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Syrie Turquie Etats-Unis

Publié le • Modifié le

Retrait de Syrie: l'Américain John Bolton tancé par Erdogan

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John Bolton, le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche et son homologue turc, Ibrahim Kalin. Reuters

Cela ressemble fort à un camouflet diplomatique. Après un passage par Israël, le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, se trouve à Ankara, en Turquie, ce mardi 8 janvier, pour des entretiens sur le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan, excédé par le soutien des Etats-Unis aux forces kurdes syriennes, a refusé de rencontrer John Bolton, poussant le conseiller américain à quitter Ankara plus tôt que prévu, après avoir rencontré des officiels turcs de rang moins élevé qu’annoncé, sans faire la conférence de presse qui était programmée. Un camouflet que la presse turque n’a pas manqué de relever.


De notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

John Bolton a été reçu pendant près de deux heures par le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que par de hauts responsables des ministères de la Défense, des Affaires étrangères et du renseignement… mais ni par un ministre, ni par Recep Tayyip Erdogan lui-même.

S’agissait-il d’une formule de politesse, ou le directeur de la communication du président turc Recep Tayyip Erdogan a-t-il taclé John Bolton sur Twitter ? Fahrettin Altun a ainsi espéré que le conseiller américain à la sécurité nationale avait « pu goûter à la célèbre hospitalité turque ». Un message partagé juste après le départ de John Bolton, départ précipité, car le président Erdogan a refusé de le recevoir comme l’avait demandé – et annoncé – le responsable américain.

Erdogan n'a pas apprécié les déclarations de Bolton en Israël

Le président turc s’est toutefois exprimé sur la visite de John Bolton, usant d’un ton très offensif. Visiblement, le président turc n’a pas du tout apprécié les déclarations de John Bolton ce week-end dernier, lorsque le conseiller de Donald Trump se trouvait en Israël. John Bolton avait expliqué que les soldats américains ne quitteraient la Syrie que si la Turquie promettait de ne pas attaquer les forces kurdes présentes sur place, les YPG, alliés de Washington dans la lutte contre le groupe Etat islamique.

Réponse cinglante de Recep Tayyip Erdogan devant son groupe parlementaire :« Nous ne pouvons pas accepter le message que Bolton a donné en Israël. Nous ne pouvons pas l’avaler. L’organisation terroriste des YPG ne pourra jamais représenter mes citoyens ou mes frères kurdes. Si les Etats-Unis pensent le contraire, ils commettent une très grave erreur. »

Quant aux menaces d’intervention turque à l’est de l’Euphrate, qui semblaient en suspens depuis les annonces de Donald Trump sur un prochain retrait des Etats-Unis de Syrie, Recep Tayyip Erdogan a été clair. « Nous passerons à l’action très bientôt », a prévenu le dirigeant turc, affirmant que son armée avait terminé ses préparatifs à la frontière turco-syrienne.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui débute également une tournée au Moyen-Orient a de son côté déclaré que le président Recep Tayyip Erdogan s'était engagé auprès de son homologue américain Donald Trump à « protéger » les combattants kurdes en Syrie, des propos démentis par la présidence turque. Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a également ajouté : «Ce que nous attendons, c'est que toutes les armes livrées [NDLR : aux milices kurdes syriennes soutenues par Washington] soient récupérées».

La presse turque partage le constat d’un camouflet diplomatique

« La réponse cinglante d’Erdogan à Bolton », titre le quotidien Karar, plutôt proche du pouvoir, rappelant le refus d’Ankara de s’engager à ne pas attaquer les forces kurdes de Syrie, comme le demande Washington. Recep Tayyip Erdogan a au contraire réitéré ses menaces d’intervention. Des menaces pour « pousser les Etats-Unis à prendre une décision nette et rapide » au sujet de leur retrait, avance l’expert Murat Yesiltas dans le quotidien Star, pro-Erdogan. Le journal Sözcü, d’opposition nationaliste, estime de son côté qu’après quelques mois de réchauffement, les relations turco-américaines sont à l’aube d’une nouvelle crise.

 

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