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Yémen Arabie saoudite Émirats arabes unis ONU

Publié le • Modifié le

Yémen: les combats à Aden révèlent les divisions au sein de la coalition

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Les séparatistes du Sud ont pris le palais présidentiel à Aden, le 10 août 2019. Photo prise à leur arrivée dans la ville portuaire d'Aden. Nabil HASAN / AFP

Quarante morts et 260 blessés dont de nombreux civils, selon l’ONU. Depuis mercredi les combats à Aden mettent en lumière au Yémen les divisions au sein de la coalition menée par Riyad. Ce sont en effet des groupes armés issus de la même coalition anti-Houthis qui s’affrontent dans la deuxième ville du Yémen. Des combats qui opposent les séparatistes luttant pour une indépendance du sud du Yémen et soutenus par les Émirats arabes unis à la coalition progouvernementale menée par l’Arabie saoudite. Deux alliés devenus adversaires et qui auront intérêt à taire leurs divergences.


Ce samedi 10 août, les séparatistes sudistes se sont emparés du palais présidentiel d’Aden que la coalition tente maintenant de reprendre. L'Arabie saoudite a mené tôt dimanche 11 août des frappes à Aden contre des séparatistes du sud Yémen, pourtant supposés être ses alliés, après des combats ayant fait 40 morts qui plongent davantage le pays en guerre dans le chaos.

Que penser de ces divisions au sein de la coalition anti-Houthi ? « Il y a déjà eu plusieurs cycles de violence entre ces deux forces, explique Franck Mermier, directeur de recherche au CNRS et ancien directeur du Centre français d'études yéménites à Sanaa. Il faut savoir aussi que les forces séparatistes sudistes sont soutenues par Emirats arabes unis et l’aviation saoudienne est intervenue pour desserrer l’encerclement du palais présidentiel à Aden. Aujourd’hui, Aden est totalement contrôlée par les forces séparatistes, et cette divergence éclate en plein jour ».

► À lire aussi: [Analyse] Yémen: comprendre un si long conflit

Les Houthis, l’ennemi commun

 

Ces heurts sont venus s'ajouter à la guerre principale qui oppose depuis près de cinq ans les rebelles chiites Houthis au gouvernement du Yémen, soutenu par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite. Pour (re) faire face à leur «ennemi» commun, Émiratis et Saoudiens sont voués à s’entendre. « Il est vraisemblable qu’il ait un modus vivendi qui va être créé entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour qu’à la fois les EAU puissent continuer leur politique d’influence dans le sud du Yémen et que l’Arabie saoudite garde quand même la fiction d’un pouvoir légal maintenu dans ses régions, même si la réalité du pouvoir est tenue par les séparatistes notamment à Aden », analyse Franck Mermier.

 

Les circonstances du déclenchement des hostilités entre séparatistes et unités gouvernementales restent floues, mais des responsables séparatistes ont accusé le parti islamiste Al-Islah d'avoir tué un de leurs commandants. Et selon eux, Al-Islah a infiltré le gouvernement Hadi, tenu à bout de bras politiquement et financièrement par l'Arabie saoudite. De son côté, le ministère yéménite des Affaires étrangères a accusé les Emirats d'être « responsables du coup d'État » à Aden.

Entrevue entre le roi Salman et le président Hadi

La situation est très tendue, mais les alliés d’hier, ennemis aujourd’hui, devraient redevenir amis, selon Franck Mermier.  « Il est difficile de penser que ces deux alliés ne vont pas essayer de surmonter leur divergences dans le sens où leur alliance est très importante dans la conduite de la guerre au Yémen. (…) Donc, il y a un jeu ambivalent, ambigu même entre ces deux alliés de la coalition. Il faudra voir ces prochains jours comment ils vont arriver à maintenir la fiction de cette coalition arabe qui est censée soutenir le président Hadi ».

La situation au Yémen a été au centre d'un entretien dimanche à La Mecque entre le roi saoudien Salman et le président Hadi, en présence du ministre saoudien de l'Intérieur et du chef des renseignements. « Le roi Salman a rencontré le président du Yémen. Au cours de la réunion, ils ont passé en revue les relations étroites entre les deux pays frères, discuté des derniers développements dans la région, notamment au Yémen, et des divers efforts déployés pour réaliser la sécurité et la stabilité », a tweeté le ministère saoudien des Affaires étrangères.

En raison de la guerre qui fait rage entre les Houthis et le camp anti-rebelles, le Yémen connaît déjà la pire crise humanitaire au monde. Près de 80% de la population totale, soit 24,1 millions de personnes, ont besoin d'assistance, selon les Nations unies.

 

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