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Publié le • Modifié le

Irak: à l'Unesco, le cri de détresse de la communauté sunnite

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L'Unesco veut rebâtir Mossoul, mais la communauté sunnite s'inquiète d'être oubliée. AHMAD AL-RUBAYE / AFP

« Faire revivre l'esprit de Mossoul » est l'objectif que s'est lancé l'Unesco en faisant appel à la contribution de la communauté internationale. L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture espère ainsi participer à la réhabilitation de la deuxième ville d'Irak en reconstruisant ses monuments emblématiques. Ce lundi 10 septembre à Paris, l'Unesco a tenu sa première réunion en ce sens. Abd Alltef Mohammed, président de la représentation des populations sunnites au gouvernement irakien, se félicite de ce projet mais craint que la détresse de la communauté sunnite continue d'être négligée.


Abd Alltef Mohammed est venu à Paris porter la voix de la communauté irakienne sunnite. Une voix difficile à faire entendre, selon le président de la représentation des populations sunnites au gouvernement irakien.

« Les intérêts des pays occidentaux se trouvent dans l'aide à la globalité des Irakiens et surtout à la communauté chrétienne. Ils ne voient pas l'intérêt de nous aider. Mais en réalité les sunnites sont les premières victimes, devant toute autre communauté. Nous étions les premières victimes de l'organisation Etat islamique. Les sunnites ne représentent pas ce groupe terroriste. L'EI nous traite en hérétiques. Pourtant le gouvernement irakien considère la communauté sunnite comme des membres de l'organisation Etat islamique. Nous sommes traités en ennemis par tous. »

En effet ces derniers mois, sous couvert de lutte contre le terrorisme, nombre de jeunes hommes sunnites ont disparu, arrêtés par les milices chiites, les autorités kurdes ou irakiennes, explique Abd Alltef Mohammed.

« Le nombre de disparus est immense. Dans une localité près de Falloujah, 1 200 personnes ont disparu. Leurs familles n'ont plus aucune nouvelle d'eux. Ce n'est qu'un exemple pour que vous vous rendiez compte du désastre dans lequel est plongé l'Irak. Il n'y a aucune organisation internationale qui soit venue demander des comptes aux autorités. Personne ne porte leurs voix. »

L'Unesco compte en partir investir dans l'accès à l'éducation afin de rassembler toute la population autour de mêmes valeurs. Mais pour l'heure malgré la fin officielle de l'organisation Etat islamique, les plaies intercommunautaires continuent de se creuser.

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