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Syrie

Publié le • Modifié le

Syrie: les rebelles consolident leurs positions en prévision d'un assaut

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La ville d'Atimah, dans la province d'Idleb en Syrie, à la frontière de la Turquie. ©REUTERS/Osman Orsal/File Photo

Des groupes rebelles de la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, ont fait sauter deux ponts à la périphérie de cet ultime grand bastion insurgé, a rapporté vendredi 31 août une ONG. Les rebelles ont également consolidé leurs positions dans le sud d’Idleb, en prévision d'une offensive du régime de Bachar el-Assad.


Les deux ponts qui ont été détruits étaient situés dans la province de Hama, voisine d'Idleb. Ils reliaient les territoires insurgés aux zones gouvernementales et enjambaient des branches du fleuve Assi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Selon des experts, les territoires rebelles de Sahl al-Ghab, à cheval sur les provinces de Hama et d'Idleb, pourraient être une des cibles d'une offensive du régime et de son allié russe. « Les rebelles ont observé une activité intense côté régime, avec l'arrivée de chars et de blindés dans le secteur », a souligné le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Par ailleurs, dans le sud d'Idleb, non loin d'une ligne de front, des combattants du FNL (Front national de libération, regroupant plusieurs mouvements rebelles) remplissent à l'aide d'une pelle des sacs de sable et les empilent les uns sur les autres afin de protéger leurs postes. Des tranchées et des tunnels souterrains sont également creusés, a constaté un correspondant de l'AFP.

« Nous consolidons nos positions en guise de préparation à toute éventuelle opération militaire du régime », a indiqué à l'AFP Abou Marwan, un commandant du FNL, à quelques centaines de mètres d'une zone tenue par les forces gouvernementales.

Idleb « foyer du terrorisme » selon le Kremlin

Ces derniers jours, le régime et son allié russe ont haussé le ton au sujet d'Idleb, dominée par Hayat Tahrir al-Cham, organisation jihadiste créée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. Moscou prépare notamment des manœuvres navales en Méditerranée, qu’elle justifie par la situation dans cette région, présentée comme un « foyer du terrorisme ».

Pierre Razoux, directeur de recherche à l'Institut de recherche stratégique de l'école militaire à Paris (IRSEM), pointe qu’ « à Idleb, vous avez un peu tout ce qui reste de combattants, de pseudo jihadistes qui étaient contrôlés par la Turquie ou par un certain nombre d’alliés arabes qui luttaient contre le régime de Bachar el-Assad. Il y a les résidus d’al-Qaïda aussi bien sûr ».

« Tous ceux dont la présence était tolérée par les uns ou par les autres parce que cela servait les intérêts géopolitiques des uns et des autres », résume Pierre Razoux. Des groupes qui « pendant six ans, se sont agglutinés sur la zone entre Idleb et Afrine », explique le chercheur, et qui « après avoir évacué et avoir expulsé les Kurdes du PYD d’Afrine », essayent maintenant « de transformer cette zone-là en sorte de bande tampon entre la Syrie et la Turquie. »

« On voit bien, aujourd’hui, que la Russie fait pression sur la Turquie pour éloigner de ces bases de Tartous et Lattaquié les jihadistes que le pouvoir russe voit d’un très mauvais œil, analyse le directeur de recherche de l’Irsem. Pour les Russes, pour les Syriens et pour les Iraniens, le but c’est d’éviter la cristallisation de confettis tenus par des opposants armés hostiles au régime à la fois de Bachar el-Assad et en même temps hostile aux intérêts russes et iraniens. »

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