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Ethiopie

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Situation géographique
Dotée d’une superficie de 1 104 300 km², la République d’Éthiopie est un État de la Corne de l'Afrique. Dépourvu d’accès à la mer, son territoire est voisin du Soudan à l'ouest, de la Somalie à l’est, du Kenya au sud, de l'Érythrée et de Djibouti au nord.

Capitale : Addis-Abeba (3,4 millions d'habitants)

Régime politique : République fédérale

Démographie
Population : 91 millions d'habitants
Densité : 83,07 hab./km²
Indice de fécondité : 4,6
Croissance démographique : 2,9 %
Espérance de vie : Femmes : 64,6 ans - Hommes : 61,4 ans

Société
Ethnies : Oromos, Amharas, Somali, Tigréens, Sidama, Guragués, Welaita, Hadiya, Afars
Langues : amharique (officielle), oromo, somali, arabe
Religions : musulmans 45 %, orthodoxes 45 %, religions traditionnelles 10 %
Alphabétisation : 39 %
Développement humain : 173e / 187 pays (PNUD 2014)

Economie
Monnaie : birr
Croissance : 7 % (2012)
Inflation : 22,9 %
PIB par habitant : 470 $
Dette publique : 22,16 % du PIB

Chronologie
26 octobre 1896 : reconnaissance de l’indépendance éthiopienne par l'Italie après une tentative de conquête déclenchée en 1895.
1930 : le régent Tafari Mekonnen devient empereur sous le nom d’Hailé Sélassié Ier.
1936 : début de l'occupation italienne. Exil d’Hailé Sélassié Ier en Angleterre.
1941 : capitulation des troupes italiennes suite à la reconquête entreprise par les Alliés. Hailé Sélassié Ier est restauré sur son trône.
1962 : annexion de l'Érythrée. Début de la guérilla du Front de libération de l'Érythrée (FLE).
1973 : famine dans le centre et le nord du pays (100 000 morts).
1974 : soulèvement général de la population. Le Derg (Comité de coordination des forces armées) renverse Hailé Sélassié Ier. Il sera assassiné lors de sa détention en 1975.
1975 : abolition de la monarchie et vague de nationalisations.
1976-1977 : la répression contre les opposants, appelée la « terreur rouge », fait des dizaines de milliers de morts.
1977-1978 : guerre de l'Ogaden contre la Somalie, suite à la tentative d'annexion de la région de l'Ogaden par les troupes somaliennes.
1984-1985 : une grande famine fait plus d'un million de morts.
1987 : en septembre, proclamation de la République démocratique populaire d'Éthiopie. Le colonel Mengistu Hailé Mariam est élu président par le Parlement.
1991 : en janvier, début de la guérilla du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE). En mai, démission du président Mengistu Hailé Mariam, qui sera condamné à mort par contumace en 2008. Soutenu par les indépendantistes érythréens, le FDRPE s'empare de la capitale. Meles Zenawi devient président du gouvernement de transition.
1993 : proclamation de l'indépendance de l'Érythrée.
1995 : proclamation de la République fédérale démocratique d'Éthiopie. Negasso Guidada est élu président par l'Assemblée fédérale.
1998-2000 : guerre contre l'Érythrée (100 000 morts).
2001 : victoire de Girma Woldé Giorgis à l'élection présidentielle. Il est réélu en 2007.
2002 : fixation de la frontière avec l'Éthiopie par la Cour internationale de justice de La Haye.
2005 : en mai, premières élections législatives libres remportées par le parti au pouvoir. En octobre, Meles Zenawi est reconduit à son poste de Premier ministre. Répression des manifestations contestant les résultats (200 morts).
2010 : en mai, l'opposition rejette les résultats des élections législatives remportées par le pouvoir. En novembre, vague d’arrestations contre un mouvement d’opposition.
2011 : en janvier-février, remaniement ministériel sous la pression internationale. En mars, censure des médias et vague d’arrestations de journalistes. En avril, le Premier ministre annonce que l’Éthiopie « va aider le peuple érythréen à se débarrasser du régime dictatorial de Issayas Afeworki » qui soutient les groupes rebelles éthiopiens.
2012 : le 21, le Premier Ministre Meles Zenawi, homme fort de l'Ethiopie depuis 1991, décède. Ses obsèques ont lieu le 2 septembre et son successeur désigné, Hailemariam Desalegn, investi le 21 septembre, promet de poursuivre son œuvre.
2013 : les travaux entrepris début mai par le pays sur le Nil pour la construction du "grand barrage de la Renaissance" provoquent une réaction du gouvernement égyptien. Le 10 juin, le président Morsi déclare : "Si une seule goutte du Nil est perdue, notre sang sera la seule alternative". Le 7 octobre, Mulatu Teshome est élu président.

2014
17 février : un avion assurant la liaison entre Addis-Abeba et Rome est contraint de se poser à l'aéroport international de Genève, après avoir été détourné par le copilote, qui voulait déposer une demande d'asile.
20 avril : violente répression de civils Afar par la police fédérale à Awash, à 160 km d'Addis-Abeba. Cet incident aurait fait une dizaine de victimes. Ce type d'affrontements est récurrent dans cette région où les Afars s’opposent à l’expulsion de leurs terres ancestrales, à leur déplacement et à l'éloignement des points d'eau qu'ils utilisent pour leur bétail le long de la rivière Awash.
23 avril : manifestation de centaines d'étudiants de Samara, capitale de l'Afar Regional State, pour protester contre la répression à Awash et plus généralement contre l'accaparement de terres afars. Une dizaine de manifestants ont été emprisonnés.

2015
20 mars : le gouvernement brûle six tonnes d'ivoire, la totalité de son stock, lors d'une cérémonie officielle dans un parc près d'Addis Abeba.
23 mars : signature d'un accord de principe entre l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie pour la construction d'un immense barrage sur le Nil bleu.
19 avril : le groupe Etat islamique (EI) diffuse une nouvelle vidéo qui menace les chrétiens en montrant l'exécution d'au moins 28 hommes, chrétiens d'Ethiopie, par des jihadistes en Libye.
24 mai : victoire écrasante de la coalition au pouvoir aux élections législatives et régionales. L'opposition éthiopienne dénonce "un déni de démocratie".
17 décembre : la police réprime violemment des manifestations dans la région d’Oromia, alors qu’elles protestaient contre un projet d’agrandissement de la capitale Addis Abeba. Les autorités qualifient ces manifestants de « terroristes » pour justifier la répression.

2016
8 janvier : selon l'ONG Human Rights Watch (HRW), au moins 140 personnes ont été tuées ces deux derniers mois au cours de la brutale répression de manifestations antigouvernementales, déclenchées par des craintes d'expropriations liées à un projet d'agrandissement de la capitale.
31 janvier : le pays est confronté à la pire sécheresse depuis 30 ans, selon le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, à la tribune du sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba. 10 millions de personnes au moins ont besoin d'une assistance immédiate, et ce pourrait être le double d'ici quelques mois.
15 avril : 208 personnes tuées et 102 enfants kidnappés est le bilan de la tuerie perpétrée à Gambella, à la frontière avec le Soudan du Sud, un raid mené par des hommes armés qui voulaient voler du bétail. 91 enfants seront libérés début juin.
12 juin : des combats à la frontière entre l'Erythrée et l'Ethiopie, à Tsorona, un des villages disputés de la frontière entre les deux pays.
6 août : plusieurs dizaines de personnes sont arrêtées et parfois sévèrement battues, lors d'une manifestation contre le gouvernement à Addis Abeba, la première dans la capitale depuis le début d'une vague de protestation de la part des Oromos et des Amharas, les deux principales ethnies du pays. Trois jours plus tard, l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International fait état de près de 100 morts et plusieurs centaines de blessés, dans les régions Oromo et Amhara.
23 août : l'équipe d'Ethiopie rentre des JO de Rio sans l'athlète Feyisa Lilesa, qui avait manifesté son soutien aux manifestants oromos - ethnie dont il est issu - qui protestent contre le régime depuis novembre dernier. L'athlète de 26 ans avait déclaré ne pas vouloir rentrer dans son pays, de peur d'être tué. En Ethiopie, il est vu comme un héros plus par son geste que par sa performance olympique.
2 octobrebousculade meurtrière qui a coûté la vie à au moins 55 personnes, étouffées ou noyées, lors d'un mouvement de foule qui aurait été provoqué par des échauffourées entre la police et des manifestants, lors d'un festival oromo ; le gouvernement décrète le lendemain trois jours de deuil national. Le 9, le gouvernement décrète l'état d'urgence pour une période de six mois, après plusieurs mois de violents troubles dans le pays. La mesure, qui s'applique à l'ensemble du territoire, est sans précédent en Ethiopie depuis 25 ans. Plus de 2 500 personnes seront arrêtées dans les jours qui suivent.
1er novembre : le Premier ministre Hailemariam Desalegn procède à un vaste remaniement ministériel, marqué par un effort d'ouverture vers l'ethnie oromo pour répondre aux aspirations des tenants de l'actuelle contestation antigouvernementale.
21 décembre : le gouvernement annonce avoir levé certaines mesures de l’état d’urgence en vigueur depuis deux mois et la libération de près de 10 000 prisonniers arrêtés lors des manifestations contre le pouvoir.

2017
30 mars : le Parlement prolonge l'état d'urgence de quatre mois. Les dispositions les plus strictes sont levées, mais le contrôle exercé par le gouvernement reste quand même très étroit.
18 avril : la Commission des droits de l'homme présente son rapport au Parlement sur les manifestations violentes qui ont marqué les années 2015 et 2016, en pays Oromo et Amhara. Selon son président, les événements ont fait 669 morts, dont 462 manifestants et 33 policiers. Outre le fait que certains manifestants étaient armés, c'est la «négligence» des forces de sécurité et des abus individuels qui sont en partie responsables des morts, mais aussi la mauvaise gouvernance et l'absence de réponse aux revendications populaires.
25 mai : l'opposant Yonathan Tesfaye - porte-parole du parti d'opposition, le Parti bleu - est condamné à 6 ans et demi de prison ferme. Il avait été arrêté en décembre 2015 après avoir publié sur Facebook une série de posts soutenant les manifestations en pays oromo.
4 août : fin de l'état d'urgence.
18 décembre : affrontements interethniques entre Oromos et Somalis de la région d'Oromia, au moins 61 morts.

2018
3 janvier : le Premier ministre Hailemariam Dessalegn annonce la libération d'hommes politiques et d'autres personnes emprisonnés ces dernières années. Il évoque aussi la fermeture de la plus tristement célèbre prison de Maekelawi. Quelques jours plus tard, près de 500 détenus sont libérés.
26 janvier : le porte-parole du gouvernement régional annonce sur son compte Facebook le libération de 2 345 personnes dans les prochains jours.
15 février : le Premier ministre Hailemariam Desalegn démissionne.
16 février : la télévision nationale EBC annonce que le Conseil des ministres a réinstauré l'état d'urgence pour six mois.
2 avril : le nouveau Premier ministre Abiy Ahmed est investi par le Parlement devant lequel il a prononcé un discours de réconciliation nationale. Abiy Ahmed est le premier Oromo, ethnie majoritaire en Ethiopie, à devenir chef de gouvernement.

Service de la Documentation RFI, avril 2018