rfi

À l'écoute
  • Direct Monde
  • Direct Afrique
  • Dernier journal Monde
  • Dernier journal Afrique
  • Dernier journal en Français facile
  • Dernier journal Amériques - Haïti

Mali

media

DR

Situation géographique
Pays d’Afrique occidentale d’une superficie de 1 248 574 km², le Mali est frontalier de sept Etats : l’Algérie au nord, le Niger à l’est, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et la Guinée au sud, le Sénégal et la Mauritanie à l’ouest. Le pays est traversé sur 1 780 kilomètres par le fleuve Niger, vital pour les populations et l’économie du pays.

Capitale : Bamako, 1,9 million d’habitants

Régime politique : république

Démographie
Population totale : 14,85 millions d'habitants
Densité : 11,98 hab./km²
Indice de fécondité : 6,9
Croissance démographique : 3 % par an
Espérance de vie : femmes : 54,5 ans - hommes : 54,7 ans

Société
Ethnies : Bambara, Peuhl, Senoufo, Songhaï, Malinké, Touareg, Dogon…
Langues : français (officiel), bambara
Religions : islam (90 %), animisme (9 %), christianisme (1 %)
Taux d’alphabétisation : 33,44 %
Développement humain : 176ème/187 (PNUD 2014)

Economie
Monnaie : franc CFA
Croissance :  1,73 % (2013)
PIB par habitant : 694 $/hab.
Dette publique : 29,38 % du PIB

Chronologie
1960 : 20 juin, indépendance de la Fédération du Mali (regroupant le Mali et le Sénégal) et 22 septembre, proclamation de la République du Mali. Modibo Keita en est le premier président.
1968 : le général Moussa Traoré organise un coup d’État et renverse Modibo Keïta.
1979 : Moussa Traoré est élu président de la République. Il sera réélu en 1985.
1991 : Moussa Traoré est renversé par un coup d’Etat. Le colonel Amadou Toumani Touré est nommé président du Comité de transition pour le salut du peuple.
1992 : instauration du multipartisme. Alpha Oumar Konaré est élu président de la République, il sera réélu en 1997.
1996 : fin de quatre années de rébellion touarègue.
2002 : élection d’Amadou Toumani Touré à la présidence de la République.
2006 : signature à Alger d’un accord entre le gouvernement malien et les rebelles touaregs. Cet accord fait suite à un soulèvement dans la région de Kidal.
2007 : Amadou Toumani Touré est réélu pour un second mandat.
2008 : nombreux heurts avec les rebelles touaregs.
2009 : adoption d’un nouveau code de la famille.
2012 : le 17 janvier, la rébellion touareg du MNLA, ainsi que d'autres rebelles venus de Libye, lancent une offensive dans le Nord. Le régime d'Amadou Toumani Touré est renversé par des militaires le 22 mars, mouvement dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo. La rébellion touareg et les groupes terroristes alliés à AQMI prennent le contrôle de Kidal, Gao et Tombouctou entre le 30 mars et le 1er avril. Le 12 avril, investiture du président par intérim Dioncounda Traoré.

2013
11 janvier : lancement de l'opération militaire française Serval.
26 et 28 janvier : les militaires maliens et français reprennent les villes de Gao, Tombouctou, ainsi que l'aéroport de Kidal.
18 février : début de l'opération visant à déloger les islamistes dans l'Adrar des Ifoghas (nord-est).
18 juin : signature d'un accord à Ouagadougou entre le gouvernement malien et les rebelles touareg.
1er juillet : début de la Minusma (Mission intégrée de l'ONU pour la stabilisation au Mali), qui prend le relais de la Misma (force panafricaine).
11 août : victoire d'Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, élu au second tour de la présidentielle avec un score de 77,62 % des voix.
24 octobre : vaste opération militaire contre les djihadistes au Nord Mali. Cette opération baptisée Hydre associe des soldats français, onusiens et maliens.
2 novembre : enlèvement et exécution de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de RFI à Kidal.

2014
3 avril : annonce des premiers cas suspects de fièvre Ebola, après ceux détectés au Liberia et en Sierra Leone.
5 avril : le Premier ministre malien Oumar Tatam Ly présente la démission de son gouvernement en invoquant des «divergences de vue» avec le président Ibrahim Boubacar Keïta. Celui-ci nomme Moussa Mara, alors ministre de l'Urbanisme, Premier ministre et le charge de former un nouveau gouvernement.
11 avril : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire sur l'assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de RFI, le 2 novembre 2013 à Kidal.
17 avril : l'Unesco annonce la fin des travaux de reconstruction de deux premiers mausolées sur les 14 détruits par les rebelles en 2012. Cinq humanitaires maliens sont libérés par l'armée française après plus deux mois aux mains de jihadistes dans le nord du pays.
13 mai : le nouvel avion acheté par le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui aurait coûté entre 17 et 20 milliards de francs CFA, est dans la ligne de mire du FMI, qui souhaite également des explications sur un contrat d’armement qui s’élève à 108 milliards de francs CFA (plus de150 millions d’euros).
17 mai : des soldats et des combattants de groupes armés --Touareg et jihadistes alliés, selon Bamako-- s'affrontent à Kidal, lors d'un déplacement du Premier ministre Moussa Mara. 36 personnes sont tuées, dont huit militaires. Le gouvernorat de Kidal est occupé, 32 fonctionnaires sont enlevés, puis libérés le 19. Six responsables de l'Etat et deux civils sont assassinés.
23 mai : le gouvernement malien, le MNLA et deux autres groupes armés signent un accord de cessez-le-feu à la faveur d'une médiation conduite par l'Union africaine.
28 mai : un officier à la retraite, Ba N'Dao, est nommé ministre de la Défense, en remplacement de Soumeylou Boubèye Maïga, démissionnaire après la défaite de l'armée à Kidal.
25 juin : le Conseil de sécurité des Nations unies prolonge jusqu'au 30 juin 2015 le mandat de la mission de l'ONU au Mali (Minusma) en lui assignant comme priorités de
faciliter un règlement politique et d'étendre sa présence dans le nord du pays.
13 juillet : la France acte officiellement la fin de l'opération Serval au Mali et son remplacement dans les prochains jours par "Barkhane", une opération plus large et permanente de lutte contre le terrorisme au Sahel, qui mobilisera 3.000 militaires français.
15 juillet : le gouvernement et les groupes armés du nord du Mali procèdent à un échange de 86 prisonniers, à la veille de l'ouverture de négociations de paix à Alger.
24 juillet : le gouvernement et six groupes armés signent à Alger un document sur la "cessation des hostilités" dans le cadre de négociations de paix.
3 octobre : neuf soldats nigériens de la Minusma (mission de l'ONU au Mali) sont tués lors d'une embuscade tendue par les islamistes du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest) dans le nord du Mali.
23 octobre : le Mali enregistre son premier cas confirmé d'Ebola, une fillette de deux ans qui décèdera le lendemain.
11 décembre : un haut responsable du groupe jihadiste al-Mourabitoun au Mali, Ahmed el Tilemsi, est tué dans une opération des forces françaises dans la région de Gao.
12 décembre : le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon nomme le ministre des Affaires étrangères tunisien Mongi Hamdi à la tête de la MINUSMA au Mali. Il remplace le Néerlandais Albert Koenders qui dirigeait la mission depuis 2013.

2015
6 mars : fusillade dans un bar-restaurant de Bamako, faisant cinq morts : un Français, un Belge et trois Maliens. Le groupe djihadiste Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar revendique l'attentat qui intervient alors que les groupes autonomistes du nord du Mali rechignent à parapher un accord de paix négocié à Alger en février.
8 mars : le camp de la Minusma, la mission de l'ONU au Mali, est la cible de plus d'une trentaine de tirs, tuant deux enfants, un soldat et blessant huit autres.
15 mai : le gouvernement malien, des mouvements armés et la médiation internationale signent à Bamako l'accord de paix conclu à Alger, en l'absence des principaux groupes de la rébellion à dominante touareg, qui dénoncent une "signature unilatérale".
20 juin : la rébellion à dominante touareg du nord du Mali signe à Bamako l'accord de paix entériné le 15 mai par le camp gouvernemental et la médiation internationale, censé permettre de tourner la page du jihadisme dans cette partie du Sahel.
1er août : attaque jihadiste contre l'armée, 2 morts. Le lendemain, nouvelle attaque qui cause la mort de 11 soldats.
7 août : au moins 13 morts dans la prise d'otages meurtrière pendant près de 24 heures dans un hôtel de Sévaré, dans le centre du pays.
20 novembre : attaque sanglante de l’hôtel Radisson de Bamako, avec un bilan de 21 morts dont deux assaillants. Le président Ibrahim Boubacar Keïta décrète l’état d’urgence pour dix jours ainsi que trois jours de deuil national en hommage aux victimes. Le groupe al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar a revendiqué l’action terroriste.

2016
7 janvier : une missionnaire suisse, Béatrice Stockly, est enlevée à Tombouctou.
10 janvier : deux rapports publiés conjointement par la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme évoquent de massives violations des droits de l’homme.
16 janvier : limogeage de deux poids lourds du gouvernement : le ministre de l’Economie et des Finances, Mamadou Igor Diarra, et le ministre du développement rural, Bokary Treta.
24 février : regain de tension entre fractions touarègues dans le nord.
21 mars : attaque contre l'hôtel Nord Sud à Bamako, quartier général de l'Union européenne qui abrite les formateurs militaires. Quatre assaillants ont mené l'attaque, l'un d'entre eux est mort, les autres sont en fuite. Le lendemain, 19 interpellations.
31 mars : les députés adoptent un texte qui met en place des autorités intérimaires dans le Nord, au niveau des collectivités territoriales, une étape importante dans la mise en œuvre de l'accord de paix. Les débats ont été houleux, l'opposition étant très opposée à ce texte, mais les députés l'ont finalement adopté à une très large majorité. A minuit, fin de l'état d'urgence.
18 avril : des manifestations contre les militaires français de l’opération Barkhane, accusés d'avoir arrêté «arbitrairement» des civils et des combattants touareg, dégénèrent à Kidal, dans le nord-est du Mali. Deux civils sont tués.
18 mai : lors d'une attaque dans la région de Kidal revendiquée par le groupe jihadiste Ansar Dine, cinq casques bleus de la Mission onusienne sont tués et trois soldats sont grièvement blessés.
1er juin : 4 morts lors d'une double attaque au camion piégé, revendiquée par la mouvance al-Qaïda au Maghreb islamique, visant la présence internationale dans le nord, à Gao, notamment la Minusma.
23 juin : Mahamadou Diagouraga nommé haut représentant du président de la République du Mali pour l’application de l’accord d'Alger entre les groupes armés et Bamako.
6 juillet : International Crisis Group (ICG) tire la sonnette d'alarme sur la situation dans le centre du Mali, lors de la publication d'un rapport intitulé « Mali Central : la fabrique d'une insurrection ? ». Le centre de recherche s'inquiète de la montée des violences dans la région de Mopti et de Ségou.
7 juillet : Hama Founé Diallo, chef du Mouvement pour la défense de la patrie, un groupe armé du centre, annonce que 300 de ses combattants vont rendre les armes dans la région de Mopti. Remaniement ministériel avec l'entrée de 9 nouveaux ministres.
12 juillet : à Gao, mobilisation de jeunes à l'appel de plusieurs organisations de la société civile contre l'installation des autorités intérimaires issues des accords d'Alger. Un rassemblement qui a dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. Le dernier bilan fait état de 4 morts et 30 blessés. Le 16, marche pacifique à Bamako en solidarité avec la population de Gao.
19 juillet : 17 soldats sont tués lors de l'attaque de la base militaire de Nampala, dans le centre du Mali. Le lendemain, le gouvernement décrète un deuil national de trois jours et réinstaure l'état d'urgence.
9 août : reprise des combats dans la zone de Kidal opposant des forces de la CMA, la Coordination des mouvements de l'Azawad, à celles du Gatia, membre de la Plateforme pro-Bamako.
17 août : 1 mort et plusieurs blessés lors d'une manifestation à Bamako pour protester contre l'arrestation la veille du chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias «Ras Bath», très critique envers le gouvernement.
22 août : procès devant la Cour pénale internationale (CPI) du Touareg malien Ahmed Al Mahdi pour un crime de guerre commis à Tombouctou au début de l’été 2012. L’ex-jihadiste d’Ansar Dine doit répondre de la destruction de neuf mausolées de la ville aux « 333 saints », et de la porte de la mosquée Sidi Yahia. Il sera condamné le 27 septembre à 9 ans de prison.
2 septembre : la petite ville de Boni, située à égale distance de Mopti et de Gao, tombe aux mains de jihadistes. Le ministre malien de la Défense, Tiéman Hubert Coulibaly, est limogé le lendemain. Le 5, le gouvernement annonce une opération militaire dans le centre du pays.
9 septembre : les députés adoptent à 78 voix contre 28 le nouveau code électoral après de houleux débats.
16 septembre : affrontements à 90km au nord ouest de Kidal entre éléments touareg de la tribu Idnanes de la rébellion (CMA ) et des groupes armés touareg de la tribu des Imerades. Des victimes sont signalées de part et d'autres. L'Etat ne s'est toujours pas réinstallé dans les localités du Nord.
17 septembre : le MSA, Mouvement pour le salut de l'Azawad, et le général Ag Gamou, qui appartient à l'armée malienne et représente également la communauté touareg des Imghads, annoncent des patrouilles conjointes pour sécuriser des zones du nord du Mali.
21 septembre : réunion de la médiation internationale dans la crise malienne à Bamako, dans un contexte de tension dans la région de Kidal (nord-est). Composée notamment de représentants de l'Algérie, de pays occidentaux, de pays voisins et d'institutions ouest-africaines, la médiation condamne les derniers affrontements et hausse le ton contre ceux qui bloquent le processus.
3 octobre : les attaques contre les forces armées maliennes et les militaires se multiplient dans le nord du Mali. Décès de deux casques bleus tchadiens et d’un civil à Aguelhok (nord-est), des assaillants attaquent le lendemain un convoi officiel, tuant un militaire malien.
8 octobre : décès de Cheikh Ag Aoussa, haut représentant de la Coordination des mouvements de l'Azawad, dans l'explosion de son véhicule au sortir d'une réunion avec l'ONU, à Kidal. La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et la Minusma (ONU) mènent des enquêtes qui s'annoncent difficiles.
13 octobre : nouvelles défections au sein de la majorité présidentielle : cinq députés du parti Solidarité africaine pour la démocratie et pour l’indépendance (SADI) qui soutenait jusqu'à présent l'action du président Ibrahim Boubacar Keita. Ils sont maintenant 14 à avoir quitté la majorité présidentielle, et créent un nouveau groupe parlementaire d'opposition. Leur objectif : obtenir l'alternance au Mali en 2018.
25 octobre : le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad annonce Achafghi Ag Bohada comme successeur de Cheikh Ag Aoussa, assassiné le 8 octobre dernier, dans des circonstances toujours troubles.
20 novembre : élections municipales sur fond de tensions et d’absence de vote dans certaines localités.
30 novembre : procès d'Amadou Haya Sanogo, à Sikasso. L'ancien meneur du coup d'Etat militaire de mars 2012 comparaît avec 17 autres prévenus dans l'affaire des bérets rouges. Les juges doivent déterminer son degré d'implication dans le massacre d'une vingtaine de soldats fidèles à l'ancien président Amadou Toumani Touré qui, après leur arrestation pour une tentative de contre-coup d'Etat, avaient été exécutés.Le 8 décembre, le procès est renvoyé à 2017.
24 décembre : la Franco-suisse Sophie Pétronin, directrice de l'ONG d'aide à l'enfance Aide à Gao, est enlevée par des hommes armés.

2017
9 janvier : à l'appel de deux syndicats, les magistrats entament une grève de 7 jours ouvrables pour réclamer notamment augmentations de salaires et l'obtention des primes.
16 janvier : dans le nord du pays, les enseignants qui demandent des primes de risque depuis plusieurs mois pour cause de la situation sécuritaire, refusent d'organiser les évaluations qui doivent avoir lieu dans courant de la semaine.
18 janvier : un kamikaze tue 60 ex-rebelles et membres de groupes armés pro-gouvernementaux et blesse 115 autres à Gao en se faisant exploser dans leur site de regroupement. L'attentat est revendiqué par le groupe al-Mourabitoune de Mokhtar Belmokhtar, relevant d’AQMI, al-Qaïda au Maghreb islamique.
23 janvier : on constate une recrudescence des actes de violences au nord et au centre du Mali contre l'armée malienne et les groupes armés qui sont dans le processus de paix. Au moins 103 membres de groupes armés et des militaires de l’armée régulière ont été tués entre le mercredi 18 janvier et ce week-end du 21 et 22 janvier, dans le nord et le centre du Mali.
6 février : réunis en sommet, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie décident la mise sur pied effective d'une force du G5 pour lutter contre le terrorisme.
11 février : fin d'une opération de ratissage contre des jihadistes dans le centre du pays. Les forces de sécurité affirment avoir arrêté une vingtaine de présumés jihadistes et tué une personne.
18 février : plusieurs associations peules rencontrent la presse, à Bamako, pour manifester leur grande inquiétude face à l'insécurité dans le centre du pays, et pour «dénoncer» les amalgames entretenus contre leur communauté.
24 février : selon deux agences des Nations unies, il y aurait au Mali près de 2 000 nouveaux déplacés depuis décembre dernier, soit plus de 14 000 si l'on remonte au mois d'octobre... Dans l'ensemble, la tendance était au retour, mais de nouvelles vagues de violence ont suscité ces nouveaux déplacements.
1er mars : les premières autorités intérimaires, censées rétablir l'autorité de l'Etat dans les régions du Nord, sont installées à Kidal.
2 avril : fin de la Conférence d'entente nationale, après une semaine de débat. Aucune charte de réconciliation nationale n'a été adoptée, c'était pourtant le projet originel, mais une série de recommandations. Le rapport final préconise d'entamer des discussions avec les jihadistes maliens.
6 avril : à New York, le Conseil de sécurité de l’ONU procède à une évaluation de la Minusma, la mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali. Si le conseil s’accorde pour dire que la mission reste indispensable, plusieurs voix pointent des problèmes logistiques ainsi que le retard pris dans la mise en place de son mandat politique, alors que le contexte sécuritaire semble se dégrader.
8 avril : le président Ibrahim Boubacar Keïta nomme un nouveau Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maïga, membre influent du Rassemblement pour le Mali (RPM, parti au pouvoir). La liste des membres du nouveau gouvernement est rendue publique le 11 avril.
5 mai : l'opération Barkhane s'étend désormais du centre du Mali jusqu'à la frontière avec le Burkina Faso. Si la force française Barkhane poursuit son effort dans le nord du Mali, la multiplication des attaques, dans la région du Gourma, à cheval entre le Mali, le Burkina et le Niger, l'a conduit à lancé plusieurs opérations d'envergure ce printemps. Dernière en date, l’opération «Bayard» a permis de localiser et de détruire de nuit un campement jihadiste dans une région boisée à la frontière malienne.
12 mai : renforcer les moyens de la Minusma dans les régions du centre du Mali, c'est une des recommandations du dernier rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). Si la FIDH s'inquiète des exactions commises par l'armée malienne sous couvert de lutte anti-terroriste mais aussi par les groupes armés, elle réclame aussi un engagement plus fort des autorités dans la lutte contre l'impunité via une accélération des procédures judiciaires qui traitent des crimes commis dans le nord du mali et qui piétinent. Elle met aussi l'accent sur la nécessité de renforcer la présence de la Minusma dans le centre du pays là où les attaques se sont multipliées.
3 juin : adoption de la révision de la Constitution après de longs débats. L'opposition a voté contre. Les députés s'opposaient à la possibilité pour le président de nommer un tiers des sénateurs qui composeront le futur Sénat du Mali. Ils estiment que cela renforce les pouvoirs autocratiques du président.
13 juin : jusque-là, seuls les ministres et hauts fonctionnaires sont tenus de faire une déclaration de leurs biens. Mais la mesure s'étend désormais à tous les fonctionnaires maliens. Et l'Office central de lutte contre l'enrichissement illicite donne encore un peu plus de deux mois aux assujettis pour se mettre en règle.
17 juin : les tensions dans la région de Kidal ne retombent pas. Au moins une dizaine de civils sont morts depuis deux semaines dans des affrontements et des représailles opposant en grande partie des membres de la Plateforme et des ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA).
30 juin : le Conseil de sécurité de l'ONU renouvelle à l'unanimité et pour un an le mandat de sa mission au Mali. Le plafond de troupes déployées reste inchangé avec près de 13 000 casques bleus et 1920 policiers. La mission garde pour mandat essentiel la mise en œuvre des accords de paix mais elle devra maintenant aussi appuyer les forces maliennes et la nouvelle force anti-jihadiste du G5 Sahel.
5 août : au moins deux fosses communes sont découvertes par la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) dans la région de Kidal, dans le nord du pays. Une enquête de la division des droits de l’homme est en cours dans cette région théâtre d’un regain de violences entre groupes armés pro-gouvernementaux et combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).
18 août : Aliou Mahamar Touré, surnommé le «coupeur de mains» de Gao, ville du nord Mali contrôlée par les jihadistes entre 2012 et 2013 dont il était le chef de la «police islamique», est condamné à 10 ans de prison. Ce même jour, dans une adresse solennelle aux Maliens, le président Ibrahim Boubacar Keïta décide de surseoir au référendum sur le projet de de révision sur la nouvelle Constitution. Sur la question, deux camps, partisans et opposants de la révision constitutionnelle, se défiaient de plus en plus ouvertement.
5 septembre : le Conseil de sécurité de l’ONU a voté à l’unanimité l’instauration d’un régime général de sanctions pour le Mali. A terme, les diplomates pourront donc décider de sanctionner par une interdiction de voyager ou un gel des avoirs les individus ou entités accusés d’entraver le processus de paix au point mort.
9 septembre : le président Ibrahim Boubacar Keïta inaugure dans le centre du Mali le poste de commandement de la force centrale qui doit coordonner les actions militaires entre le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie.
24 septembre : IBK reçoit à Bamako des dirigeants des groupes armés pour consolider le processus de paix. Fait significatif, le général El Hadj Ag Gamou conduisait officiellement la délégation du Gatia, groupe armé progouvernemental.
2 octobre : plusieurs dizaines de femmes manifestent à Kidal pour réclamer le départ de la force française anti-terroriste Barkhane, suite à une série d'arrestations dans la nuit.
17 octobre : la corruption dans le pays a coûté 70 milliards de francs CFA en 2015, selon un rapport diffusé par le vérificateur général.
1er novembre : 1ère opération de la force du G5 Sahel dans la zone des trois frontières. Les militaires maliens, burkinabè et nigériens travaillent ensemble sur la mission Hawbi avec l'objectif de montrer que la force conjointe a démarré ses activités.
27 novembre : le ministre de la Justice Mamadou Konaté démissionne après la relaxe de l'activiste Ras Bath, accusé de trouble à l'ordre public et «démoralisation des troupes en temps de guerre».
8 décembre : cinq employés d'une société qui sous-traite avec une entreprise chinoise l'installation de fibres optiques dans la région de Tombouctou, sont enlevés et retrouvés morts le lendemain.
10 décembre : le marché de Bamako ravagé par un violent incendie.
19 décembre : le campus de l'université de Bamako a été le théâtre de scènes de violences, des affrontements entraînant la mort d'un étudiant et deux blessés. Au coeur de l'affaire : l’association des élèves étudiants du Mali (AEEM), l’organisation syndicale la plus puissante à Bamako, extrêmement convoitée.
24 décembre : retour de l'ex-président Amadou Toumani Touré, en exil au Sénégal depuis le coup d'Etat qui l'a renversé il y a cinq ans et blanchi de l'accusation de «haute trahison».
29 décembre : démission du Premier ministre malien Abdoulaye Idrissa Maïga et de son gouvernement. Directeur de campagne lors de l’élection présidentielle de 2013, il a été successivement ministre de l'Environnement, de l'Administration territoriale, et de la Défense et des Anciens combattants avant d’accéder à la primature. Un poste qu'il occupait depuis avril 2017. Le lendemain, Soumeylou Boubèye Maïga, secrétaire général à la présidence et ancien ministre de la Défense est nommé Premier ministre, et le nouveau gouvernement annoncé quelques heures plus tard.

2018
7 janvier : une délégation des ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad est aux Etats-Unis, composée notamment de deux des principaux leaders de la CMA, Bilal Ag Cherif et Alghabass Ag Intalla. Ils doivent rencontrer les membres du Conseil de sécurité de l’ONU pour faire part de leurs observations sur l'avancée du processus de paix.
10 janvier : le Mali est en deuil après la mort de 48 de ses ressortissants, noyés alors qu'ils tentaient de franchir la Méditerranée.
11 janvier : la force française Barkhane a été la cible d'une attaque suicide entre Ménaka et Indélimane. Il y a trois blessés. Cet attentat a eu lieu le jour anniversaire des cinq ans de l'intervention française au Mali, l'opération Serval, le 11 janvier 2013. Il a été revendiqué par le Malien Abou Walid al-Sahraoui, qui a fait allégeance à l'organisation Etat islamique.
27 janvier : les attaques se succèdent ces derniers jours. 14 militaires maliens ont été tués à Niafunké, dans le centre du pays, et 16 civils sont morts le 25 dans le village de Boni, où leur véhicule a sauté sur un engin explosif. Le 28, c’est un camp de la Garde nationale à Ménaka, dans le nord-est du pays, qui a subi l’assaut meurtrier d’un groupe armé arrivé sur des motos et à bord de véhicules. Le dernier bilan disponible fait état d'au moins 5 soldats maliens tués.
2 février : une douzaine de partis de l'opposition dénonce la dégradation de la situation sécuritaire et accuse, dans une déclaration conjointe, le gouvernement et le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta, avec des mots très forts : «incurie, insouciance, incompétence». Pour faire face à la situation, le gouvernement interdit la circulation des motos et des véhicules pick-up, dans une vingtaine de circonscriptions, moyens de transport prisés par les présumés jihadistes.
2 mars : pour calmer les tensions intercommunautaires qui secouent la ville de Gao, le gouverneur a décidé de mettre en place un couvre-feu de 20h à 6h du matin pour une semaine et l’interdiction de circuler avec des armes à feu.
14 mars : situation explosive entre communautés peules et dogons du centre du Mali, au moins 25 civils ont été tués en une semaine, des armes de guerres circulent, des attaques de présumés jihadistes sont signalées.
15 mars : les forces françaises maintiennent la pression sur les groupes terroristes, et l’état-major français communique le nombre de 60 jihadistes neutralisés, tués ou capturés, un sérieux coup aux groupes armés. Barkhane menait encore, il y a quelques jours, une nouvelle opération du côté de Menaka aux confins des trois frontières : Mali, Niger et Burkina Faso.
5 avril : l'ONU fait face à des menaces terroristes de plus en plus sophistiquées. La sécurité a été renforcée dans le camp de la Minusma à Aguelhok, dans le nord-est du Mali où une attaque au mortier a tué deux casques bleus tchadiens. Dix autres ont été blessés, dont certains grièvement.
12 avril : le Mali est à nouveau sous pression du conseil de sécurité de l'ONU. Faute d'avoir tenu ses engagements concernant la mise en oeuvre de l'accord de paix, la France et ses partenaires ont indiqué vouloir identifier sur le terrain les responsables de cette obstruction. Tous les signataires de l'accord de paix qui entretiennent des liens avec les groupes terroristes ou les trafiquants sont visés et pourraient à terme se retrouver sur la liste des sanctions de l'ONU.
20 avril : le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) revendique dans un communiqué l'attaque menée samedi 14 avril contre le camp de la Minusma et de la force Barkhane à Tombouctou. Il dit avoir agi en représailles à deux raids aériens menés contre les jihadistes par l'armée française.
26 avril : à Ménaka, deux attaques à deux jours d'intervalle ont fait une quarantaine de morts. Il pourrait s'agir de représailles suite à des opérations de deux groupes armés, le MSA et le Gatia, soutenus par les forces françaises Barkhane.
8 mai : les violences se multiplient dans le centre du Mali entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Fin mars, l'ONU s'est dite «préoccupée par l'ampleur de ces violences intercommunautaires», évoquant un bilan «d'au moins une cinquantaine de morts». Fuyant les violences, près d'une centaine de civils maliens ont quitté le centre du Mali pour trouver refuge à la périphérie de Bamako.
14 mai : la mission de formation militaire de l'Union européenne au Mali, EUTM, va se poursuivre au moins encore durant 2 ans, jusqu'en 2020. Son budget a quasiment doublé à près de 60 millions d'euros - contre 33,4 pour la précédente période - et ses missions élargies à la formation des éléments de la force conjointe du G5 Sahel. EUTM reste toutefois cantonnée à la formation et n'a pas vocation à être engagée au combat.
24 mai : deux mouvements armés d’autodéfense viennent de voir le jour dans le centre. L’un, Alliance pour le salut au Sahel (ASS) déclare être un groupe armé pour protéger les populations peules  et l’autre «Dan na Amassagou» affirme que son objectif est la protection des civils dogons.
27 mai : les habitants de la commune rurale de Faléa, dans le cercle de Kéniéba, dans la région de Kayes, tirent la sonnette d'alarme. La rivière Falémé, l'un des principaux affluents du fleuve Sénégal, présente des niveaux de pollution record. Organisés en association, 21 villages de la commune ont commandé une étude scientifique du fleuve, qui démontre que les nouvelles techniques d'orpaillage ont considérablement augmenté la pollution de l'eau.
2 juin : le conseil des ministres adopte le texte portant sur la «loi d'entente nationale». C'est l'une des dispositions de l'accord de paix d'Alger. Le texte, qui comporte 38 articles, veut aider à tourner la page de la crise de 2002, en effaçant certains faits qualifiables de crimes et délits par le Code pénal malien.
- une manifestation de l'opposition est réprimée avec violence faisant au moins 25 blessés. Le lendemain, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'inquiète de «l'évolution de la situation» dans le pays, à deux mois de la présidentielle du 29 juillet. Le 4, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'Organisation internationale de la Francophonie se disent préoccupés par la situation.
12 juin : International Crisis Group tire la sonnette d'alarme sur la situation à la frontière entre le Niger et le Mali. Le centre d'analyse s'inquiète de la montée des tensions allant à l'ouest du Niger jusqu'à l'est du Mali. Cette zone constitue, selon les experts d'ICG, un nouveau foyer insurrectionnel au Sahel.
17 juin : l'insécurité continue de faire des victimes dans le centre du Mali. La sous-préfecture de Bankass a été saccagée. Entre les attaques de groupes jihadistes et les conflits communautaires, des milliers de personnes doivent fuir leur domicile. La ville de Sangha par exemple, dans le cercle de Bandiagara, accueille plus de 2 200 personnes depuis un mois.
19 juin : le ministre de la Défense confirme l'existence de fosses communes dans la région de Nantaka et Kobaka près de Mopti. Tiéna Coulibaly confirme «l'implication» de soldats maliens dans le drame qui se serait déroulé le 13 juin dans le centre du pays. Une réaction qui intervient 48h à peine après la révélation de ces exactions.
25 juin : la communauté peule est à nouveau prise pour cible dans le centre du Mali. Seize personnes ont été tuées ce 23 à Koumaga. Mais ce bilan serait bien plus lourd selon l'association Tabital Pulaaku. La principale association peule du Mali est catégorique : au moins 37 morts dans deux attaques distinctes. Tabital Pulaaku pointe du doigt dans ces deux attaques des chasseurs dozos.
29 juin : le quartier général de la force conjointe du G5 Sahel est cible d'une attaque, dans le centre du pays à Sévaré. Le bilan officiel fait état de trois morts, deux militaires et un civil. Quatre suspects ont été arrêtés. Le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel liée à al-Qaïda, a revendiqué l'attentat.
10 juillet : à l'appel de la plateforme «Sauvons Mopti», quelques centaines de personnes manifestent dans les rues de Bamako. Ils dénoncent la dégradation de la situation sécuritaire au centre du Mali et l'inaction de l'État. Selon l'ONU, les incidents liés à la sécurité ont augmenté de 200 % depuis le début de l'année 2018. Plus de 1 000 incidents ont été enregistrés par la mission de maintien de la paix et des dizaines de personnes tuées dans la région de Mopti ces derniers mois.
29 juillet : élection présidentielle, 1er tour. IBK et Soumaïla Cissé face-à-face au second tour le 12 août.

Service de la Documentation RFI, août 2018