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Publié le • Modifié le

Destruction controversée d'habitations palestiniennes par Israël

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Avant l'aube, plusieurs centaines de policiers et soldats ont bouclé au moins quatre bâtiments à Sour Baher, quartier à cheval entre Jérusalem et la Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par Israël. HAZEM BADER / AFP

Israël a entamé ce lundi 22 juillet la destruction controversée d'une dizaine de bâtiments situés à Sour Baher, près de Jérusalem, qui se trouvaient trop près de la barrière de séparation, selon les autorités israéliennes. Pour les habitants, ils se trouvent dans une zone sous contrôle de l'Autorité palestinienne. La France a condamné des démolitions « illégales (…) contraires au droit international ».


Khaled Abou Mahamid regarde sur le toit d'un immeuble voisin l'armée israélienne détruire sa maison. Les lunettes de soleil de cet avocat palestinien cachent difficilement ses larmes. « Je suis très triste, très triste. Pour ma femme et mes enfants. Et puis ce sont 15 années de travail qui sont détruites. », rapporte notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil.

Khaled Abou Mahamid vit en Cisjordanie, mais au pied de la barrière de séparation. Il avait obtenu l'autorisation des autorités locales pour construire cette maison de quatre étages pour héberger toute sa famille : 11 personnes y vivaient depuis un an.

À quelques mètres, mais de l'autre côté de la barrière, les bulldozers détruisent deux autres bâtiments. Eux aussi avaient reçu des permis de construire de l'Autorité palestinienne, assure Khaled el-Khatib, le maire de Dar as-Salah, la commune palestinienne.

« On a donné des permis à ce bâtiment-là et à celui-là aussi. Cette zone ne fait pas partie de la municipalité de Jérusalem. Elle nous appartient. Elle appartient à l'Autorité palestinienne. La plupart des gens ont obtenu un permis de construire de notre part, de l'Autorité palestinienne. »

Israël a entamé la destruction controversée d'une dizaine de bâtiments situés à Sour Baher, près de Jérusalem, le 22 juillet 2019. RFI/Guilhem Delteil

Contacté par RFI, le gouvernement israélien ne reconnaît pas la validité des permis de construire accordés par l'Autorité palestinienne. Alors que les cartes de l'ONU placent ces bâtiments en territoire palestinien, il affirme que la plupart de ces habitations sont dans une zone israélienne et invoque des raisons de sécurité, soulignant qu'elles ont été attestées par la plus haute instance judiciaire israélienne.

Plusieurs responsables de l’ONU estiment dans un communiqué que « la politique d’Israël de destruction des propriétés palestiniennes n’est pas compatible avec ses obligations selon le droit humanitaire international » et rejettent les arguments sécuritaires invoqués par les autorités. L’Union européenne a également jugé ces démolitions « illégales selon le droit international ».

► À lire aussi : Les Palestiniens espèrent un soutien international pour empêcher des démolitions

Une dizaine de bâtiments palestiniens détruits par les autorités israéliennes 22/07/2019 - par Guilhem Delteil Écouter

L'OLP demande la réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur Sour Baher

Les habitations palestiniennes dont la démolition a commencé ce matin à Sour Baher sont situées en zone dites A et B, c'est-à-dire que toutes les questions civiles, et donc les permis de construire, relèvent uniquement de la juridiction palestinienne. Ces zones ont été définies par les accords d’Oslo, rapporte notre correspondante à Ramallah, Marine Vlahovic.

Il s’agit d'une violation flagrante de la part d’Israël souligne Saeb Erekat. Le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine promet donc de les révoquer : « Nous mettons en place des mécanismes pour procéder à l'annulation de tous les accords signés avec Israël, car le gouvernement israélien a renié tous ces engagements pris dans ces accords, dont Oslo, et c’est situation n’est pas durable ».

Les Palestiniens ont déjà brandi cette menace à plusieurs reprises. Des annonces restées sans suite, car l’enterrement définitif des accords d’Oslo signifie tout simplement le démantèlement de l’Autorité Palestinienne.

L’Organisation de libération de la Palestine en appelle également à la communauté internationale. Elle enjoint au Conseil de sécurité de l’ONU de se réunir en urgence sur le cas de Sour Baher et affirme avoir transmis un dossier à la Cour Pénale Internationale en demandant à cette dernière d’ouvrir immédiatement une enquête sur les officiels israéliens responsables de ces démolitions.

Colère des officiels palestiniens après les destructions des bâtiments 22/07/2019 - par Marine Vlahovic Écouter
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