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Libye

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(carte : RFI)

Situation géographique
Pays du Maghreb de 1 759 540 km² bordé par la mer Méditerranée, la Libye est frontalière de l’Algérie et de la Tunisie à l'ouest, du Niger et du Tchad au sud, du Soudan au sud-est et de l'Egypte à l'est.

Capitale : Tripoli (1,01 million d’habitants)

Régime politique : Gouvernement de transition

Démographie
Population totale : 6,1 millions d'habitants
Densité : 3,5 hab./km²
Indice de fécondité : 2,4
Croissance démographique :
3,08 %
Espérance de vie : Femmes : 77,2 ans - Hommes : 73,3 ans

Société
Ethnies : Arabes, Berbères
Langues : arabe, anglais, italien
Religions : musulmans sunnites (97 %)
Alphabétisation : 89 %
Développement humain : 55e / 187 pays (PNUD 2014)

Economie
Monnaie : dinar libyen
Croissance : - 8% (est. 2014)
Inflation : 2,6%
PIB par habitant :10 455 $
Dette publique : nc

Chronologie
24 décembre 1951 : indépendance du royaume de Libye.
1969 : coup d’Etat contre le roi Mohammed Idriss el-Sanoussi, Mouammar Kadhafi prend le pouvoir.
1973 : début de la révolution culturelle islamique. La Libye occupe la bande d’Aozou au nord du Tchad.
1977 : instauration de l'Etat des masses, la "Jamahiriya arabe populaire et socialiste".
1986 : Bombardements américains sur Tripoli et Benghazi en représailles à un attentat ayant visé des militaires américains à Berlin. 101 victimes, dont la fille adoptive de Kadhafi.
1988 : attentat contre un Boeing de la TWA qui explose au dessus de Lockerbie (Ecosse), faisant 270 morts. La Libye est mise en cause.
1989 : attentat contre un DC-10 d’Air France qui explose au-dessus du désert du Ténéré (Niger), faisant 170 victimes. La Libye est suspectée.
1992 : embargo aérien et militaire décidé par le Conseil de sécurité de l’ONU, face au refus de la Libye de collaborer aux enquêtes relatives aux attentats dans lesquels elle est impliquée.
1994 : la Cour internationale de justice rétablit la souveraineté du Tchad sur la bande d’Aozou.
1999 : début du procès des suspects libyens impliqués dans l’attentat de Lockerbie. Suspension de l’embargo. En 2001, Abdel Basset Ali al-Megrahi est reconnu coupable et condamné à la prison à vie. Il est libéré en août 2009 pour raisons médicales.
2003 : la Libye annonce la fin de son programme de développement d’armes de destruction massive.
Accord sur une indemnisation de 2,7 milliards de dollars pour les familles de victimes de l'attentat de Lockerbie.
2004 : accord avec le collectif des familles de victimes de l'attentat du DC-10 d'UTA sur leur indemnisation, portée à un million de dollars par victime.
Cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien, arrêtés en 1999, sont condamnés à mort pour avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants dont 56 sont morts. Ils seront libérés en 2007.
Levée des sanctions européennes et de l'embargo sur les armes imposés à la Libye.
2006 : reprise des relations diplomatiques avec les Etats-Unis. La Libye n’est plus considérée comme un Etat soutenant le terrorisme.
2008 : accord de coopération entre la Libye et l'Italie contre l’immigration clandestine.
Crise diplomatique avec la Suisse suite à l'arrestation à Genève du fils de Kadhafi, Hannibal. Deux hommes d'affaires suisses sont arrêtés à Tripoli et assignés à résidence.
2010 : fin de la crise diplomatique entre la Suisse et la Libye avec la libération des deux hommes d'affaires suisses.

2011
15 février : mouvement de protestation contre le régime violemment réprimé à Benghazi (est), début d'une insurrection armée.
27 février : création par l'opposition du Conseil national de transition (CNT), reconnu par plus de cinquante pays depuis.
17 mars : résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant le recours à la force pour protéger les civils.
18 mars : offensive aérienne d'une coalition multinationale contre les forces pro-Kadhafi.
31 mars : l'OTAN prend le commandement de l'opération, baptisée "Protecteur unifié", qui se terminera le 31 octobre.
27 mai : la Cour pénale internationale lance un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité contre Kadhafi et son fils Seif al-Islam.
20 octobre : les nouvelles autorités annoncent la mort de Mouammar Kadhafi, capturé à Syrte.
23 octobre : le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, proclame la "libération" du pays. Le conflit a fait en huit mois plus de 30.000 morts (CNT).

2012
7 juillet : les Libyens votent pour la première fois pour élire une Assemblée nationale, le Congrès général national (CGN). Victoire d'une coalition de petits partis libéraux. Le 8 août, le CNT remet les pouvoirs à la nouvelle Assemblée, présidée par Mohamed al-Megaryef.
11 septembre : attaque contre le consulat américain à Benghazi (est) : quatre Américains tués, dont l'ambassadeur Chris Stevens.
14 octobre : Ali Zeidan élu Premier ministre. Son cabinet est chargé d'organiser de nouvelles élections sur la base d'une future Constitution.

2013
5 mai : adoption du projet de loi controversé sur l'exclusion politique des responsables de l'ancien régime.
28 mai : démission de Mohamed al-Megaryef après l'adoption d'une loi bannissant de la vie politique les collaborateurs de l'ex-régime. Nouri Bousahmein le remplace.
27 juillet : violentes manifestations contre les autorités et les partis politiques, après une série d'assassinats dont celui du militant anti-islamiste, Abdessalem al-Mesmari.
25 août : le Premier ministre annonce le lancement d'un dialogue national autour de la réconciliation nationale et du désarmement.
5 octobre : un dirigeant présumé d'Al-Qaïda, Abou Anas al-Libi, est capturé lors d'un raid américain à Tripoli.
10 octobre : Ali Zeidan est "enlevé" pendant quelques heures par un groupe d'ex-rebelles. Les autorités de transition ne parviennent pas à former une police et une armée régulières et les ex-rebelles, réunis en milices, comblent le vide en matière de sécurité.
24 octobre : une trentaine de responsables du régime de Kadhafi, dont son fils Seif al-Islam, sont inculpés pour la répression de la révolte de 2011.
23 décembre : le CGN prolonge son mandat jusqu'au 24 décembre 2014, provoquant la colère d'une grande partie de la population et de la classe politique.

2014
12 janvier : le vice-ministre de l'Industrie est tué par balle à Syrte, premier assassinat d'un membre du gouvernement depuis la chute de Kadhafi.
19 février: le gouvernement adopte un décret reconnaissant les victimes de violences sexuelles commises durant la révolution comme "victimes de guerre".
6 mars : Saadi, un des fils de Mouammar Kadhafi, réfugié au Niger, est remis par Niamey à Tripoli qui l'accuse de meurtre et d'implication dans la répression de la révolte de 2011.
11 mars : le Premier ministre Ali Zeidan est démis de ses fonctions par le Parlement.
8 avril : le chef du gouvernement intérimaire libyen, Abdallah Al-Theni, est chargé par le Congrès général national (CGN, Parlement) de former un nouveau cabinet et de conduire une nouvelle période de transition.
14 avril : attaqué avec sa famille par une milice sur la route de l’aéroport, Adullah al-Theni renonce au poste de Premier ministre.
21 avril : Ali Tarhouni, un libéral et ancien ministre du gouvernement rebelle en 2011, est élu président de l'Assemblée constituante libyenne.
29 avril : l'élection d'un nouveau Premier ministre a dû être reporté, le Parlement ayant été attaqué par des hommes armés de Benghazi.
5 mai : le Congrès général national (CGN, Parlement) ratifie la nomination d'Ahmed Miitig comme Premier ministre.
16 mai : Khalifa Haftar, général dissident appuyé par des unités de l'armée, lance une opération contre les milices "terroristes" dans l'Est, où des attaques visent régulièrement forces de sécurité et intérêts occidentaux.
21 mai : la Cour pénale internationale rejette la demande de Tripoli en appel, exigeant une nouvelle fois que Seif al-Islam, fils du défunt dictateur Mouammar Kadhafi, soit transféré à La Haye et non jugé en Libye.
29 mai : la journaliste Naseeb Miloud Karfana et son fiancé sont enlevés devant les bureaux de la chaîne publique de télévision libyenne Al-Wataniya, à Benghazi, où elle travaillait depuis huit mois. Leurs corps, égorgés, seront retrouvés quelques jours plus tard. Le 26, Meftah Bouzid, journaliste libyen connu pour ses prises de position critiques envers les islamistes, avait été tué par balles dans la même ville.
2 juin : des combats opposent les forces du général Khalifa Haftar à des groupes islamistes à Benghazi, faisant au moins 21 morts, alors que le Premier ministre contesté Ahmed Miitig prend possession du siège du gouvernement à Tripoli.
9 juin : la Cour suprême juge «anticonstitutionnelle» l’élection du Premier ministre Ahmed Miitig. Le Premier ministre sortant Abdallah al-Theni assure l'intérim.
25 juin : Elections législatives, 42 % de participation. Au moins sept soldats sont tués et 53 autres blessés dans des affrontements avec un groupe islamiste dans le sud de Benghazi. Dans cette même ville, dans la soirée, Salwa Bouguiguis, avocate et militante des droits de l'Homme, est assassinée chez elle par des inconnus.
2 juillet : le gouvernement annonce la fin de la crise pétrolière et la réouverture des ports encore bloqués par les rebelles dans l'est du pays.
6 juillet : la Haute commission électorale (Hnec) annule les résultats des législatives dans 24 bureaux de vote en raison de fraudes lors de ce scrutin où les listes politiques avaient été bannies.
14 juillet : l'aéroport de Tripoli est de nouveau bombardé, au lendemain de combats ayant opposé des groupes rivaux pour le contrôle du secteur, poussant l'ONU à évacuer son personnel du pays.
21 juillet : la Haute commission électorale annonce les résultats définitifs des législatives du 25 juin, qui font ressortir une nette avance de la mouvance "civile" devant les islamistes, mais la composition politique du futur Parlement ne sera donc connue qu'après la formation de blocs parlementaires.
27 juillet : suite à la dégradation de la sécurité, plusieurs pays, dont la France, le
Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Philippines, les Etats-Unis, évacuent leurs ressortissants. Les autorités libyennes craignent une "catastrophe" à Tripoli, où un incendie ravageant un immense dépôt de stockage d'hydrocarbures n'a pu être maîtrisé en raison de violents combats, le gouvernement appelant les habitants à quitter la zone.
4 août : le député Aguila Salah Issa est élu président de la Chambre des représentants.
6 août : Mahdi al-Harati, ex-commandant de groupes rebelles libyen et syrien, est élu maire de Tripoli par le conseil municipal issu des élections du 17 mai.
13 août : le Parlement est favorable, à la majorité des voix, à une intervention étrangère pour protéger les civils dans le pays.
23 août : l'Assemblée libyenne sortante, le Conseil général national (CGN), dominée par les islamistes, veut reprendre ses activités en dépit de l'existence du Parlement qui l'a remplacée. Le Parlement, élu le 25 juin et où les islamistes n'ont pas la majorité, est contesté dans la rue par des manifestants depuis qu'il a appelé à une intervention étrangère pour protéger les civils.
28 août : le gouvernement provisoire dirigé par Abdallah Al-Theni, qui n'a pas d'autorité réelle sur le pays livré aux milices armées, présente sa démission au Parlement élu le 25 juin.
1er septembre : le gouvernement démissionnaire, exilé dans l'Est, reconnait ne plus contrôler les ministères et services de l'Etat à Tripoli.
18 septembre : le Parlement adopte une loi antiterroriste inédite dans ce pays devenu fief des groupes jihadistes armés, prévoyant de lourdes peines de prison pour les auteurs d'"actes terroristes".
5 novembre : de violents combats pour le contrôle de Benghazi, la deuxième ville de Libye, opposent à nouveau les forces pro-gouvernementales aux groupes islamistes, faisant plus de 30 morts en trois jours.
6 novembre : la Cour suprême invalide le Parlement issu des élections du 25 juin, reconnu par la communauté internationale.

2015
27 janvier
: au moins neuf morts, dont un Français dans l'attaque lancée contre un grand hôtel à Tripoli, revendiquée par l'Organisation Etat islamique.
4 février : un groupe armé attaque un champ pétrolier situé au sud de Syrte, exploité conjointement par le groupe français Total et la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) faisant 13 morts dont 5 étrangers.
27 mars : l'ONU lance une enquête sur les violations des droits de l'homme commises depuis 2014 dans le pays, livré aux milices depuis la chute de l'ancien régime et dirigé par deux gouvernements et parlements rivaux.
21 juillet : au moins 40 personnes ont péri dans des affrontements qui ont opposé depuis une semaine des tribus rivales dans le sud-est du pays.
28 juillet : Seif al-Islam Kadhafi, fils du défunt dictateur, huit proches de ce dernier, le dernier Premier ministre de Kadhafi, Baghdadi al-Mahmoudi, et son ex-chef des services de renseignements, Abdallah Senoussi, sont condamnés à mort. Ils étaient poursuivis pour assassinats, pillages et sabotages, actes portant atteinte à l'union nationale, complicité dans l'incitation au viol et recrutement de mercenaires africains.
10 octobre : l’ONU propose un nouvel accord pour pacifier le pays, qui sera rejeté 6 jours plus tard par le Parlement de Tobrouk, reconnu par la communauté internationale.
13 novembre : les Etats-Unis bombardent pour la première fois l'EI en Libye, et affirment avoir tué le chef local, l'Irakien Abou Nabil.
17 décembre : après des mois de négociations, signature au Maroc par des membres des Parlements rivaux d'un accord sous l'égide de l'ONU prévoyant un gouvernement d'union.

2016
4 janvier : l'EI attaque d'importantes installations pétrolières à l'est de Syrte, à Al-Sedra et Ras Lanouf.
7 janvier : plus de 56 morts dans deux attentats-suicide dont au moins 67 à Zliten (170 km à l'est de Tripoli) et sept à Ras Lanouf.
19 janvier : les Libyens annoncent la formation d'un gouvernement d'union nationale, formé par une équipe de 32 personnes, dirigée par le Premier ministre Fayez el-Sarraj.

Documentation RFI, janvier 2016