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Irak Questions sociales Droits de l’homme

Publié le • Modifié le

Irak: la mobilisation contre le gouvernement ne faiblit pas

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Des protestataires à Kerbala, au sud de Bagdad, en octobre 2019. AFP

Situation tendue à Kerbala, en Irak où, chaque soir, des affrontements éclatent entre forces de l’ordre et « contestataires ». La majorité des manifestants pacifiques redoutent de nouvelles violences ce vendredi 8 novembre, jour de grande prière, alors que la mobilisation contre le gouvernement ne faiblit pas. Désormais, un important dispositif de sécurité est déployé dans cette ville sainte chiite.


Avec nos envoyés spéciaux en Irak, Sami Boukhelifa et Boris Vichith

Des barrages filtrants sont installés aux portes de Kerbala depuis hier, jeudi 7 novembre. L'objectif est d'empêcher les manifestants des localités voisines et même de Bagdad de converger vers cette ville, siège du clergé chiite irakien. À la mi-journée, ce vendredi 8 novembre, sonnera l’heure de la grande prière et la population attend impatiemment le prêche des référents religieux chiites.

Dissolution du Parlement

Il y a plus d’un mois, au début de ce mouvement de contestation, les hommes en turban noir ont donné raison au peuple et ont jugé ses revendications légitimes. Les Irakiens exigent notamment la démission du gouvernement et la dissolution du Parlement. Ils estiment que leur classe dirigeante est corrompue, inféodée aux puissances étrangères comme l’Iran et les États-Unis et n’est donc plus digne de rester au pouvoir.

Tous les jours, ici, à Kerbala les manifestations se déroulent sans accrocs. Mais la tombée de la nuit amène avec elle son lot de violences. Les manifestants dénoncent l’ignorance d’une minorité d’entre eux, des fauteurs de troubles persuadés que le mouvement pacifique n’aura aucun résultat. Ils accusent également les partis politiques qui s’accrochent au pouvoir de vouloir discréditer leur mouvement en faisant appel à des casseurs.

La classe dirigeante « tente de manipuler la situation en coulisses »

Pour ce manifestant de Kerbala, « les autorités redoutent vraiment cette mobilisation populaire. Pour nos dirigeants il y a trop d’intérêts en jeu. Des intérêts politiques, bien sûr, mais aussi financiers. Et ils ont peur de perdre tout cela si notre mobilisation devait porter ses fruits. »

« Alors, continue-t-il, cette classe dirigeante tente de manipuler la situation en coulisses. Je parle bien entendu des partis politiques au pouvoir, de certains membres du gouvernement. Il y a aussi les puissances étrangères qui s’immiscent dans nos affaires pour défendre leurs propres intérêts. Tous essayent d’étouffer notre mouvement. Mais je reconnais aussi que certains manifestants, des ignorants, sont persuadés que la violence est le meilleur moyen de faire entendre sa voix. »

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