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Cameroun

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Situation géographique
Pays d'Afrique centrale donnant sur le golfe de Guinée, le Cameroun est frontalier du Nigeria au nord, du Tchad au nord-est, de la République centrafricaine à l'est, du Congo au sud-est, du Gabon et de la Guinée équatoriale au sud. Au nord, une étroite bande de terre donne accès au Lac Tchad. La superficie du pays est de 475 440 km².

Villes : Yaoundé (capitale administrative) : 2,4 million d'habitants
Douala (capitale économique) : 2,4 million d’habitants

Régime politique : République

Démographie
Population totale : 20 millions d'habitants
Densité : 42,1 hab./km²
Indice de fécondité : 4,7
Croissance démographique : 2,5 %
Espérance de vie : Femmes : 53 ans - Hommes : 51 ans

Société
Ethnies : Peuls, Bamilékés, Pygmées, Bassas, Doualas…
Langues : français et anglais (langues officielles), bassa, douala
Religions : animistes (40 %), chrétiens (40 %), musulmans (20 %)
Alphabétisation : 70 %
Développement humain : 150e / 186 pays (PNUD 2013)

Economie
Monnaie : franc CFA
Croissance : 4,7 % (2012)
Inflation : 2,9 % (2012)
PIB par habitant : 1 260 $
Dette publique : 13 % du PIB

Chronologie
1er janvier 1960 : indépendance de la République du Cameroun. Ahmadou Ahidjo est élu président par l’Assemblée nationale.
1961 : rattachement de la partie sud du Cameroun britannique à la République du Cameroun, qui devient un Etat fédéral.
1972 : adoption de la troisième Constitution du Cameroun, désormais Etat unitaire.
1975 : Paul Biya est nommé Premier ministre.
1982 : Ahidjo démissionne. En vertu de la Constitution, Paul Biya devient président.
1985 : l'Union nationale camerounaise (UNC, parti unique créé en 1966) devient le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).
1992 : première élection présidentielle pluraliste. La réélection de Paul Biya est contestée par l’opposition. L’état d’urgence est proclamé dans le nord du pays pour six mois.
1996 : révision constitutionnelle qui met en place un régime semi-présidentiel.
1997 : l’opposition boycotte l’élection présidentielle. Paul Biya est réélu ainsi qu’en 2004.
2006 : lancement de l'opération "Epervier" de lutte contre la corruption.
2008 : en février, des émeutes dans le Sud du pays font une quarantaine de victimes. La modification de la Constitution, votée le 10 avril, permet à Paul Biya de briguer un nouveau mandat. Le Nigeria signe un accord le 14 août rétrocédant la péninsule de Bakassi au Cameroun.
2011 : le 9 octobre, victoire de Paul Biya à l'élection présidentielle à un seul tour pour un 6ème mandat.
2012 : le 22 septembre, Marafa Hamidou Yaya est condamné à 25 ans de prison pour avoir détourné en 2001 29 millions de dollars lors de l'acquisition d'un avion présidentiel.
2013 : le 19 février, une famille française (3 adultes et 4 enfants) est enlevée par la secte islamiste Boko Haram dans le nord du pays. Elle sera libérée le 19 avril, après deux mois de captivité au Nigeria. Le 14 avril, organisation des premières élections sénatoriales. Le 13 novembre, le prêtre français Georges Vandenbeusch est retenu en otage par Boko Haram au Nigeria pendant un mois et demi ; il sera libéré le 30 décembre.

2014
24 février : le Français Michel Thierry Atangana, détenu depuis 1997 pour une affaire de détournement de fonds publics, est libéré après un décret présidentiel de remise de peine.
30 juin : la Fédération camerounaise de football ouvre une enquête suite à des allégations de fraude sur les trois matchs disputés par les Lions indomptables lors du Mondial brésilien.
18 août : le Cameroun ferme ses frontières avec le Nigeria pour prévenir la propagation de la fièvre Ebola.
29 décembre : l'armée camerounaise engage pour la première fois son aviation pour bombarder des combattants du groupe islamiste nigérian Boko Haram qui avaient pris un camp militaire dans la région de l'Extrême-Nord, frontalière du Nigeria.

2015
12 janvier
: le groupe islamiste Boko Haram lance une attaque d'envergure contre une base militaire à Kolofata, dans l'extrême-nord du Cameroun. 143 terroristes et un soldat camerounais sont tués.
21 janvier : une opération spéciale des forces armées camerounaises aboutit à la libération de Nitsch Eberhard Robert, citoyen allemand enlevé en juillet 2014 au Nigeria par Boko Haram.
4 février : au lendemain du lancement de l'offensive tchadienne au Nigeria contre Boko Haram, les islamistes nigérians mènent une contre-attaque meurtrière à Fotokol, dans le nord. Près de 70 civils sont tués, la grande mosquée incendiée.
16 avril : 19 morts, dont une majorité de "victimes décapitées", dans l'attaque menée par le groupe islamiste nigérian Boko Haram sur le village de Bia, dans la région de l'Extrême-Nord.
12 juillet : attaque-suicide à Fotokol, dans l'Extrême-Nord, en proie aux insurgés islamistes nigérians de Boko Haram, où au moins 11 personnes sont mortes suite à un attentat mené par deux femmes kamikazes.
22 juillet : 13 morts et 31 blessés dans le double attentat-suicide à Maroua, chef-lieu de l’Extrême-Nord. Deux kamikazes ont déclenché des engins explosifs en deux endroits de la ville, dont le marché central. Le lendemain, les autorités décident d'étendre l'interdiction du port du voile intégral aux régions de l'Est et du Littoral, pour prévenir le risque d'attentat dans le pays.
11 octobre : double attentat-suicide à Kangaleri, dans l’Extreme-Nord du pays. Deux femmes kamikazes se font exploser, provoquant 11 morts et 29 blessés, attaque attribuée à Boko Haram.
21 novembre : nouvel attentat-suicide à Fotokol, où quatre jeunes femmes kamikazes se sont fait exploser tuant 5 civils, dont un chef traditionnel. En 6 mois, le Cameroun a subi une vingtaine d’attentats qui ont déjà fait une centaine de morts.

2016
25 janvier : quatre attentats-suicide sur un marché de Bodo, extrême-nord du pays. Le dernier bilan fait état d’au moins 32 morts et 66 blessés. Ce sont quatre jeunes filles qui portaient les bombes. Cette attaque est l’une des plus meurtrières de l’histoire du pays.
9 février : 6 personnes tuées et plus de 30 blessées lors du double attentat-suicide perpétré par deux kamikazes lors d'une veillée de deuil à Nguetchewe, extrême-nord du pays. C'est le 5ème attentat-suicide depuis le début de l'année.
1er juillet : les parlementaires adoptent un nouveau Code de procédure pénal au terme d'un débat houleux de deux semaines. La mouture finale du texte a néanmoins connu une légère modification, à la demande expresse du président Paul Biya, sur une disposition portant sur l’immunité des ministres.
4 juillet : l'avocate Lydienne Yen Eyoum, condamnée à 25 ans de prison pour détournement de fonds publics, est libérée après six ans de détention, suite à un décret du président, fruit d'une longue négociation diplomatique Paris-Yaoundé depuis un an.
21 octobre : catastrophe ferroviaire qui endeuille le pays, lorsqu'un train assurant la liaison Yaoundé-Douala déraille, faisant 79 morts et au moins 550 blessés.

2017
27 février : journée «ville morte» dans les deux régions anglophones du Cameroun, où les habitants se considèrent oubliés et marginalisés par les autorités.
5 mars : la crise dans les deux régions anglophones se poursuit depuis plus de quatre mois. Internet est toujours coupé, les leaders de la contestation, arrêtés, sont toujours emprisonnés et les populations se sentent toujours autant marginalisées.
23 mars : procès de trois leaders de la contestation anglophone : l'avocat Agbor Balla, le professeur d'université Fontem Neba et l'activiste Mancho Bibixy avaient appelé à manifester dans l'ouest du Cameroun ces derniers mois pour dénoncer la marginalisation de ces régions.
21 avril : trois évêques comparaissent devant un tribunal de Bamenda pour leur rôle éventuel dans la grève des écoles anglophones. Les parties civiles reprochent aux prélats et à trois directeurs d'établissement catholiques de ne pas être intervenus pour demander aux parents d’envoyer leurs enfants en classe.
23 mai : publication du rapport de la commission d'enquête sur la catastrophe ferroviaire du 21 octobre : la Camrail est désignée principale responsable de la catastrophe, provoquée par la vitesse excessive du train, 96 km/h au lieu de 40, une surcharge du convoi et une rallonge inappropriée de la rame, un freinage défaillant pour certains wagons de voyageurs ainsi que pour la motrice, ou encore la non-prise en compte des avertissements du conducteur.
6 juin : une trentaine de militaires qui opéraient dans l'extrême-Nord du pays contre le groupe islamiste Boko Haram sont mis aux arrêts et transférés à Yaoundé pour avoir affiché ouvertement leur ras-le-bol.
30 août : le secrétaire général de la présidence annonce sur la radio d'Etat l'arrêt des poursuites judiciaires contre des leaders de la minorité anglophones en conflit depuis novembre avec le pouvoir de Yaoundé.
22 septembre : le calme est revenu dans les régions anglophones du nord-ouest et du sud-ouest après une vague de manifestations séparatistes qui auraient fait au moins un mort dans la ville de Buea. Les deux régions sont aujourd'hui sous très forte surveillance policière. Bamenda et sa région sont d'ailleurs sous un régime de couvre-feu, décidé par le gouverneur depuis quelques jours. La tension reste néanmoins palpable et la situation inquiète plus que jamais la classe politique et la société civile.
1er octobre : confrontations des séparatistes avec les forces de l'ordre dans plusieurs localités des régions anglophones, où ils entendaient faire de ce dimanche le jour de la proclamation de leur «indépendance», alors qu'ils protestent depuis un an contre leur « marginalisation » dans la société camerounaise. Au moins 17 morts selon Amnesty International, un bilan nié par les autorités qui parlent plutôt de dix morts.
6 octobre : les évêques de la conférence épiscopale de Bamenda, qui regroupe les diocèses des deux régions anglophones, font une déclaration sur les manifestations et le couvre-feu imposé aux deux régions anglophones, lors de la proclamation symbolique de l'indépendance de ces deux régions. Tout en appelant au dialogue et en condamnant les violences d'où qu'elles viennent, les évêques dénoncent dans des termes particulièrement sévères le comportement des forces de l'ordre. Le 15, le gouvernement lance une enquête sur les violences. Le lendemain, le Premier ministre Yang Philémon part à la rencontre de différentes organisations et associations pour tenter de décrisper le climat socio-politique dans la région.
6 novembre : regain de violence dans la zone anglophone, où quatre gendarmes et au moins un civil sont tués par des assaillants non identifiés dans la ville de Bamenda et sa région.
23 novembre : les députés du Social Democratic Front (SDF), parti d'opposition anglophone, perturbent la session parlementaire par des chants, demandant l'ouverture d'un débat dans l'hémicycle sur la crise anglophone.
28 novembre : nouvelle attaque contre des soldats de l'armée dans la zone anglophone du Cameroun, où quatre d'entre eux sont tués.
14 décembre : de nouveaux affrontements entre des militaires et des assaillants présentés comme des séparatistes dans la ville de Manfé, au Cameroun anglophone. Aucun bilan officiel n'a été communiqué, mais les combats auraient fait plusieurs morts.

2018
5 janvier : ni le Nigeria ni le Cameroun ne l'ont confirmé officiellement, mais dix militants séparatistes camerounais ont bien été arrêtés à Abuja. Tous font partie de l'auto-proclamée République d'Ambazonie, et réclament donc l'indépendance des deux régions à majorité anglophone de l'ouest du Cameroun. Les autorités de Yaoundé ont demandé l'extradition de ces militants.
29 janvier : le gouvernement annonce que le principal leader séparatiste anglophone a été extradé du Nigeria vers le Cameroun. Lui et 46 de ses camarades, membres du gouvernement autoproclamé du territoire virtuel de l'Ambazonie, sont donc désormais aux mains des autorités camerounaises.
1er février : escalade de la violence dans les régions de l'ouest à majorité anglophone, selon le porte-parole du gouvernement, après la mort de trois membres des forces de l'ordre. La crise dure depuis plus d'un an et les revendications, initialement d'ordre social, sont devenues politiques et certains groupes privilégient désormais des actions armées.

Service de la Documentation RFI, février 2018