverture d'une nouvelle enquête sur la mort dans un accident d'avion du président Lech Kaczynski, en Russie, en 2010.
27 février : environ 15 000 personnes manifestent à Varsovie en faveur de la démocratie et en soutien à Lech Walesa, chef historique du syndicat Solidarité, accusé d'avoir collaboré avec les services secrets communistes dans les années 1970. Le lendemain, nouvelle manifestation de soutien à Lech Walesa à Gdansk, berceau du syndicat Solidarité.
5 mars : après le tribunal constitutionnel, les médias publics et la police, c'est l'armée qui est touchée par le nouveau gouvernement conservateur. Cinq généraux polonais haut placés ont remis leur démission en fin de semaine et ont été tout de suite remplacés.
9 mars : le Tribunal constitutionnel invalide dans son intégralité la loi controversée portant sur la réforme de son propre fonctionnement. Le parti conservateur au pouvoir, Droit et Justice, y a introduit des règles qui risquaient de paralyser le Tribunal, le seul organe autorisé à contrôler le pouvoir législatif et à invalider ses décisions. Le 12, de vastes manifestations sont organisées contre le gouvernement et pour rappeler l'attachement aux valeurs démocratiques, car le gouvernement refuse de publier l'avis du Tribunal constitutionnel sur la loi invalidée.
3 avril : manifestations contre un projet de loi au Parlement, soutenu par L'Eglise catholique, visant à interdire totalement l'avortement.
7 mai : environ 240 000 personnes défilent dans les rues de Varsovie pour prouver leur attachement à l'Europe. C'est l'une des plus importantes manifestations depuis la chute du communisme. La manifestation, organisée sous le mot d'ordre «Nous sommes et resterons en Europe» avait pour but aussi de dénoncer la politique des conservateurs au pouvoir en Pologne.
18 mai : la Commission européenne fixe au 23 mai un ultimatum à la Pologne pour clarifier la situation autour du Tribunal constitutionnel, la plus haute autorité judiciaire du pays. Non seulement, le gouvernement polonais n’a pas mis fin au conflit l’opposant au Tribunal constitutionnel, mais en plus le Parlement polonais - où les conservateurs ont la majorité absolue - a voté une résolution dénonçant « des violations de la souveraineté » de l’Etat polonais.
4 juin : plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent dans la rue, dont environ 35.000 à Varsovie pour demander plus de démocratie et contre la politique du gouvernement.
27 juillet : la Commission européenne donne trois mois à Varsovie pour revoir le fonctionnement du Tribunal constitutionnel, cible des conservateurs depuis leur arrivée au pouvoir, au nom de la protection de l'Etat de droit en Pologne.
13 septembre : le Parlement européen examine à nouveau la situation de l'Etat de droit en Pologne, menacé par la réforme du tribunal constitutionnel décidée par le gouvernement.

Documentation RFI, septembre 2016