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Syrie ONG Humanitaire Bachar el-Assad

Publié le • Modifié le

Syrie: des ONG appellent à l'aide la communauté internationale à Idleb

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Des enfants syriens déplacés au camp de Atimah, à Idleb, le 11 septembre 2018. REUTERS/ Khalil Ashawi

Ankara a annoncé ce mercredi 10 octobre que les groupes rebelles ont vidé la zone tampon prévue dans la province d'Idleb des armes lourdes. Mais sur le terrain, les ONG déplorent une aide humanitaire insuffisante de la part de la communauté internationale.


Dans le nord-ouest de la Syrie, les groupes rebelles et jihadistes ont accepté de se plier à l'accord passé entre Moscou et Ankara. Ils avaient jusqu'à ce mercredi 10 octobre pour vider la zone tampon d'armes lourdes. Cet accord passé entre la Turquie qui soutien les rebelles et la Russie alliée du président Bachar el-Assad permet d'éviter un assaut du régime syrien sur ce dernier grand bastion insurgé peuplé de 3 millions de personnes, dont la moitié sont des familles qui ont fui d'autres zones reprises par le régime.

Si la situation est donc pacifiée pour un temps indéterminé, les organisations humanitaires sur le terrain comme la Syrian american medical society (SAMS) espèrent une plus grande implication de la communauté internationale pour l'heure insuffisante.

Docteur Ahmad Tarakji est président de la SAMS. Ce docteur syrien vient de rentrer d'Idleb. Une fois de plus, il a constaté le sentiment d'abandon des équipes sur le terrain. « Les agences internationales ne sont pas au niveau pour gérer la crise actuelle. Dans beaucoup d'endroits on vous dira : "nous avons juste assez de médicaments de base pour tenir une semaine". Donc la planification  de réserve médicale ne sera pas suffisante si nous devons gérer une crise plus importante dans le nord-ouest syrien », dit-il.

L'inaction des Nations unies en question

Au-delà du manque de soutien logistique, Mazen Kewara, directeur Turquie de la SAMS, dénonce le manque d'engagement politique des Nations unies, particulièrement au sujet du bombardement presque systématique d'hôpitaux syriens : « Nous avons mis en place en mars dernier un système de déconflictualisation des hôpitaux sous le contrôle des Nations unies. Cela veut dire que nous donnons nos coordonnées GPS à toutes les parties du conflit pour qu'elles ne visent pas des centres humanitaires. Depuis nous avons eu 5 attaques sur ces bâtiments sans que les Nations unies ne prennent position sur ces actions. »

En France, les deux médecins comptent demander l'engagement du gouvernement français pour venir en aide au 3 millions de civils dont la vie est pour l'instant en suspens dans le nord-ouest syrien.

Des médecins ou personnels médicaux sont enlevés par des groupes non-identifiés. En moyenne une personne est enlevée toutes les deux semaines. Nous ne sommes pas armés pour nous défendre. Les points de contrôles sont aux mains de différents groupes armés. La stabilité ne sortira pas du chaos au sein duquel différentes milices avec différents projets continueront d'aggraver la situation. La présence de la police turque pour une période déterminée pourrait peut-être aider la population à vivre librement, permettre aux hôpitaux de fonctionner normalement sans devoir se cacher et permettre aux écoles d'ouvrir à leur capacité maximale. Cette période de paix permettrait aux plus de 3 millions de Syriens qui vivent maintenant dans le nord de la Syrie autour d'Idlib de reprendre le chemin d'une vie normale.
Mazen Kewara, directeur Turquie de la SAMS 10/10/2018 - par Oriane Verdier Écouter

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