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Irak

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Situation géographique
Territoire s'étendant sur 438 317 km², l’Irak est frontalier sur ses flancs sud et ouest du Koweït, de l'Arabie Saoudite, de la Jordanie et de la Syrie ; et sur ses flancs nord et est de la Turquie et de l'Iran. L'Irak forme la charnière du monde arabe et du monde turco-iranien.

Capitale : Bagdad (5 500 000 habitants)

Régime politique : République

Démographie
Population : 32 578 000 hab.
Densité : 74,33 hab/km²
Indice de fécondité : 4,1
Croissance démographique : 2,29 %
Espérance de vie : Femmes : 73 ans - Hommes : 65,7 ans 

Société
Ethnies : Arabes 75 %, Kurdes 20 %, Turcomans et Assyriens 5 %
Langues : arabe et kurde
Religions : musulmans 97 % (chiites : 63 %, sunnites : 34 %), chrétiens et autres 3 % (yézidis, mandéens)
Alphabétisation : 78 %
Développement humain : 120ème/187 pays (PNUD 2014)

Economie
Monnaie : dinar irakien
Croissance : -0,5 % (2014)
Inflation : 1,88% (2013)
PIB par habitant : 6 455 $
Dette publique : 31,3% du PIB

Chronologie
1913 : la diplomatie britannique établit son influence sur l'ensemble de l'Irak.
1916 : signature des accords Sykes-Picot entre la Grande-Bretagne et la France qui se partagent les terres arabes sous domination ottomane.
1917-1918 : conquête britannique de Bagdad et Mossoul sur l'Empire ottoman.
1920 : signature des accords de San Remo, la Société des Nations (SDN) confie le mandat de la Mésopotamie (Irak) à la Grande-Bretagne.
1921 : fondation du Royaume d'Irak par le Roi Fayçal Ier, chef de la brigade arabe, qui a mené la lutte pour l’indépendance contre l'Empire ottoman.
3 octobre 1932 : indépendance officiellement reconnue et admission à la Société des Nations (SDN).
1941 : le 3 avril, coup d’État républicain. Le 1er juin, prise de Bagdad par un corps expéditionnaire britannique qui réinstalle Abdul Illah, le régent pro-britannique.
1947 : départ des forces britanniques.
1958 : coup d’État fomenté par le parti Baas et les « officiers libres ». Proclamation de la République en Irak. Fayçal II est assassiné avec les membres de la famille royale hachémite d'Irak.
1968 : le général Hassan al-Bakr devient président de la République. Saddam Hussein prend la tête des services de sécurité.
1972 : nationalisation des compagnies pétrolières lancée par Saddam Hussein.
1979 : démission du maréchal Hassan al-Bakr. Saddam Hussein devient président de la République et procède à des purges au sein du parti Baas.
1980-1988 : guerre Iran-Irak qui fait un million de morts.
2-8 août 1990 : invasion puis annexion du Koweït par l’Irak. Le Conseil de sécurité de l’ONU décide un embargo total contre l’Irak.
1991 : le 17 janvier, début de la guerre du Golfe. Intervention d’une coalition internationale mandatée par l’ONU contre l’occupation irakienne. Fin février, libération du Koweït après l’attaque de la coalition repoussant les troupes irakiennes hors de son territoire. En avril, le Conseil de sécurité de l’ONU fixe un cessez-le-feu pour neutraliser l’armement biologique et chimique irakien et condamne la répression des populations kurdes.
1995 : adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution « Pétrole contre nourriture » permettant à l’Irak d’acquérir des produits de première nécessité.
2003 : en mars, intervention militaire américano-britannique contre l’Irak. Le 5 avril, prise de Bagdad par les forces américaines. Le 13 décembre, arrestation de Saddam Hussein.
2005 : élection de Jalal Talabani, premier président kurde d’Irak. Le gouvernement est dirigé par le chiite Ibrahim al-Jaafari.
2006 : en mai, constitution d’un gouvernement dirigé par Nouri al-Maliki. Le 30 décembre, exécution par pendaison à Bagdad de Saddam Hussein pour crimes contre l'humanité.
2008 : accord entre l'Irak et les Etats-Unis sur un retrait des troupes étrangères prévu fin 2011.
2010 : en août, Barack Obama annonce la fin des opérations de combat en Irak. En novembre, réélection du président Jalal Talabani, Nouri al-Maliki conserve son poste de Premier ministre.
2011 : en février-mars, manifestations antigouvernementales soutenant les chiites de Bahreïn et protestant contre la corruption et les conditions de vie difficiles.

2012
2 avril : le vice-Premier ministre Hussein Chahristani accuse le gouvernement de la région autonome du Kurdistan irakien "de vendre une grande partie de son pétrole en contrebande via la frontière iranienne et prive l'Irak et ses citoyens de milliards de dollars de recettes pétrolières".
3 mai : procès par contumace du vice-président Tarek Al-Hachémi avec 73 de ses anciens gardes du corps, accusés des meurtres de 6 juges et de plusieurs responsables irakiens.
16 août : une série d'attentats meurtriers endeuille le pays, avec 53 morts et 250 blessés, faisant du mois d'août 2012 le mois le plus meurtrier depuis août 2010.
27 août : 21 personnes sont exécutées par pendaison pour "activités terroristes".
9 septembre : le vice-président irakien, Tarek al-Hachémi, inculpé de 300 chefs d'accusation et réfugié en Turquie, est condamné par contumace à la peine de mort par pendaison.

2013
25 janvier : l'armée ouvre le feu à Falloujah pour disperser une manifestation sunnite de protestation contre la politique du gouvernement du premier ministre, chiite, Nouri Al-Maliki, faisant 6 morts et 35 blessés.
28 janvier : le Parlement adopte un projet de loi qui limite à 2 le mandat du président, du premier ministre et du président du Parlement. Ce projet vise essentiellement le Premier ministre Nouri Al-Maliki qui ne pourra se représenter pour un troisième mandat de 4 ans.
23 avril : les forces anti-émeutes interviennent violemment à Houweijah contre des manifestants sunnites, faisant 25 morts et 70 blessés.
28 avril : la Commission de la communication et de la presse suspend les licences de 10 chaînes de télévision satellitaires, dont Al-Jazeera, pour "incitation à la violence et au confessionnalisme, lors des événements à Houweijah".
Juin : 761 Irakiens ont été tués et 1 771 autres blessés dans des attaques terroristes.
10 août : au dernier jour du ramadan, une série d'attentats sanglants, visant des cafés et des marchés, essentiellement à Bagdad, fait une soixantaine de morts et plus de 300 blessés. Le mois d'août comptabilise 800 morts et 2 000 blessés.

2014
8 avril : le mécontentement de la minorité sunnite et le conflit en Syrie alimentent
les violences en Irak, qui ont atteint un niveau sans précédent depuis 2008. Selon un décompte de l'AFP, depuis le début de l'année, plus de 2 400 personnes sont mortes dans ces attaques, quasi-quotidiennes.
28 avril : 57 personnes sont mortes dans des attentats, à deux jours des législatives.
30 avril : les Irakiens élisent leurs députés pour la première fois depuis le retrait américain à la fin 2011 dans un climat de violence, au moins 14 morts. Le Premier ministre sortant, le chiite Nouri Al-Maliki, décroche un troisième mandat.
28 mai : les violences à travers l'Irak ont fait 74 morts, ce qui en fait le jour le plus sanglant depuis plus de sept mois.
7 juin : des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés de l'université de Ramadi dans la matinée, prenant en otage des étudiants et des membres du personnel.
11 juin : une série d'attentats perpétrés contre des chiites ont fait près de quarante morts à Bagdad ainsi que dans le centre et le sud de l'Irak. Une cinquantaine de citoyens turcs est prise en otage au consulat turc de Mossoul.
29 juin : les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) annoncent le rétablissement du califat, régime politique islamique disparu il y a près d'un siècle, dans une région comprenant le nord de la Syrie et la province de Diyala, et le changement de nom de l'organisation en « l'Etat islamique » (EI).
1er juillet : 1ère session du nouveau Parlement qui n'a pas réussi à lancer le processus de formation du nouveau gouvernement, la réunion s'étant tenue dans le chaos le plus total, des députés s'invectivant, quittant la salle ou dénonçant la politique du Premier ministre sortant Nouri al-Maliki, dont les chances de briguer un 3e mandat se sont amenuisés avec l'avancée des insurgés de l'EI. Prochain rendez-vous le 8 juillet.
2 juillet : le Premier ministre Nouri al-Maliki décrète une amnistie pour les personnes impliquées dans des actes contre l'Etat, dans une tentative apparente de couper le soutien aux insurgés sunnites s'étant emparés de larges pans de l'Irak.
15 juillet : après plusieurs reports causés par de profondes divisions politiques, les députés élisent Salim al-Joubouri président du Parlement, avec 194 des 273 votes.
24 juillet : le Kurde Fouad Massoum est élu président d'Irak.
7 août : le président américain Barack Obama autorise des parachutages humanitaires et, si nécessaire, des frappes aériennes ciblées contre les jihadistes pour éviter un "génocide" des minorités. Des dizaines de milliers de chrétiens et de Yazidis ont en effet été poussés à fuir face à l'avancée des extrémistes sunnites menés par l'Etat islamique (EI) dans le nord du pays. Le patriarche chaldéen Louis Sako évoque un "désastre humanitaire".
11 août : l'Alliance nationale, la coalition chiite au parlement, désigne le vice-président du parlement, Haïder al Abadi, nouveau Premier ministre. Le président lui demande de former un gouvernement.
19 septembre : premières frappes aériennes françaises contre l'Etat islamique (El). D'autres ont lieu le 25, malgré les menaces et la décapitation de l'otage français Hervé Gourdel en Algérie la veille.

2015
17 janvier
: l'organisation Etat islamique libère plus de 200 otages yezidis, minorité religieuse considérée comme hérétique par l'EI, et particulièrement visée par les jihadistes.
26 février : l’organisation Etat Islamique diffuse une vidéo dans laquelle ses combattants réduisent en miettes des trésors archéologiques dans le musée de Mossoul, deuxième ville d'Irak, dont ils se sont emparés au début de leur offensive en juin 2014.
5 mars : des djihadistes de l'Etat islamique pillent et détruisent au bulldozer les vestiges de la cité assyrienne de Nimrud, joyau archéologique situé dans le nord du pays.
13 août : un camion piégé explose dans un marché d'un quartier chiite de Bagdad, tuant une cinquantaine de personnes et en blessant des dizaines d'autres, attentat revendiqué par le groupe extrémiste sunnite Etat islamique.
15 août : plusieurs bombes explosent dans Bagdad, faisant au moins 20 morts.
16 août : le Premier ministre Haider al-Abadi supprime 11 postes ministériels, réduisant ainsi d'un tiers le nombre de portefeuilles au sein de son gouvernement, première mesure concrète d'un vaste plan de réformes destinées notamment à lutter contre la corruption.
21 août : nouvelles manifestations contre la corruption et pour la démission des personnes incompétentes et des corrompus. Le mouvement a commencé le 7 août et prend de l’ampleur.
27 août : décès de 5 personnes dont deux hauts gradés de l'armée dans un attentat à la voiture piégée au nord de Ramadi, chef-lieu de la province d'al-Anbar où les troupes gouvernementales affrontent les jihadistes de l'organisation Etat islamique.
13 octobre : le porte-parole du groupe Etat islamique confirme la mort de son numéro deux Fadel Ahmad al-Hayali, annoncée en août dernier par les Etats-Unis, qui l'avait présenté comme le principal adjoint du chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, en charge des opérations du groupe jihadiste en Irak.
26 octobre : dans une interview à la télévision américaine CNN, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair reconnaît que les informations de ses services, sous-entendu sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein, étaient fausses. Entre autres «erreurs», il admet des «responsabilités» dans la montée de l'organisation Etat islamique au Moyen-Orient.
14 novembre : une fosse commune est découverte dans la ville libérée de Sinjar au nord de l’Irak. Elle pourrait contenir les dépouilles de plus de 70 femmes du peuple yézidi, persécuté par le groupe Etat islamique.
1er décembre : les Etats-Unis annoncent le déploiement d'une nouvelle unité des forces spéciales américaines dédiée à la lutte contre l'organisation Etat islamique. A Bagdad, le Premier ministre Haïdar al-Abadi répond que l'Irak n'avait pas besoin de forces terrestres étrangères, et que tout déploiement de troupes nécessitait l'approbation de son gouvernement et ne devait pas empiéter sur la souveraineté nationale irakienne.
5 décembre : Bagdad appelle la Turquie à retirer ses forces de la région de Mossoul au nord de l’Irak. La Turquie fait partie de la coalition internationale antijihadiste. La veille, 150 soldats turcs sont arrivés dans la région pour former les forces kurdes irakiennes contre l'organisation Etat islamique. Une violation de la souveraineté nationale selon Bagdad.
7 décembre : après des mois d’offensive, les forces irakiennes reprennent une grande partie de la ville de Ramadi.
17 décembre : l’organisation Etat islamique lance une vaste offensive près de la ville de Mossoul, dans le nord de l’Irak. Plusieurs centaines de jihadistes sont engagés dans cette opération, la plus importante depuis plusieurs mois.
19 décembre : le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter reconnait une possible responsabilité de la coalition dirigée par les Etats-unis dans la frappe aérienne qui a tué la veille par erreur plusieurs soldats irakiens. La Turquie annonce qu'elle «poursuivra» le retrait de ses troupes d'Irak, au lendemain d'un appel téléphonique du président américain Barack Obama à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan l'invitant à prendre une telle mesure. Et ceci afin d'apaiser les tensions entre les deux pays voisins.
28 décembre : l'armée régulière déclare Ramadi totalement «libérée» de l'EI.

2016
1er janvier : 25 ans après avoir fermé sa représentation diplomatique à Bagdad, l’Arabie Saoudite rouvre une ambassade en Irak. Un pas important sur fond de mobilisation internationale contre le groupe Etat Islamique.
4 janvier : des attentats à la bombe visent deux mosquées sunnites dans le centre du pays.
11 janvier : la coalition internationale bombarde une réserve d'argent liquide du groupe Etat islamique à Mossoul, dans le nord du pays.
16 janvier : le pouvoir central envoie une division de blindés et une unité des forces spéciales de la police à Bassorah, la ville la plus importante du Sud irakien, où des tribus et des groupes armés chiites s'opposent entre eux, les armes à la main.

Documentation RFI, janvier 2016